commentaire botanique détaillé

 

'Espèces arbustives spontanées du Burkina-Faso, Mali …'
Commentaire botanique détaillé des photos
par l'auteur, le P. Tiquet.

Ce commentaire dactylographié a été remis par l'auteur de main à main au P. Charles Bailleul. Il peut intéresser ceux qui se seront procuré le livre et tout spécialement les enseignants de botanique. Comme promis dans l'introduction, nous le mettons à disposition des internautes sur notre site bamanan.org tout en gardant le copyright. Les noms bambaras marqués d'un astérisque (*) sont ceux connus des bambaras du Bèlèdougou (zone soudanaise) et vérifiés par le P. Bailleul lui-même entre 1970 et 1992.

 


 

NOTICE

pour l'utilisation d'une collection de 1014 diapositives sur 260 espèces ligneuses spontanées du Burkina-Faso, appartenant à 49 familles botaniques... Les noms scientifiques des espèces sont empruntés à Michel ARBONNIER, 'Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d'Afrique de l'Ouest', et à Aubreville pour les espèces des zones forestières. Leur classement est alphabétique tant pour les familles que pour les espèces. Photographies originales (1971-1984) par J. Tiquet, P.B.

1/ LANNEA ACIDA (Anacardiacées)
 
Bambara :  npèkùgɛlɛn * / npèkùnìngɛlɛn * / npèkùnin * /  bènbènogo
Malinké : bènbèfin, bènbènugu, npèkùgɛlɛn [-gwɛlɛn] , npèkunin
Mooré : sibedga

Tous les Lannea sont de petits arbres qui ont des feuilles composées imparipennées, disposées en étoile aux extrémités de rameaux épais ; ces feuilles tombent au début de la saison sèche et sont remplacées au début de la végétation suivante, par des inflorescences qui forment des bouquets d'épis également divergents, en rosette aux extrémités des rameaux. Les petits fruits, de la taille des merises, viennent en mai-juin.
L. Acida n'a que 4 à 6 m de haut, il est répandu dans tout le Burkina. Sa frondaison est claire, plutôt aplatie. Son écorce est écailleuse, fendillée ou crevassée longitudinalement.
La tranche de l'écorce est rouge, fibreuse, épaisse, collante.
Les folioles (4 à 6 paires) sont étroites et pointues (10 cm de long sur 3 à 4).
Les inflorescences les plus longues sont celles qui portent les fleurs mâles.
Les racèmes femelles sont plus courts. Toutes ces fleurs sont tétramères : calice à 4 lobes, 4 pétales, 8 étamines. Les fleurs mâles n'ont qu'un rudiment d'ovaire à 4 stigmates. Les fleurs femelles ont un ovaire avec 4 styles insérés latéralement. Cela vaut pour tous les Lannea.
Les baies ont des petites cornes (restes des styles) plus marqués que ceux du L. Microcarpa. Celles du L. acida ne sont pas comestibles, ou du moins, elles ne sont pas estimées comme celles du L. Microcarpa.

2/ LANNEA BARTERI (Anacardiacées)

Bambara : npèku  / bènbe (noms génériques bambara/ malinké)

C'est le plus grand des Lannea, jusqu'à 5 m de haut. Aubréville place sa limite Nord à Banfora. Cette photo a été prise au nord de Solenzo. Il fréquente les savanes soudano-guinéennes, les lieux humides surtout. Quand il est bas-branchu, il couvre de son ombre une étendue impressionnante (Nasso).
Les feuilles sont très grandes : le rachis a jusqu'à 70 et 8à cm de long, avec 4 à 5 paires de folioles assez espacées entre elles. Elles sont velouteuses comme celles du L. Velutina, cependant les longs poils de la face inférieure n'existent que sur les nervures et les nervilles, dont le réseau apparaît nettement saillant. Le sommet des folioles n'est pas arrondi, mais obtusément acuminé ; l'acumen peut avoir 1,5 cm.
Les inflorescences : ici, en racèmes courts, et les fruits, avec leur 4 petites cornes, ne distinguent pas L. Barteri des autres espèces de Lannea.

3/ LANNEA MICROCARPA (Anacardiacées)

Bambara : npèkùba * / bènbèba * / bènbèmuso * / kɔ̀ninpèku
Malinké : bènbèmuso, npèkù
Mooré : sabga

Un arbre de 10 m et plus (devant une maison à étages qui est le petit séminaire de Koudougou). Il est abondant dans tout le Burkina, sauf dans le nord du sahel. Il est souvent protégé dans les jachères, en raison de son fruit, très apprécié, qui lui fait donner le nom de 'raisinier'.
Ses feuilles permettent de le distinguer des autres Lannea : généralement 3 paires de folioles opposées, avant la terminale. Ces folioles opposées sont plus larges que la terminale ; elles ont de 7 à 12 cm de long sur 4 à 6, sont pointues au sommet, et glutineuses dessus. Le pétiolule terminal est long de 2 à 4 cm, les latéraux n'ont que 3 à 6 mm.
Vues de près, ces folioles latérales sont souvent dissymétriques à la base ; le limbe est décurrent sur le pétiole d'un côté seulement.
Les inflorescences et les fleurs ne se distinguent pas de celles des autres Lannea.
Les fruits, de forme ovoïde, ont environ 10 mm de long. Les 'cornes' (reste des styles des fleurs) sont beaucoup moins marquées que dans les fruits des autres espèces.
Les fruits mûrs sont rouges-violets ; on les vend sur les marchés, en juillet-août.

4/ LANNEA VELUTINA (Anacardiacées)

Bambara bàkɔ̀rɔ̀npeku * / npèkùbàŋɛɲɛ * /  bènbèkuna * /  bènbèŋɛɲɛ * / kɔsabajùforoki
Malinké : bènbèkuna / surukunpeku 
Mooré : sabtulga

Petit arbre des zones à climat sec, mais au Burkina, il est plus abondant dans les 4 départements de l'Ouest. Les feuilles jeunes ont toutes sortes de couleurs roussâtres, du rouge au jaune avant d'arriver au vert. Elles sont très duveteuses : le tomentum est dense en dessous, le dessus est pubescent.
En pleine saison le tomentum subsiste dessous.
Les folioles sont plus nombreuses : 5 et 6 paires, de à 8 cm de long sur 2 à 4 de large ; de forme plus arrondie que les espèces précédentes, à base dissymétrique, sommet arrondi ou en coin large.
Inflorescences et fleurs en épis au bout des branches, non caractéristiques.
Les fruits portent 4 petites cornes particulièrement visibles. Ils ne sont pas comestibles. Mais la plante est utilisée en médecine traditionnelle.

5/ OZOROA INSIGNIS (Anacardiacées) / = HEERIA INSIGNIS

Bambara : kalakari(bilen) * 
Malinké : jolijènè
Mooré : niinore

Arbrisseau des savanes boisées soudano-guinéennes, 4 à 6 m de haut. Ne prend pas de forme lianescente, mais se présente souvent sous forme de rejet de souche de 1 à 1,5 m.
Longs rameaux flexibles, feuilles ordinairement verticillées par trois, feuilles entières, pétiole de 7 à 12 mm, limbe elliptique lancéolé, long de 6 à 10 cm, large de 2 à 3, vert foncé dessus et blanc argenté dessous à poils très ras. Base en coin, 20 à 30 nervures latérales presque perpendiculaires à la médiane. Sommet en coin et mucroné.
Racèmes axillaires et panicules terminales (de 7 à 15 cm) de petites fleurs blanc-
aunâtres, de 3 mm.
Infrutescences : baies aplaties de 5 à 8 mm sur 5 à 6, luisantes, réniformes, le pétiole prenant sur le côté à mi-longueur. Ils deviennent noirs à maturité.

6/ OZOROA PULCHERRIMA (Anacardiacées) / = HEERIA P.

Bambara : kalakari
Malinké : bediko

Ressemble au précédent, mais les feuilles sont moins argentées en dessous, il y a moins de contraste entre le dessus et le dessous, et sur les rameaux florifères, elles ne sont pas toujours verticillées par trois, mais s'espacent et peuvent devenir alternes. Leur forme est aussi différente : pas plus longues (11 à 12 cm) mais plus larges (jusqu'à 6 cm) obovées, plus larges vers le sommet, sub-tronquées ou émarginées au sommet. La surface du limbe, dessus, est pubérulente.
Une trentaine de nervures latérales distantes de 1 à 2,5 mm, moyennement obliques sur la médiane, très saillantes dessous.

7/ RHUS ABYSSINICA (Anacardiacées)

Bambara : (?)

Arbuste de station humide, rochers, bordure de galerie forestière. Feuilles trifoliées, à folioles très légèrement crénelées, de 13 cm sur 6, duveteuses.
Les inflorescences, très longues et très branchues, viennent à l'axe des feuilles, qui sont alternes.
Les fruits, drupacés, ont 4 à 5 mm de diamètre.

8/ RHUS NATALENSIS  (Anacardiacées) / R. INCANA

Bambara : (?)

Une des nombreuses espèces de Rhus dans les lieux humides, difficiles à identifier.
Feuilles trifoliolées ; les folioles sont moins grandes que les précédentes : 3 à 7 cm sur 1,5 à 3,5, et elles sont très nettement crénelées.
Toute la plante est très duveteuse, en particulier les nervures sous le limbe, et les rameaux eux-mêmes.
Les inflorescences, axillaires, sont plus longues que les feuilles, et aussi couvertes de poils.

9/ SCLEROCARYA BIRREA (Anacardiacées) = POUPARTIA BIRREA

Bambara : nkùnan *
Malinké : kùntan, kùntàngo, ngama
Mooré : noabga

Bois de Poupart, de l'île de Bourbon. / ou (du grec 'scleros' (dur) et keruon (noyau). Gros noyau. Le Poupartia type est originaire des Mascareignes, et le Sclerocarya est de Madagascar.

Arbre de 10 à 12 m de haut. Commun dans tout le Burkina, depuis la zone sahélo-soudanienne (c'est le plus grand des arbres que l'on trouve encore avec des peuplements d'épineux dans le Sahel) jusqu'au 9° degré de la latitude (c'est là que la photo a été prise, dans la région de Loumana).
Fructification avant les feuilles : il arrive que les fruits soient entièrement formés avant l'apparition des feuilles.
Les feuilles sont en rosettes à l'extrémité des rameaux : imparipennées, avec 7 à 10 paires de folioles opposées ou sub-opposées, de 2 à 3 cm sur 1 à 1,5. Les folioles sont très polymorphes. Parfois entières, et parfois (toujours pour les rejets de souche) dentées ou même assez profondéments lobées.
Début de feuillaison : les fruits sont déjà là.
Fruits : drupes ovoïdes jaunes de 3 à 3,5 cm de diamètre. Peau épaisse. Gros noyau. Pulpe sucrée qui se sépare mal du noyau. Ces petites prunes sont comestibles, mais elles servent surtout à préparer une boisson fermentée, d'où le nom de 'birrea' (bière) donné à l'espèce.

10/ SORINDEIA JUGLANDIFOLIA (Anacardiacées)

Bambara : (?)

'Sorindi' est le nom malgache de l'arbre. 'Juglans' est le nom latin du noyer (à feuilles de noyer).

Arbuste à rameaux sarmenteux qui prend facilement l'aspect d'une liane, dans les rochers ou les galeries du sud ouest Burkina. Il peut atteindre 5 m de haut. C'est un reste des anciennes forêts sèches soudanaises.
Feuilles alternes imparipennées. Le rachis peut atteindre 40 cm de long et porter 2 à 4 paires de folioles glabres, elliptiques, opposées ou sub-opposées, longues de 7 à 20 cm, larges de 4 à 8.
Foliole : de l'angle supérieur de chaque nervure latérale, part une nervure plus faible qui fait la bissectrice de cet angle, et sur elle viennent s'insérer les nervilles voisines, parallèles entre elles. C'est un critère … La nervure oblique dont il est question ci-dessus semble venir du haut et s'atténue en aboutissant à l'angle.
Inflorescences en panicules terminales, grêles et pendantes, longues de 15 à 40 cm. Fleurs blanches ou rosées.
Les fruits, pendant en grappes, sont des drupes sphériques ou ovoïdes, jaunes, orangées, ou violettes à maturité, de 1 à 1,5 cm de diamètre. Elles sont comestibles.
J'en ai vu dans la falaise de Dafora, dans la haute vallée du Kou, entre Koumi et Kokorowé, à Baguera sur la latérite, mais elles sont inconnues au pays Mossi, ou bien ce sont des colporteurs qui les apportent du Ghana.

11/ SPONDIAS MONBIN (Anacardiacées)

Bambara : mìnkɔn *
Malinké : nugon

Arbre originaire des Antilles, quelquefois sub-spontané en zone soudano-guinéenne, multiplié par les cultivateurs pour ses fruits (comme des prunes) de 3,5 cm de diamètre.

Écorce profondément crevassée, aux arêtes longitudinales épaisses et rugueuses.
Sommet d'une feuille : 8 paires de folioles inégales (5 à 10 cm de long), plus une foliole terminale plus petite, qui fait même parfois défaut. La feuille entière atteint 60 cm de long. Les folioles, sub-opposées, sont glabres, membraneuses, avec 12 à 15 paires de nervures latérales, saillantes en dessous, tracées jusqu'à la marge et réunies entre elles par une nervure longeant la marge de très près.

12/ ANNONA SENEGALENSIS (Annonacées)

Français : annone du Sénégal
Bambara : dàgannin*, dùgùmàdagannin *, màndènsunsun*
Malinké : dahɛn, màninkɛ̀sunsun
Moore : barkudga

Buisson, une fleur pendante. L'annone est un gros buisson, un arbrisseau de 1,5 à 2 m de haut, abondamment représenté dans la plus grande partie du Burkina-Faso.
Les feuilles alternes, d'environ 10 x 7 cm, arrondies au sommet et à la base, sont plutôt coriaces avec un canalicule dans le pétiole.
Les fleurs sont isolées ou par 2 ou 3, à l'aisselle des feuilles, blanc-jaunâtre, pendant comme des clochettes.
La fleur vue par dessous présente 3 grands pétales externes épais, valvaires, et 3 pétales plus petits, également valvaires, enfermés dans les premiers. De loin, cela fait penser à un petit fruit plutôt qu'à une fleur. À l'intérieur de la double valve constituée par les pétales, un réceptacle supporte une masse de minuscules anthères (étamines) entourant un groupe central de carpelles (ovaires).
Fruit vert, pendant dans l'arbre. Le fruit, globuleux, de 3 à 4 cm de diamètre, est constitué par la soudure de tous les carpelles charnus.
Le fruit mûr prend une jolie couleur orangée et il est très apprécié. C'est un des meilleurs fruits spontanés de la brousse.
Coupe du fruit : chaque carpelle contient une petite graine, enrobée dans un mucilage sucré.

13/ HEXALOBUS MONOPETALUS (Annocacées)

Bambara : nfuganìnjɛ *ncafa * / fugaɲa
Malinké : fagaɲɛ

Le nom latin fait allusion aux six lobes de la corolle qui sont soudés à la base et constituent ainsi un seul pétale.

C'est un petit arbre de 7 à 8 m de haut qui habite les savanes boisées et les forêts sèches en terrain sec, rocailleux et rocheux comme les bords de la falaise au sud de Bobo où il est abondant.
Les feuilles simples sont alternes, courtement pédonculées, variables de forme, généralement étroitement oblongues, de 12 x 4 cm environ, arrondies à la base, atténuées au sommet. Le limbe est mat dessus, gris dessous, d'abord soyeux sur les deux faces, puis devenant glabre chez les feuilles adultes.
Rameau florifère. En saison sèche, les rameaux portent parfois les vieilles feuilles en même temps que de petits bourgeons floraux, feutrés, solitaires à l'aisselle des feuilles ou aux nœuds des rameaux âgés.
Les fleurs sont blanc-crème, 2 cm de long. Les six lobes du pétale sont froissés dans le bouton.
Fruit vert complet : le fruit est composé du développement de plusieurs carpelles contenus dans la fleur. Souvent l'un ou l'autre carpelle est avorté. Ici, il y a 4 carpelles développés, disposés en étoile, ce qui est le maximum.
Le fruit mûr, boursouflé, a environ 4 cm de long sur 2 d'épaisseur. Il contient plusieurs graines.

14/ UVARIA CHAMAE (Annonacées)

Bambara : (?) furiɲa, fwaɲa


Le nom Uvaria vient du latin (uva = raisin) et du nom de la localité (Chama, au Ghana) où cette plante a été étudiée pour la première fois par des botanistes européens.
C'est un arbuste de sous-bois, fréquent dans les forêts-galerie du Burkina-Faso ; il peut atteindre 4 à 6 m de haut, mais se développe souvent horizontalement en s'appuyant sur d'autres arbres comme une liane.
Les fleurs ont environ 3 cm de diamètre. Elles sont isolées ou par deux, à l'opposé d'un pétiole de feuille. Le pétiole de la fleur est court : environ 5 à 6 mm. Le calice comprend 3 sépales. La corolle a 3 pétales extérieurs et 3 pétales intérieurs. Les 6 pétales ne forment pas de valve, mais au contraire sont complètement révulsés vers l'extérieur et laissent voir la masse des anthères et des carpelles au cœur de la fleur.
Le fruit est constitué par le développement des nombreux carpelles de la fleur (5 à 15) en petits cylindres de 2 à 3 cm de long, 1 cm de diamètre. Ces petits cylindres sont rattachés en étoile sur une masselotte commune. Ils sont comestibles quand ils sont mûrs.
Section du fruit : chaque petit cylindre contient 2 séries d'une dizaine de graines en forme de demi-lunes.
Les feuilles sont alternes, oblongues-elliptiques de 8 à 10 cm de long sur 4 à 5 de large. Le pétiole est court. La base du limbe est arrondie, souvent en pointe courbe et obtuse. Il y a 2 à 10 nervures latérales, pas de nervilles, vraiment rien de caractéristique.

15/ XYLOPIA PARVIFLORA (Annonacées)

Bambara :
nkaani * 

Ce nom vient du grec : (xulon =
bois et pikron = amer) allusion à la saveur du bois, et du latin (petites fleurs)

Petit arbre des sous-bois et du bord des marigots. Il peut atteindre jusqu'à 6 m de haut, mais il s'étend souvent horizontalement comme une liane. Les rameaux sont bruns foncé, lenticellés de petits points blancs assez nombreux. Les rameaux jeunes peuvent faire penser à des feuilles composées, mais en réalité, les feuilles sont simples, à pétiole court (2 à 5 mm) et pubescents ; le limbe, oblong de 4 à 8 cm de long sur 2 à 4. Base en coin large et sommet en coin obtus, brillant dessus, terne dessous (avec des poils courts appliqués en dessus et sur la nervure médiane en dessous.
Les fleurs viennent par 2 ou 3 sur les rameaux. Un petit calice en forme de coupe et une corolle à 6 pétales, 3 extérieurs et 3 intérieurs, à près de mêmes dimensions, très étroits sauf à la base, et longs de 2 à 3 cm.
(Photos prises aux environs de Bombeledougou en pays Pougouli : c'était un vrai arbuste de sous-bois, sans fleurs ni fruits ; sous un énorme Dialium – il a fallu l'identifier rien qu'avec les feuilles... Les fleurs ont été photographiées sur le Panafra, au sud-est de Banfora, sur un gros buisson surplombant le marigot).

16/ ADENIUM OBESUM
(Apocynacées)


Bambara : kungonsiranin *


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7/ BAISSEA MULTIFLORA (Apocynacées)

Bambara :
tu-tɔnɔta *

Dédié au P. de la Baisse, pseudonyme d'un jésuite botaniste du 18° siècle.

Buisson. C'est un arbuste lianescent, un buisson, fréquent dans la zone guinéenne. Il donne du latex et se couvre de fleurs dès le début de la saison sèche. Les feuilles sont opposées, elliptiques, de 5 à 8 cm sur 3 à 5. Base en coin. Sommet en pointe acuminée obtuse. Il y a des inflorescences axillaires et d'autres qui sont terminales, il y en a partout...
Fleurs de près : calice court, corolle de 10 mm.
Les fruits ressemblent à ceux des Holarrhena : 2 siliques linéaires de 25 à 50 cm, larges de 8 à 10 mm, contenant des graines de 12 à 15 mm, larges de 2, avec, au sommet, une aigrette de poils roux de 15 à 20 mm.

1
8/ HOLARRHENA FLORIBUNDA (Apocynacées) / = H. AFRICANA

Bambara 
:
fufù * / nùmùsoro
Malinké : kunasanakule, nùmùkɛ̀sulu

Du grec 'holos' (
entier) et 'arren' (mâle). Anthères non divisés à la base.

Petit arbre à latex blanc, de 2 à 5 m en zone soudanaise sèche, peut atteindre 15 m en forêt humide ou en galerie forestière.
Le nom fait allusion aux nombreux groupes de fleurs le long des branches : chaque petit rameau porte deux feuilles opposées, ovales elliptiques, de 10 à 15 cm sur 4 à 6, pétiole court de 3 à 4 mm. À l'axe des 2 feuilles, les corymbes denses, courtement pédonculés (1 cm) de fleurs blanches, parfumées, de 6 à 7 cm en tout. Chaque fleur a une corolle en tube étroit de 8 mm au sommet étalé en 5 lobes, de 10 mm.
Les fruits sont composés de deux siliques opposés par la tête, de 30 cm de long, où sont empilées les graines munies de longues aigrettes parachutes que le vent emporte (forme qui se retrouve chez plusieurs espèces d'apocynacées).

1
9/ LANDOLPHIA HEUDELOTII (Apocynacées)

Bambara :
gɛ̀yin * [gwɛ̀yin] / ngòyin * / gòyin / pɔpɔ, pɔpɔnin

Dédié à Heudelot, Directeur des cultures royales au Sénégal, 19° siècle. En français, on utilise le nom bambara liane 'goïne'.

Cette liane ne vient qu'en zone guinéenne (1000 mm de pluie). Elle a été la première plante exploitée pour faire du caoutchouc. Son latex est encore vendu sur le marché de Bobo-Dioulasso, sous le nom jula de 'poponin' pour réparer les chambres à air de mobylettes.
Feuilles de 4 à 10 cm sur 3 ou 4, opposées.
Fleurs : corolle à 5 lobes, de 12 à 13 mm de diamètre.
Le fruit est une baie de 2 à 4 cm de diamètre, sphérique, jaune-orange à maturité, comestible, plutôt acidulée.

2
0/ RAUWOLFIA VOMITORIA (Apocynacées)

Bambara : (?) kolijogi

Dédié à Léonard Rauwolf, médecin allemand du 16° siècle.

Arbuste non lianescent du bord des rivières et des vieilles brousses secondaires remplaçant la forêt humide ; peut atteindre 10 m de haut et 40 cm de diamètre. Donne du latex.
Rameaux lenticellés, feuilles verticillées par 4, elliptiques lancéolées, de 8 à 12 cm de long sur 3 à 5 de large. Base et sommet longuement atténués en coin. 9 à 13 nervures latérales très étalées, limbe plus clair dessous.
Petites fleurs blanches en panicules corymbiformes ou cymes ombelliformes, lâches, 2 à 3 fois divisées, pédoncules de 3 à 5 cm. Corolles de quelques mm, odorantes.
Les fruits sont des baies rouge-orange à maturité, larges de 8 à 10 mm.

21/ SABA SENEGALENSIS
(Apocynacées)

Bambara :
nsàban * / sàban *
Mooré : wedga

Arbuste sarmenteux, liane qui monte dans les arbres jusqu'au faîte, à latex blanc.
Feuilles opposées de 8 à 15 cm sur 4 à 6, base en coin, sommet en pointe obtuse. 8 à 14 paires de nervures latérales, assez saillantes dessous.
Fruit allongé, long de 8 à 9 cm, diamètre de 5 à 6. Devient jaune à maturité. Contient une dizaine de graines, dans une pulpe savoureuse bien connue. C'est le plus rafraîchissant des fruits de la brousse.
Les fleurs sont blanches, en panicule terminal, corolle à 5 lobes, de 3 à 4 mm de diamètre.

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2/ STROPHANTUS HISPIDUS (Apocynacées)

Bambara :
kunanjɛ, kunanjɔn

Arbuste sarmenteux en région de savane, il devient lianescent en zone forestière. Le fruit est caractéristique : 2 follicules opposés bout à bout, couverts de poils hérissés, contenant des graines munies d'aigrettes, qui sont la base du poison de flèche utilisé autrefois dans l'Afrique entière. L'extrémité de chaque silique s'amincit puis s'étale brusquement comme un groin de cochon.
Les feuilles ont 5 à 6 cm, avec des nervations très saillantes.
Cette plante avait une importance très particulière dans le patrimoine des anciennes familles, et elle était dangereuse. Elle a été détruite en différents endroits par les troupes françaises après la conquête.

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3/ STROPHANTUS SARMENTOSUS (Apocynacées)

Bambara :
kunan * / kunankala * 
Malinké : kunankale

Du grec 'strophus' (
tourner) et anthos (fleur) = corbeille tordue dans le bouton floral.

Arbuste sarmenteux, montant dans les arbres, à latex translucide, des zones guinéennes.
Feuilles ovales elliptiques de 5 à 10 cm de long sur 2,5 à 4,5 de large, opposées, base arrondie, sommet en pointe acuminée courte et obtuse, nervilles fines mais non saillantes.
Fleurs très décoratives. Corolle blanche et violacée en tube conique long de 3 à 4 cm, large de 2,5, ayant au sommet 5 lobes triangulaires prolongés par des appendices rubanés longs de 10 cm, larges de 2 à 3 mm, blancs-jaunâtres. À la base de chacun des lobes, 2 petits appendices dressés, violets ainsi que le tube de la corolle.
Fruits : 2 follicules glabres, opposés bout à bout, imitant 2 cornes de bœuf, longs de 15 à 25 cm, larges de 3 à 4 cm ! À l'intérieur de ces follicules, nombreuses graines fusiformes, surmontées d'une arête longue de 3 à 5 cm, munie de longues soies en panache.

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4/ VOACANGA AFRICANA (Apocynacées)

Bambara :
dudu ?

Du malgache 'voa' (fruit) et 'akanga' (pintade).

Petit arbre des sous-bois de forêt humide ou de galerie, pouvant atteindre 10 m de haut. On le voit sur cette photo fortement incliné. C'est une plante à latex blanc ; feuilles opposées.
Rameau florifère. Limbe ovale, longe de 15 à 20 cm sur 6 à 10 dans le tiers supérieur, limbe brillant sur sa face supérieure ; 8 à 10 nervures latérales distantes de 1 cm environ. Pétioles peu nets : 5 à 7 mm, leurs bases (de deux pétioles de feuilles opposées) sont réunies autour de la tige. Les fleurs viennent au bout de longues cymes axiales (jusqu'à 30 cm) se divisant par deux à chaque embranchement.
Fleurs blanches, odorantes, larges de 3 cm, à 5 lobes obovales. Le tube de la corolle est resserré au sommet et la partie inférieure est tordue, en torsade, dans le calice ; ce tube porte les anthères, sessiles, sagittées, qui dépassent légèrement sa gorge et coiffent le style de l'ovaire.
Fruit : quand un des deux carpelles de l'ovaire n'est pas avorté, le fruit se présente comme deux masses globuleuses accolées, de 3 à 5 cm de diamètre, vertes.
Si un des carpelles est avorté, le fruit est simple, avec des taches blanches et une traînée vert foncé.
Les fruits mûrs contiennent de nobmreuses graines dans un mucilage jaune.
Ces fruits sont utilisés en Europe pour la fabrication de produits pharmaceutiques, en particulier la 'cortisone'.

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5/ VOACANGA THOUARSII (Apocynacées)

Bambara 
kɔ̀dudu

Dédié à Dupetit Thouars, botaniste français du 18° siècle.

Cette espèce ressemble à la précédente et se trouve dans les mêmes stations. Mais feuilles et fleurs sont de formes différentes.
Les feuilles sont plus oblongues et moins grandes : longues de 10 à 15 cm sur 4 à 7.
Les lobes de la corolle ont une forme spéciale, élargis en marteau au sommet et rétrécis à la base.
Autrement, le tube de la corolle est aussi tordu, torsadé, dans le calice, comme le V. Africana.

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/ CUSSONIA ARBOREA (Araliacées) / C. BARTERI

Bambara 
:
bolokurunin * / bolokuru *

Dédié à Pierre Cusson, botaniste français et à Barter, explorateur du Niger, 19° siècle.

Petit arbre de 3 à 12 m de haut dans les savanes boisées guinéennes, à port étrange. C. Barteri ne semble pas fréquent. Aubréville dit qu'il n'est signalé qu'au Bas-Dahomey et au Nigeria. Le P. Prost n'en parle pas, pour le pays Mossi. Le P. de Rasilly (San, Bomborokuy) ne le connaît pas. Il y a une autre espèce plus abondante, en Guinée, le C. Djalonensis. Berhaut parle bien de C. Barteri.
Le tronc est court, ramifié en quelques grosses branches verticillées. L'écorce est liégeuse. Les rameaux sont épais, et quand l'arbre est défeuillé, les branches ont l'air de moignons tendus vers le ciel. Avant de tomber, les feuilles deviennent rousses-rouges (on les remarque en passant sur la route entre Bobo et Banfora).
Les feuilles sont composées-digitées, condensées à l'extrémité des rameaux, au bout de longs pétioles de 60 cm et plus. Il y a 7 à 9 folioles de 25 cm sur 8 environ, base atténuée en coin, sommet en pointe acuminée aiguë. Toutes les folioles que j'ai vues étaient entières, non crénelées (c'est le C. Djalonensis qui a des folioles crénelées).
Les fleurs viennent, avant les feuilles, sur de longs épis de 15 à 30 cm. Les fleurs elles-mêmes sont minuscules, sessiles, blanc-verdâtre.
Les fruits sont de petites baies globuleuses de 6 à 8 mm, blanchâtres à maturité, pas beaucoup plus grosses que les boutons de fleurs.
Personne ne parle d'usage possible.

2
7/ BORASSUS AETHIOPUM (Arécacées = Palmiers)

Bambara :
sèbe *

C'est le rônier : grand palmier, jusqu'à 20 m de haut, jamais ramifié, dont le diamètre augmente dans le tiers supérieur. Feuilles à limbe digitinervé, jusqu'à 1,50 m de large. Pétiole coupant, mais non épineux.
Récolte de la sève dans une petite calebasse, où l'amène un conduit enfoncé dans le tronc. On en fait une boisson fermentée (vin de palme) qui se conserve très mal. L'arbre est cultivé dans ce but.
Fruit : c'est une noix à peu près sphérique de 12 cm de diamètre environ. La pulpe est comestible. Il contient 3 graines.

2
8/ CALAMUS DEERATUS ((Arécacées = Palmiers)

Bambara : ?

C'est un palmier grimpant qu'on trouve dans les forêts marécageuses. Stipe vertical de 2 cm de diamètre, d'où sortent les feuilles (palmes) alternes, et un flagelle à l'axe des feuilles.
On voit ici une palme d'un mètre de long, et, au premier plan, un flagelle de même longueur, droit et raide, de deux à trois millimètres (sic) de diamètre.
Départ d'une palme et d'un flagelle (cirre), issus d'une base engainante couverte d'épines. Toute la plante est très épineuse.
Détail d'un flagelle : il s'accroche à la végétation ambiante par ses minuscules épines crochues et soutient ainsi le stipe dans son ascension, qui peut le mener jusqu'à 30 m de haut.
Les inflorescences viennent, paraît-il, sur ces flagelles. Mais je n'en ai pas vu.

2
9/ ELAEIS GUINEENSIS (Arécacées = Palmiers)

Bambara :
ntěn *

Peuplement de palmiers à huile dans le sud-ouest du Burkina, en bordure d'une rivière, affluent de la Comoë. Grandes feuilles pennées.
Régime de dattes du palmier à huile : la pulpe rouge qui entoure les amandes donne l'huile de palme. Les amandes elles-mêmes donnent l'huile de palmiste.

30
/ HYPHAENE THEBAÏCA (Arécacées = Palmiers)

Bambara :
nsimini *

C'est l'arbre typique de la zone sahélienne. Ses feuilles sont semblables à celles du rônier, mais plus petites. Elles ne dépassent pas 75 cm de large. Le tronc est ramifié généralement une ou plusieurs fois ; c'est ce qui le fait remarquer de loin. Il peut avoir jusqu'à une quinzine de têtes feuillées. Le pétiole est épineux.
Le fruit du palmier doum est une noix de 6 à 7 cm, présentant vaguement trois angles arrondis. Le tégument externe est vernissé, de couleur marron.
Il y a au-dessous une pulpe peu abondante mais sucrée, appréciée surtout des enfants. On vend ces fruits sur le marché de Bobo-Dioulasso. Et, sous la pulpe, une grosse amande.

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/ RAPHIA sp. (Arécacées = Palmiers)

Bambara :
bǎn * / nbǎn

Il existe une grande quantité de raphias, dont les espèces ne sont pas encore distinguées avec précision. Au Burkina, ils prospèrent dans les bas-fonds inondés périodiquement, surtout au sud du pays.
Celui-ci est acaule, c.à.d qu'il ne fait pas de tronc comme les autres palmiers. Il a seulement des feuilles, pennées, très grandes, qui peuvent atteindre 15 m de long. Le rachis est utilisé pour faire des meubles, des plafonds …
Certains ont un rachis inerme, jaune-orangé.
D'autres portent de fortes épines sur le rachis et sur les folioles.
Ce fruit vient d'une espèce à tronc développé, semblble à celui d'un palmier à huile. On admet généralement que ces palmiers ne fleurissent qu'une fois et meurent après la floraison. Ce fruit, couvert d'écailles, contient une à trois graines.

3
2/ CALOTROPIS PROCERA (Asclépiadacées)

Bambara :
nponponpògòlon * / fogonfogon * / nfogonfogon * /   sugunɛjibara
Malinké : ponponpògòlon
Mooré : putrem pugu

Du grec 'kalos' (
beau) et 'tropis' (quille de vaisseau) : les cornes de la corolle rappellent une quille de navire. 'procera' (élevée) … En français : 'arbre à soie' ou 'pomme de Sodome'.

Arbuste sahélo-saharien, répandu en zone soudanaise autour des villages, sur les bords des chemins, par des féticheurs en raison de ses propriétés médicinales. Hauteur : jusqu'à 5 m. Tige peu branchue, larges feuilles opposées sessiles étalées horizontalement, gris-vert, jusqu'à 30 cm de long sur 16 de large, couvertes à l'état juvénile d'une pubescence soyeuse blanche.
Fleurs : corolle campanulée à 5 lobes, 2 cm de diamètre, violets aux extrémités. Stigmate épais à 5 angles. Les filets des étamines sont soudés à une couronne jusqu'à la base des anthères.
Fruits sub-globuleux (provenant de deux carpelles dont la division est visible) 9 cm de diamètre, renflés, à péricarpe épais et spongieux ; ils contiennent une bourre de fibres soyeuses argentées qui entourent les graines.
Le latex est caustique. La 'calotropine' est plus forte que le 'strophantus' pour paralyser le cœur alors que la respiration continue encore un peu …

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/ LEPTADENIA HASTATA (Asclépiadacées)

Bambara :
nsɔ̀yen *

Grosse liane devenant semi-ligneuse, molle, liégeuse, jaune-beige. Feuilles opposées de forme variable. Pétiole de 7 à 15 mm. Elle est répandue du sahel jusqu'à la forêt.
Les fleurs viennent en avril, fasciculées sur un pédoncule à l'aisselle des feuilles. D'un blanc jaunâtre, 4 mm de large. Les 5 lobes du calice sont plus longs que le tube de la corolle. Les lobes de la corolle sont poilus.
Explication du croisillon qu'on voit sur le cœur de la fleur : l'androcée se compose d'abord d'un couronne extérieure (à l'intérieur de la corolle) se terminant en haut par 5 pointes, corpuscules qui se courbent vers l'intérieur et se rejoignent sur le style qui est aplati au sommet. Tout cela couvre complètement les étamines, lesquelles sont aussi soudées et forment une couronne, intérieure à la première, surmontée d'une autre couronne constituée par les anthères, soudées elles aussi les unes aux autres sur toute leur longueur et collées sur le style. Ce qu'on voit de noir entre les cornes des corpuscules recourbées, c'est un système compliqué d'organisations de grains de pollen agglomérés en masse cireuse sous le sommet du style.
Le fruit est une silique longue de 7 à 12 cm, large de 15 à 20 mm à la base et en pointe vers le sommet, obtuse aux deux extrémités, contenant des graines munies d'une touffe de poils formant parachute.
(Photographies prises d'une plante poussant spontanément au CESAO. J'ai vu la même grosse liane à l'intérieur de la plantation du Frère Fontaine à Dédougou, sur le bord de la Volta Noire (près d'une relique ... un témoin de la forêt-galerie, qui a été détruite sur presque toute sa longueur).

3
4/ VERNONIA COLORATA (Astéracées / Composées)

Bambara :
kɔ̌sàfunɛ * / kɔ̌sàfinɛ

Arbuste buissonnant formant des touffes hautes et larges de 2 à 5m, au bord des rivières et dans les savanes guinéennes. Feuilles alternes, de 8 à 15 cm sur 5 à 10, tomenteuses ainsi que les jeunes rameaux.
Fleurs en panicules terminales, corymbiformes, larges de 5 à 12 cm, formées de capitules larges de 7 à 8 mm ayant à la base des bractées-écailles ovales, petites, sur 4 ou 5 rangées.. Fleurs unitaires blanches, en tube de 8 à 10 mm, une douzaine par capitule, écartées les unes des autres, dépassées par le style qui est divisé en deux.

35
/ BALANITES AEGYPTIACA (Balanitacées)

Bambara :
nsɛgɛnɛ *
Mooré : kyegelga

Petit arbre atteignant 6 m de haut, très commun en zone sahélienne, mais se trouvant aussi en zone soudano-guinéenne. Cime de couleur jaune-verdâtre, formée d'une enchevêtrement confus de tiges armées de longues épines vertes (10 cm et plus), supra-axillaires, quelques tiges s'allongeant, dressées ou très flexibles et retombant au-delà de la masse centrale.
Les feuilles sont bi-foliolées, petites folioles de à 3 cm ordinairement, ou jusqu'à 5 cm, pubescentes à l'état juvénile, puis coriaces, vert foncé.
Les fleurs, verdâtres, sont pédonculées et fasciculées ; l'ovaire est velu, sur un disque charnu, vert-noir. Le style est glabre. On compte 10 étamines.
Fruits dans l'arbre : drupes ellipsoïdes, de 3 à 4 cm de long, vertes, puis jaunes.
Fruits en vente sur le marché ('dattes' du désert) : sous une peau mince et dure, il y a une pulpe douceâtre entourant un noyau dur, ovoïde, pointu. La graine est oléagineuse. La drupe est sucée à la manière d'un bonbon. Les feuilles servent dans la préparation des sauces et comme fourrage pour le bétail. Les pasteurs respectent les Balanites, alors qu'ils mutilent les Acacias à mort en ébranchant par temps de sécheresse.

36
/ KIGELIA AFRICANA (Bignoniacées)

Bambara :
sinjanba * / linbi, lonbe
Malinké : kɔ̀nìnbaga

Arbre petit ou moyen (jusqu'à 15 m de haut), bas-branchu, très feuillu, qui se trouve au bord des cours d'eau permanents ou temporaires dans toutes les régions sèches, depuis la lisière de la forêt jusque dans la zone sahélienne.
Feuilles imparipennées et opposées sur le rameau (caractéristique des bignoniacées), légèrement dentées. Folioles coriaces de 5 à 12 cm sur 3 à 7.
Fleurs : pédicelle incurvé et redressé de 5 cm. Corolle tubulaire en forme de trompette s'épanouissant en 5 larges lobes. Brun foncé à l'intérieur (presque noir), rayée de rouge sur fond jaune verdâtre à l'extérieur. 4 étamines.
Fruit : semblable à un saucisson (on l'appelle 'le saucissonnier') 35 à 50 cm de long. Il pend dans l'arbre à l'extrémité d'un pédoncule aussi long.

37
/ STEREOSPERMUM KUNTHIANUM (Bignoniacées)

Bambara :
mɔ̀gɔ̀jiri * / mɔ̀gɔ̀kolo * / sòjirinin *

Petit arbre des savanes boisées sahélo-soudanises qui pénètre aussi dans la zone guinéenne. 4 à 6 et 12 m de haut. Fût lisse, gris blanc, l'écorce se détache en larges plaques. Les fleurs apparaissent avant les feuilles (janvier-mars).
Feuilles polymorphes mais toujours imparipennées, avec de 2 à 4 paires de folioles opposées et une terminale ; les feuilles elles-mêmes sont opposées. Les folioles ont de 5 à 10 cm de long, nettement pétiolées, plus ou moins dentées, plus ou moins pubescentes.
Fleurs en panicules terminaux très décoratifs. Corolle tubulaire (5 cm de long) en forme de trompette s'épanouissant en 5 lobes, pubescents mauves, roses ou violets.
Fruits en 2 valves coriacées très longues (60 cm) et très étroites qui subsistent en chevelure abondante sur les arbres (comme des ficelles).
Petites graines cylindriques, prolongées à chaque extrémité par une petite aile et logées, dans le fruit, de part et d'autre d'un axe moelleux, alternativement ; l'axe est couvert par ces petites ailes.

38
/ ADANSONIA DIGITATA (Bombacacées)

Français : baobab
Bambara : nsìra * / sìra
Moore : thega

Bombacacée ! Du grec 'bombax' =
soie, allusion au kapok. Adansonia : dédié à Adanson, botaniste français, né à Aix en Provence, qui explora le Sénégal à ses propres frais au 18° siècle.

Arbre défeuillé. Le baobab est le plus gros de tous les arbres du Soudan. Il peut avoir jusqu'à 20 m de circonférence. Il pousse dans toutes les parties du Burkina-Faso, du sud au Nord. Sa masse énorme et le fait qu'il est souvent creux donnent lieu à des superstitions et à des usages divers (étable, etc …)
Le voici, encore dépouillé, sous un de ses aspects étranges.
Mais, quand il est en feuilles, c'est un bel arbre, et il est très utile. On utilise l'écorce, les feuilles, les fruits.
On prend l'écorce à la base du tronc encore jeune pour faire des cordes.
Voici la feuille digitée, à 6 ou 7 folioles, qui ont jusqu'à 12 cm de long et 5 de large. Le pétiole est très long. La feuille est comestible et est très utilisée ; on en vend sur les marchés.
La fleur est grande, suspendue à un long pédoncule de 50 cm et plus, mais souvent, elle passe inaperçue, parce qu'elle est trop haut perchée à 15 ou 20 m. de haut.
De près on découvre la corolle, formée de 5 pétales blancs arrondis qui se recourbent rapidement à l'extérieur et vers le haut, dégageant la masse des étamines, également blanches, à filets de 3 à 5 cm, dépassés par le pistil, qui est courbe et remonte vers le haut. On ne voit pas le calice, qui est caché par la corolle ; il a lui aussi 5 lobes longs de 4 à 5 cm. Les fleurs apparaissent avant les premières pluies dans l'arbre qui a déjà des feuilles.
Les fruits restent sur l'arbre pendant la saison sèche, au bout des longs pédoncules.
On appelle le fruit 'pain de singe'. C'est une cabosse de 15 à 35 cm de long, plus ou moins ovoïde. Il contient des graines noires arrondies noyées dans une pulpe farineuse blanche, comestible lorsqu'elle est fraîche ; elle devient spongieuse et dure comme la craie quand elle est sèche. Les graines sont oléagineuses ; on les mange grillées.

39
/ BOMBAX COSTATUM (Bombacacées)

Français : kapokier à fleurs rouges-violettes
Bambara : bumu *
Malinké : bunbun
Moore : voaka

On le voit de très loin quand il est en fleurs au mois de décembre ou janvier, un peu partout au Burkina-Faso.
Le tronc est d’abord couvert de grosses épines quand il est jeune. Puis ces épines disparaissent dans une écorce épaisse très crevassée longitudinalement : d'où son nom 'costatum'.
Ce n'est pas un très gros arbre comme le kapokier à fleurs blanches. Mais il atteint facilement 12 m de haut et parfois davantage, comme ici, quand il est en terrain favorable et qu'il a échappé aux prédateurs... Il a ici plus de 50 cm de diamètre.
Les rameaux, chez les jeunes arbres sont souvent verticillés : 3 rameaux partent du même point d'un rameau principal. On voit bien les épines...
Le feuillage est léger, son ombre n'a rien d'opaque.
Les feuilles sont composées, palmées, à 5 ou 7 folioles. Le pétiole est long de 10 à 20 cm, plus long en général que la foliole médiane. Les folioles sont portées par de petites folioles articulées, de 3 à 6 mm, au sommet du pédoncule. Elles sont largement arrondies au sommet, avec une pointe acuminée brusque.
Les fleurs poussent à l'extrémité des rameaux défeuillés. Elles sont rouges, comme ici... ou jaunes, et il y a des intermédiaires... Les plus belles sont les rouges.
Elles comprennent un calice en forme de coupe, avec 5 dents, 5 grands pétales de 5 à 7 cm, de nombreuses étamines groupées en 5 phalanges, les anthères sont noires.
Les fleurs en bouton sont vendues sur le marché : elles servent à la fabrication d'une sauce très appréciée. C'est ce qui fait le malheur de l'arbre. En effet, comme les épines rendent l'ascension de l'arbre très difficile, on casse souvent les branches pour avoir les fleurs et l'espèce est en danger. Du temps de la colonie, c'était une espèce protégée.
Le fruit ressemble à celui du kapokier à fleurs blanches (fromager) : une capsule à 5 valves, de 8 à 16 cm de long. En s'ouvrant, il libère le kapok, avec ses graines noires.
La déhiscence se fait normalement sur les arbres. Le vent entraîne les graines grâce au kapok soyeux.

40
/ CEIBA PENTANDRA (Bombacacées)

Français : fromager / kapokier à fleurs blanches
Bambara : bànan *

Ceïba = nom de l'arbre chez une population indienne d'Amérique.
Pentandra : allusion aux 5 (penta) étamines. (andra = organes mâles) de la fleur.

C'est aussi un géant. Dans les forêts humides comme celles de la Côte d'Ivoire, il atteint 50 m de haut. Au Burkina-Faso il ne dépasse pas 25 à 30 m. D'ailleurs, il est rarement spontané ; il ne peut pas se reproduire parce que les jeunes plants ne résistent pas longtemps aux feux de brousse.
Planté le long des routes entretenues, il y devient très beau. (entrée de la ville de Bobo-Dioulasso, par la route du Nord, Dédougou).
Devenu très vieux, il perd un peu de son aspect habituel, mais peut ombrager une superficie importante. Ces deux fromagers là abritaient tout le marché de la ville de Loumana.
Voici la base de l'un de ces deux arbres, entouré de commerçants, la base des fromagers présente des contreforts ailés très développés chez les vieux arbres. C'est le seul arbre du Burkina qui présente cette particularité, ce qui permet de le distinguer du baobab.
Il existe beaucoup de variétés de fromagers dont le kapok est exploité. Certaines variétés présentent de grosses épines qui subsistent sur le tronc. D'autres ont un tronc parfaitement lisse.
Une autre utilité des gros fromagers : ils abritent les réunions de fêtes populaires (on voit le tronc, à gauche de la photo. Une partie seulement de l'assemblée est à l'ombre, parce que c'est le matin.
Feuilles : ressemblent à celles du baobab, alternes, digitées, 5 à 7 folioles glabres, elliptiques, lancéolées, quatre fois plus longues que larges : 8 à 20 cm sur 2 à 4. Le sommet est en coin ou en pointe acuminée, la base est cunéiforme, les folioles (pas la feuille) sont sessiles.
Fleurs : elles sont blanc-verdâtre, de 2 à 3 cm, en glomérules, pas très spectaculaires ; elles poussent en Janvier, quand l'arbre est sans feuilles. Il y a 5 pétales généralement recourbés vers l'extérieur. Le calice porte une pubescence soyeuse et dense. Du centre de la fleur sortent longuement les 5 étamines, à anthères très développés, qui valent son nom (pentandra) à l'arbre.
Les fruits sont mûrs sur l'arbre défeuillé. Ce sont de grosses gousses, de 12 à 15 cm de long, contenant des graines noires de 5 à 6 mm de diamètre, entourées d'une bourre soyeuse, le kapok, plus ou moins blanc ou gris, utilisée pour rembourrer les coussins etc...
Les jeunes feuilles sont parfois utilisées pour faire une sauce, de même que le calice de la fleur, mais c'est moins apprécié que le calice des fleurs de kapokier rouge.

4
1/ CORDIA MIXA (Boraginacées)

Bambara :
ntège * / damatere
Malinké : daranba, ndarama

Petit arbre, 8 à 10 m de haut, sub-spontané au Burkina, originaire de Palestine. Près des villages, en terrain frais. Feuilles alternes, obovées, 3 à 5-nervées à la base ; dessous, réseau proéminent de nervures parallèles, assez longuement pétiolées, longues de 6 à 17 cm sur 4 à 13. Inflorescences en panicules terminales, lâches. Petites fleurs blanches, corolle de 10 mm à 5 pétales.
Fruits : drupes ovoïdes longues de 20 mm, larges de 15. Jaune-orangé à maturité. Le noyau central est entouré d'une pulpe visqueuse de saveur douce, pas très appréciée au goût, mais souvent utilisée pour fabriquer de la glu.

42
/ BOSWELIA DALZIELII (Burséracées)

Bambara : ( ? )

Arbre de 100 à 12 m de haut, des pays sahéliens et soudano-sahéliens. Habitat particulièrement réduit au Burkina ; ne s'écarte pas des 12° et 13° de latitude (très répandu autrefois à Kaya).
Écorce remarquable en saison sèche : fût blanc, écorce qui s'exfolie en haillons. Les sujets jeunes ont l'écorce gris-pâle, lisse, et plutôt luisante du jeune baobab. Quand ils vieillissent, la vieille écorce noircit, s'écaille et découvre une nouvelle écorce gris-pâle. Entaillée, l'écorce exsude une résine odorante, dont on fait de l'encens et divers médicaments.
Rameau fructifère : feuillage léger, en touffes aux extrémités des rameaux qui sont assez charnus. Le rameau photographié porte les restes d'inflorescences ; la floraison précède de peu la feuillaison.
Feuilles imparipennées, 7 à 9 paires de folioles opposées, obliquement lancéolées (mais non arquées) acuminées aigües, dentées, sessiles, vert clair, luisantes.
Les fruits sont de petites capsules, de 2 cm de long, à section triangulaire. Elles s'ouvrent par côté (c'est ce qui se voit sur cette photo) et les 3 valves tombent, avec les 3 graines, tandis que les petites columelles demeurent fixées sur les infrutescences.

43
/ CANARIUM SCHWEINFURTHII (Burséracées)

Bambara : (?)

C'est un grand arbre de forêt humide sempervirente, dont quelques exemplaires remontent en zone soudano-guinéenne par les galeries forestières. Il n'est pas tellement rare dans la zone des sources de la Comoë et de la Volta Noire, où il atteint encore 20 m de haut et un mètre de diamètre.

Le tronc est entaillé pour en recueillir la gomme résineuse odoriférante.
Les feuilles sont imparipennées, avec une dizaine de paires de folioles opposées. Le rachis (de 30 à 45 cm) est pubescent. Le pétiole est plan-convexe avec deux arêtes latérales (5 cm). Les folioles oblongues semblent dissymétriques (8 à 18 cm de long sur 3 à 6 de large, moins large d'un côté que de l'autre par rapport à la nervure médiane. Elles sont acuminées aigües, cordées à la base, coriaces, 12 à 13 nervures latérales, saillantes dessous, pubescentes. Réseau très accusé de nervilles, saillantes sur les deux faces, vert foncé dessous (sur fond blanc …).
Fruit : oblong elliptique, environ 4 cm de long. La pulpe qui entoure le noyau est comestible, une fois cuite, comme celle des pruneaux. Le noyau est un petit fuseau polyédrique à 3 faces égales. Dans une des faces, il y a une ouverture, ou plutôt une face se détache prequ'entièrement, comme une fenêtre, pour libérer la graine. Ce fruit est vendu sur le marché de Bérégadougou et porte un nom jula.
Jeune plant : les graines tombées sous l'abre germent facilement. La jeune plante a d'abord deux premières feuilles opposées, simples et profondément digitées.

44
/ COMMIPHORA AFRICANA (Burséracées)

Bambara :
bàràkante * / jɛ̀lankùnan * / jɛ̀lankùnàndi *
Malinké : bàràkante, bàadi

Petit arbre difforme de 3 à 5 m de haut. Rameaux tortueux, noirâtres, garnis de rameaux courts, lignifiés, pointus comme des épines … mais qui portent des feuilles. Fût court, épais, conique à la base, bas branchu. Le premier que j'ai vu (c'était à Bomborokuy, en plein village) correspondait si bien à cette description que je l'ai pris pour un arbre 'martyr' déformé par les coupes abusives … et je n'ai pas cru utile de le photographier. Celui que j'ai photographié plus tard (c'était à Fada Ngourma) a un air presque 'convenable'...
Feuilles tri-foliolées, folioles ob-ovées, cunéiformes à la base, grossièrement crénelées, dentées, plus ou moins pubescentes surtout dessous ; juqu'à 4 cm de long sur 2,5 de large. La foliole terminale est nettement plus grande.
Rameau fructifère : difforme, il est assez caractéristique. Le fruit est une drupe ovoïde, de 1 cm de long environ. L'écorce exsude une résine odorante (d'autres espèces du genre produisent des résines odorantes commercialisées, c'est la myrrhe ; la vraie vient de Somalie ; il y a aussi de la myrrhe arabique.

45
/ COMMIPHORA PEDUNCULATA (Burséracées)

Bambara :  
bàràkante

Arbuste des pays sahéliens mais qui se présente aussi en zone soudano-sahélienne dans des fourrés de 1 à 2 m de haut quand il est dressé.
Feuilles alternes, imparipennées, avec 3 à 7 paires de folioles opposées, oblongues, arrondies au sommet, sub-sessiles, crénelées, duveteuses sur les deux faces, de 2 à 6 cm de long sur 1 à 2 de large, nervures latérales proéminentes dessous.
Fruit globuleux, environ 1 cm de diamètre, pédonculé, charnu.

46/ BOSCIA ANGUSTIFOLIA (Capparacées)

Bambara : bèrèjɛ *, cɛ̀kɔ̀rɔ̀ninkolo *
Malinké :  nose 

C'est un petit arbre dressé, jusqu'à 4 m de haut sur colline latéritique dans le Sahel uniquement. Le tronc est gris-blanc et on le remarque de loin aux feuilles vertes permanentes en saison sèche.
Feuilles simples, alternes ou verticillées, oblongues, de 7 cm de long au maximum, celles-ci (sur cette photo n'ont que 3 cm).
Fleurs en racèmes terminaux ou à l'axe des feuilles.

Fruits grêles, de 7 à 8 mm.

47/ BOSCIA SENEGALENSIS (Capparacées)

Bambara : bèrèfin *, bèrèmuso *, cɛ̀kɔ̀rɔ̀ninkolo * / bère
Malinké : tegelena, ntòntigi
Moore : nabedo

Ce Boscia forme des buissons de 1 à 2 m de haut dans les parties les plus sèches et sahéliennes du Burkina-Faso, où il est très abondant. Il n'existe pratiquement pas dans le sud-ouest.
Les feuilles, simples, ont 12 cm de long sur 4 de large ; elles sont coriaces ; il y a 5 à 6 nervures latérales, proéminentes dessous et très apparentes en dessus, en blanc sur fond vert.

Les fruits sont des baies sphériques, de 7 à 8 mm de diamètre ; les graines sont mangées cuites.

48/ CAPPARIS TOMENTOSA (Capparidacées) / = C. CORYMBOSA

Français : câprier
Bambara : nbukari * jàtàbali *  kilifara */ donkari
Moore  : gando, lambwetga

Câprier est le nom d'une plante de cette famille qui pousse en Europe

Arbuste épineux de la zone sahélienne, fréquent dans le centre du Burkina-Faso, moins dans le sud-ouest. Plante considérée comme toxique pour les bêtes, par les pasteurs. Rameaux tomenteux. 2 épines courbes à la base du pétiole des feuilles. Feuilles ovales, simples, de 3 à 5 cm sur 1 à 3 cm, plus larges dans le tiers inférieur. Base arrondie, sommet obtus ou échancré.
Fleurs : en corymbe au sommet de petits rameaux latéraux ou à l'extrémité des branches. 2 sépales intérieurs et 2 extérieurs. 4 pétales blancs. Longues et nombreuses étamines de 10 mm environ, et au milieu : le stylopode ou gynophore, de même longueur, portant l'ovaire à son sommet, donc très 'supère', caractère commun de la famille des capparidacées.
Fruits : ce sont de petites baies sphériques, de 10 à 12 mm, violet-rouge à maturité. J'en ai mangé en salade (chez l'Abbé Adolphe) coupés en fines tranches, laissant voir la graine en spirale. Goût amer. Remarquer le pédoncule divisé en deux par la cicatrice du calice : la partie du bas est le reste du pétiole de la fleur, la partie du haut, est le reste du gynophore.

49
/ CRATAEVA RELIGIOSA (Capparacées)

Bambara : bànànjugu *, nsuname * / suname, bànìnjugu (mg), gangolo
Moore : kalgentwega

'Kratevas' est le nom d'un botaniste grec de l'antiquité ; 'religiosa' : parce que l'arbre est sacré dans certaines îles d'Océanie.

Arbre jusqu'à 10 m de haut environ, ordinairement au bord des rivières ou des mares, en zone sahélienne et guinéenne (ici : mare aux hippos de Satiri, près de Bobo, zone inondée chaque année).
Grandes feuilles trifoliolées, en touffes à l'extrémité des rameaux. Le pétiole a jusqu'à 11 cm. Les folioles sont pétiolées, cunéiformes à la base, acuminées-aiguës au sommet ont ordinairement 9 cm de long sur 4 à 5 cm, vert mat dessus.
Fleurs : l'arbre est défeuillé en saison sèche, les fleurs apparaissent avant les nouvelles feuilles. L'arbre est alors très beau. Racèmes terminaux de 10 à 20 fleurs au bout de longs pédicelles. Il y a 4 petits sépales verts, 4 grands pétales blancs et de nombreuses étamines à longs filets violacés, et anthères mauves. Le gynophore,plus long que les étamines (3 à 5 cm) est aussi violacé.
Le fruit ressemble à une petite orange sphérique de 3 à 8 cm de diamètre. Le pédoncule est constitué par l'ancien pédicelle de la fleur, et par l'ancien gynophore, bout à bout. À l'intérieur, il y a une douzaine de petites graines, dans une pulpe farineuse blanche.
Les feuilles sont parfois consommées en nourriture en temps de famine.

50
/ MAERUA ANGOLENSIS (Capparacées)

Bambara : belebele *, kɔkari * ntònkànbelebele * / berebere
Moore : zilgo

'Meru' est le nom arabe d'une espèce du même genre.

Arbrisseau à rameaux sarmenteux, soudanais (non sahélien) peut s'élever jusqu'à 9 m de haut par exception. Les rameaux sont lenticellés. Les feuilles sont ordinairement ovées, arrondies aux deux extrémités, mucronées, d'environ 3 à 4 cm sur 1,5 ou 2. Le pétiole est épaissi au sommet. Ces feuilles sont comestibles, en potage ou dans les sauces.
Les fleurs viennent à l'aisselle des dernières feuilles des jeunes rameaux. Elles sont pédonculées de 3 à 4 cm. Elles n'ont que 4 sépales, qui sont verts, et pas de pétales ; tout un jet d'étamines blanches de 3 à 4 cm, étalées en parasol et un long gynophore.
Les fruits : une gousse moniliforme (en forme de collier) un peu étranglée entre les graines rondes qu'elle contient ; de couleur brune ; elle peut avoir jusqu'à 15 cm de long.

51
/ MAERUA CRASSSIFOLIA (Capparacées)

Bambara :
bèrèjɔn *
Moore : kyesga

Crassifolia = à feuilles épaisses

Petit arbre qui peut atteindre 6 m de haut, mais souvent rabougri, parce que ses feuilles servent de pâturage aux animaux. C'est un arbre du Sahel et même du Sahara : on le trouve au sud du Maroc et de l'Algérie (Tindouf) dans les lieux les plus arides, souvent le long des oueds. (Pas vu en zone guinéenne, mais à Bam et Tikaré 14°).
Rameaux, feuilles : les feuilles sont généralement groupées par fascicules de 2 ou 3 sur de courts rameaux grisâtres, pointus, durs, semblables à de longues épines rigides. Pas de pétiole distinct généralement. Elles sont petites, 1 ou 2 cm de long sur 5 à 10 mm. Elles portent des poils courts. Base en coin, sommet arrondi ou échancré.
Inflorescence : les fleurs viennent par une, deux ou trois, sur les courts rameaux défeuillés, dans les fascicules des feuilles. Elles ne sont ici qu'en boutons. Autrement, elles ressemblent à celles de Maerua angolensis, de même que les fruits, mais en plus petit.

5
2/ MAYTENUS SENEGALENSIS  (Célastracées) / = GYMNOSPORIA S.

Bambara :
gègènin * [gwègwènin] / ngège * /
Malinké : ngeketole, tole
Mooré : tokvugri

'Mayten' est le nom chilien de la plante.

Arbuste épineux, parfois buissonnant, des zones soudaniennes et guinéennes à fût droit qui peut atteindre jusqu'à 7 m de haut.
Les jeunes feuilles ont un pétiole rouge. La forme des feuilles est variable, obovée, généralement à base effilée, limbe décurrent sur le pétiole ; alternes, glabres, coriaces, finement denticulées ; nervures latérales effacées, à tracé irrégulier, les nervures inférieures descendant dans le rétrécissement basiliaire de la feuille tangentiellement à la médiane. Les feuilles sont plus grandes en zone guinéenne (15 cm sur 7).
Rameau avec épines : ordinairement à l'aisselle de chaque feuille se trouve un fort aiguillon droit très aigü inséré entre le bourgeon axillaire et le pétiole.
Inflorescences : petites cymes très branchues avec de toutes petites fleurs au bout, pédicellées sur les branches de l'inflorescence.
Rameau fructifère : capsules à 3 valves, 10 mm au maximum, plutôt 5 mm.

5
2 bis / MAYTENUS SENEGALENSIS var. DJALONENSIS (Célastracées) / = G.S var. dj.

Bambara :
gègènin / ngège
Mooré : tokvugri

Le critère distinctif est dans l'inflorescence. Cette variété donne des cymes ramassées, très courtement pédonculées, avec des fleurs plus denses qui couvrent le rameau comme un manchon et des glandes minuscules comme une pubescence excessivement fine, sur les pédoncules.

5
3/ AFZELIA AFRICANA (Césalpiniacées)

Bambara :
dàgànba * / dàgan *
Malinké : lɛngɛ

En l'honneur d'Adam Afzelius, botaniste suédois du 19° siècle.

Grand arbre à frondaison majestueuse, de la zone soudano-guinéenne, résidu des forêts guinéennes demi-sèches. Vient dans cette zone en terrain sec, de préférence en terrain alluvionnaire et aussi dans les galeries forestières. Sa frondaison s'étend volontiers en largeur et couvre des superficies de 25 à 30 m de diamètre. En hauteur, il atteint 18 m de haut. Peut devenir très vieux et fait l'objet d'une vénération superstitieuse.
Feuilles : composée, pari-pennée : 4 à 5 paires de folioles largement elliptiques, de 7 à 14 cm de long sur 4 à 7 de large, pointues ou obtusément acuminées. Les pétiolules ont de 6 à 10 mm et sont souvent épaissis.
Rameau fleuri : les fleurs viennent en panicules terminales, courtes et denses. Floraison en Mars-Avril.
Fleur de près : toute petite, ne dépasse pas 2 cm de long. Le bouton est entouré de 2 bractéoles caduques. Le calice, de 4 à 7 mm est en tube avec 4 lobes (qui rappellent les bractéoles du Berlinia). La partie la plus visible est un pétale, dressé, de 1,5 à 2 cm, élargi, avec parfois un galon rouge ou violet. Il y a aussi en réalité 3 pétales plus petits. 7 à 8 étamines. L'ovaire est stipité.
Fruits pendant dans les arbres (janvier).
Fruits de près ; ce sont des gousses ligneuses, épaisses, longues de 10 à 15 cm, larges de 6 à 7. Elles deviennent brunes en séchant.
Fruit mûr, ouvert : la gousse contient 6 à 10 graines noires, ellipsoïdes, entourées à la base d'une arille rouge. L'intérieur de la gousse elle-même est soyeux argenté, comme un écrin de bijoux.
Le bois est un excellent bois de main d’œuvre. Il n'est pas attaqué par les termites.

54
/ BAUHINIA RUFESCENS PARVIFOLIA (Césalpiniacées)

Bambara :
gesenbe * / geseme / sìfìlɛjirinin
Mooré : ti-pweega

Dédié aux frères Jean et Gaspard Bauhin, médecins du 17° siècle.

Arbuste sahélo-saharien et sahélo-soudanais, pouvant atteindre plusieurs mètres de haut, mais très branchu et parfois buissonnant, utilisé pour faire des haies vives, des clôtures. Certains rameaux sont lignifiés et semblables à des aiguillons.
Rameau florifère. Feuilles petites : pétiole de 7 à 10 mm, limbe long et large de 10 à 15 mm ; bi-lobées presque jusqu'à la base, on dirait des feuilles bi-foliolées ; les lobes sont demi-circulaires, glabres, gris-vert, mat. La base est trinervée.
Fleurs blanc-verdâtre, en racèmes terminaux, peu fleuris, pendants. Calice à 5 lobes, pétales élargis vers le haut, 10 étamines.
Les fruits sont des gousses étroites, brun-foncé, de 5 à 8 cm de longueur sur 8 à 10 mm de large, coriaces, contenant 4 à 5 graines de 5 mm.

55
/ BERLINIA GRANDIFLORA (Césalpiniacées)

Bambara :
kɔ̀syɔ * /
Malinké : 
sɔsɔ

Un assez grand arbre qui peut atteindre 20 m de haut. Il vit uniquement dans les galeries forestières, où il est fréquent au Burkina ; (n'existe pas au Sénégal). C'est le cas ici : la galerie est homogène et le marigot est entièrement couvert de Berlinia couronnés de leurs grandes fleurs blanches. Le plus beau spectacle du Burkina.
Les feuilles ressemblent à celles de l'Isoberlinia : paripennées, 3 à 5 paires de folioles, oblongues, elliptiques, un peu falciformes, surtout les deux supérieures, plus caractéristiques : 8 à 16 cm de long, 3 à 6 de large.
Les fleurs sont dressées, sur un pédicelle de 2 à 5 cm. On voit les bractéoles qui enfermaient le bouton mais qui sont caduques, de 2 à 4 cm de long sur 1 à 1,5 cm. Elles sont densément velues intérieurement et tomenteuses à l'extérieur. Le calice est en tube à la base, divisé en 4 ou 5 lobes inégaux de plus ou moins 1 cm.
La corolle présente un grand pétale dressé, de à 5 cm de long sur 4 de large ; il y a aussi 4 autres pétales mais si petits qu'on ne les aperçoit pas. Les étamines sont au nombre de 10.
Les fruits : grandes gousses de 20 à 30 cm sur 3 ou 4 de large, qui libèrent deux ou trois graines, et s'enroulent ensuite quelquefois comme celles de l'Isoberlinia.

56
/ BURKEA AFRICANA (Césalpiniacées)

Bambara :
siri * /
Malinké : 
geleba

Dédié à Joseph Burke, botaniste anglais du 19° siècle.

Arbre : c'est un grand arbre, de 10 à 15 m de haut, des forêts sèches de la zone soudano-guinéenne. Mais près des villes comme Bobo, les jeunes arbres sont victimes des prédateurs qui utilisent le bois des rameaux pour se frotter les dents (on vend ces bouts de bois au marché).
Jeune feuillage : grandes feuilles bi-pennées, en touffes aux extrémités des rameaux épais. Les foliolules sont dressées et argentées.
Le rachis est jaune ou brun-clair, long de 15 à 20 cm ; il porte 3 à 4 paires de pinnules à rachis grêle, sauf la base, épaissie.
Ces pinnules portent 4 à 6 paires de folioles alternes, ovales, dissymétriques, de 2 à 5 cm de long sur 15 à 30 mm, base arrondie, un peu dissymétrique, sommet arrondi et légèrement échancré. Pétiolules de 2 à 3 mm. Celui de la foliole terminale, au moins, est embranché en baïonnette.
Les inflorescences sont des épis simples, généralement, de 8 à 25 cm, fasciculés au sommet des rameaux, avant la feuillaison ou avec les premières feuilles.
Les fleurs sont toutes petites, sessiles sur les épis, blanchâtres, à 5 pétales et 10 étamines.
Les fruits sont des gousses plates, oblongues, indéhiscentes, longues de 4 à 5 cm, larges de 15 à 20 mm, contant une seule graine.

57
/ CASSIA OBOVATA / = C. ITALICA (Césalpiniacées)

Bambara :
npalanpàlan / npalanpalanfin, (C. occidentalis) (synonymes ?)
Français : Séné du Sénégal

Feuilles et fruits. C'est en réalité un sous-arbrisseau, réduit souvent à des tiges herbacées issues d'une souche ligneuse. Espèce saharienne, sahélienne et sahélo-soudanaise uniquement.
Feuilles paripennées, alternes ; rachis de 7 à 12 cm portant 5 à 6 paires de folioles opposées, grandissant légèrement vers le sommet du rachis, obovales, longues de 15 à 30 mm, larges de 10 à 17 ; base dissymétrique, sommet largement arrondi et mucroné. Pétiole de 12 à 15 mm avant la première paire de folioles.
Les fruits sont des gousses plates, arquées, longues de 4 à 5 cm, larges de 12 à 13 mm, largement arrondies aux extrémités. Une douzaine de petites graines, signalées à l'extérieur par une ride transversale coupant l'arête longitudinale qui occupe le milieu des valves. L'ensemble a l'aspect d'une grosse chenille.
Fleurs en racème axillaire de 2 à 4 cm ; fleurs jaunes de 10 mm à 5 pétales.
Cette plante est utilisée en Europe comme plante médicinale purgative.

58
/ CASSIA PODOCARPA (Césalpiniacées)

Bambara :
kɔ̀ntàbànin *

podos (= pied), karpos (= fruit) : l'ovaire, dans le calice, repose sur un pied, il est stipité.

Arbuste atteignant 3 m de haut, qui fréquente surtout les sous-bois des galeries forestières.
Feuilles paripennées alternes, rachis de 15 à 30 cm portant 3 à 5 paires de folioles, elliptiques, allant en grandissant vers le sommet du rachis, longues de 5 à 12 cm sur 3 à 7, à base dissymétrique, sommet en coin arrondi ; 6 à 12 nervures latérales.
Le pétiole est élargi à la base, long de 2 à 4 cm, avant les premières folioles ; à sa base, il y a 2 stipules de 7 à 9 mm, à sommet acuminé, comme des épines.
Inflorescence : épi terminal dressé, dense, de 20 à 30 cm, 5 sépales jaunes verdâtres, pétales jaunes sub-orbiculaires. Bouton floral enveloppé d'une grande bractée ovale tombant à l'ouverture de la fleur.
Les fruits sont des gousses plates, longues de 10 cm, larges de 12 à 14 mm, acuminées aux deux extrémités, contenant 12 à 25 graines produisant des ondulations transversales sur les valves de la gousse.

5
9/ CASSIA SIEBERIANA (Césalpiniacées)

Bambara :
sinsan * / sinjan * /
Moore : kumburisaka

Dédié à Franz Sieber, botaniste tchèque du 19° siècle.

Petit arbre de 10 m de haut, très répandu dans toutes les savanes boisées soudanaises, dont il est le plus bel ornement quand il est fleuri, défeuillé, vers le mois d'avril.
Feuilles : paripennées, de 9 à 10 paires de folioles, assez polymorphes, obtuses ou sub-aiguës au sommet, de 5 à 10 cm de long sur 2,5 à 5 de large ; limbe un peu brillant dessus, mat dessous, avec des pétiolules pubescents.
Inflorescence : très longs racèmes terminaux, tombants, de belles fleurs jaunes, pédicellées de 3 à 4 cm. (Rappelle les grappes de glycines) .
Fruit : très long fruit cylindrique, de 50 cm, indéhiscent, cloisonné transversalement entre les nombreuses graines. Ces graines sont difficiles à faire germer en semis. Il faut blesser un peu la coque qui est très dure.

6
0/ CORDYLA PINNATA (Césalpiniacées)

Bambara :
dùgùra *

Arbre de 10 à 15 m de haut en savane boisée, peu commun au Burkina.
Écorce très crevassée.
Feuilles paripennées à folioles alternes. Le bas du pétiole est renflé et porte une stipule à 3 pointes.
Fruit charnu, ellipsoIde (2,5 cù sur 1,5) avec 2 ou 3 graines en forme de fève.
J'ai pris ces photos à Sanzana au Mali ; mais j'ai vu deux rejets très nets de Cordyla dans les terrains cultivés de la petite plaine de Koulima, près de Bobo-Dioulasso le 4/1/1974.

61
/ DANIELIA OLIVERI (Césalpiniacées)

Bambara :
nsanan * / sanan *
Malinké : santan
Moore : aöga

Dédié à Daniel Olivier, botaniste anglais du 19° siècle

Silhouette de l'arbre, caractéristique. Cime en cône renversé, aplati au sommet, charpente flamboyante se divisant par deux, en montant à chaque fourche... Peut-être le plus bel arbre des savanes boisées soudanaises (soudano-guinéennes). Dépasse couramment 15 m de haut et fréquemment 20 m, rarement plus. Lorsqu'il est isolé, les feuilles retombantes, très régulièrement réparties sur les faces du cône et les feuilles horizontales du sommet, sont toutes ensemble parfaitement dispersées pour que l'arbre utilise au maximum, à n'importe quelle heure du jour, la radiation solaire.
Répandu plus particulièrement dans les régions guinéennes plus humides (très fréquent autour de Bobo, plus rare au Burkina Est même au sud de Ouaga). Il ne supporte pas l'ombre, ne pénètre pas en forêt dense. Souvent à la limite du lit majeur de la Volta noire ou de la Comoé et de la forêt sèche ? On le reconnaît de loin.
Ici aussi (bordure de la Volta Noire. Première fourche et silhouette complète. L'écorce est gris cendré, écailleuse, elle exsude parfois un peu de résine odorante.
Feuille : composée, pari-pennée ; pétiole de 3 à 4 cm avant la première paire foliole. Rachis de 15 à 30 cm. 4 à 9 paires de folioles, longues de 9 à 15 cm sur 4 à 7 vers la base, largement arrondie. Sommet en pointe obtuse.
Le bourgeon terminal est revêtu d'une bractée, stipule caduque, longue de 10 à 15 cm d'où sort la jeune feuille rose-rougeâtre à ce stade.
Arbre en fleurs : fleurs blanches en panicules terminales longues de 15 à 30 cm, portant des racèmes horizontaux.
Fleurs vues de près : les racèmes portent des fleurs blanc-verdâtre, de 25 à 30 mm, à calice en massue dans le bouton floral. Il y a 4 sépales, larges de 4 à 6 mm, les pétales sont tout petits, à peine visibles. 10 étamines dépassent les sépales.
Fruits pendant par branches. Les graines sont contenues dans 2 valves s’emboîtant l'une dans l'autre. Les membranes de la valve extérieure s'enroulent sur elles-mêmes.
La deuxième valve s'ouvre en restant rigide, puis une des membranes se détache et la graine reste attachée à la deuxième membrane, nacrée, comme une aile, que le vent emporte avec la graine, longue de 15 à 20mm.
Le bois est facile à travailler. Sous l'aubier grisâtre le cœur est brun foncé. Mais il ne résiste pas aux termites. On en fait seulement des sièges...
L'écorce de l'arbre est parfois enlevée d'une seule pièce, pour faire des ruches pour les abeilles.
On creuse aussi quelquefois le tronc, pour recueillir la résine. On met de la braise dans le trou, pour activer la coulée de la résine, seulement il arrive qu'on mette ainsi le feu à l'arbre lui-même...
La gomme sert comme encens (pour l'odeur) et aussi comme remède, en friction pour les douleurs inter-costales, les maux de reins, etc … Et il y a aussi beaucoup d'autres usages médicaux de l'écorce et des feuilles …

62
/ DETARIUM MICROCARPUM (Césalpiniacées)

Bambara :
ntamajalan * / ntamanjalan
Malinké : tanba, bodo

'Datah' est le nom wolof d'une espèce de notre genre Detarium.

Petit arbre atteignant 10 m de haut, florissant dans centre, l'ouest et le sud-ouest du Burkina, en savane boisée. Rameaux blanc ou rouges, lisses, comme renflés avec des marques de plis à la hauteur des cicatrices foliaires. L'écorce, lisse chez les jeunes arbres, devient ensuite écailleuse.
Feuilles paripennées mais à folioles alternes ; (3 à 4 paires). Rachis de 10 à 15 cm, folioles ovales, de 5 à 8 cm sur 3 à 4 dans la partie inférieure. Base arrondie ou en coin large, sommet arrondi et émarginé. Pétiolules épais de 5 à 6 mm.
Inflorescence : les racèmes, touffus, de 5 à 6 cm, viennent à l'aisselle des feuilles tombées, à la fin de la saison des pluies.
Fleurs : 4 sépales elliptiques blanches, sans pétales, 10 étamines, ensemble blanc.
Fruits sur l'arbre, où ils restent pendant la saison sèche.
D'abord verts ; sub-drupacés, globuleux aplatis, larges de 3 à 4 cm.
Quand le fruit est mûr, il est brun, puis le tégument brun se craquelle ; dessous paraît la pulpe, verte, sucrée, qui recouvre un noyau aplati. Cette pulpe est agréable au goût et contient beaucoup de vitamines C.

63
/ DETARIUM SENEGALENSE (Césalpiniacées)

Bambara :
ntamakunba * / bodo
Malinké : tanbagɛlɛn

C'est un grand arbre ripicole (jusqu'à 30 m).
Feuilles paripennées à folioles alternes, plus grandes que celles de D. Microcarpum. Rachis de 25 cm, 4 ou 5 paires de folioles.
Le fruit est moins aplati, plus gros, mais il n'est pas comestible, il est même dangereux.

6
4/ DIALIUM GUINEENSE (Césalpiniacées)

Bambara : ngɔfin, kɔfinna

du grec 'diluo' (
séparer, dissoudre) : les pétales sont rapidement caducs.

Rameau fructifère. C'est un grand arbre de plus de 15 m de haut, de zone nettement guinéenne ; il peut se trouver en savane boisée, mais plus généralement en forêt humide ou dans les galeries. Il est rare au Burkina.
Les feuilles sont imparipennées, avec une foliole terminale ; mais les autres folioles sont ou bien opposées par paires comme ici ; 5 à 8 cm de long sur 3 à 4 de large ; les pétiolules sont épaissis, de 3 à 5 mm, le terminal a 6 à 10 mm de long, il est épaissi vers le limbe ; la base des folioles est arrondie, le sommet en pointe acuminée, acuminée courte et obtuse.
Feuilles avec folioles subopposées (2° possibilité), et fruits.
Les fruits sont de petites gousses obovales, indéhiscentes, longues de 15 à 20 mm, larges de 15, à surface noire veloutée, très caractéristique, contenant une seule graine entourée de pulpe farineuse acidulée (astringente, utilisée contre la diarrhée).

65
/ ERYTHROPHLEUM AFRICANUM (Césalpiniacées)

Bambara :
geletali * / gelejɛ
Malinké : bakala

Eruthros (=
rouge) phleo (= couler) : il en sort une sève rouge.

Arbre de 10 à 15 m de haut, des savanes boisées guinéo-soudanaises. (Ne pas confondre avec le suivant, qui est bien, lui, le 'bois-rouge').
Feuilles alternes, bi-pennées, 3 à 4 paires de pinnules, 5 à 12 foliolules alternes ; pas de glande à la base du pétiole, mais une glande sur le rachis, entre chaque paire de pinnules, glande rendue peu visible par la pubescence du rachis. Le limbe est glabre, sauf quelques poils isolés dessus, mais les nervures et la marge du limbe sont pubescentes.
Les foliolules sont plus petites que celles du Burkea : 2 cm de long sur 1 de large, un peu luisantes dessus, mat dessous, oblongues elliptiques, parfois symétriques, parfois la nervure médiane en diagonale (comme les Abizzia), émarginées légèrement au sommet.
Les fruits sont des gousses plates, longues de 8 à 15 cm, larges de 2,5 à 3 cm, contenant 4 à 5 graines.
Les fleurs sont en racèmes composés.

66
/ ERYTHROPHLEUM SUAVEOLENS (Césalpiniacées) = E . GUINEENSE

Bambara :
tàli * / tàyi *
Malinké : tèli

C'est le 'bois rouge' de la forêt humide, d'où on fabrique le poison d’épreuve (alcaloïde tonique du cœur, comme la digitale). Il n'existe au Burkina que dans les galeries forestières. Un grand arbre de 20 m de haut et plus.
Feuilles bi-pennées alternes. Rachis de 20 cm, portant 2 à 4 paires de pinnules, épaissies à la base. Chaque pinnule porte 5 à 7 paires de folioles alternes, de 4 à 6 cm de longueur sur 2 à 3,5, nettement dissymétriques : la base est largement arrondie du côté supérieur. Sommet en coin ou en courte pointe obtuse et émarginée.
Les inflorescences sont en panicules ramifiés d'épis de 5 à 12 cm. Blanc-crème.
Les fruits sont des gousses ligneuses plates, d'un rouge noirâtre, longues de 6 à 15 cm sur 3 à 4. Chaque gousse contient 6 à 10 graines oblongues, aplaties, brun veinées, reliées à la gousse par un funicule de 6 à 7 mm.

67
/ GUIBOURTIA COPALLIFERA (Césalpiniacées)

Bambara : (?)

Dédié à Nicolas Guibourt, pharmacien français du 19° siècle, auteur d'un livre 'les drogues simples'. Le 'copal' : nom indien d'une résine comme celle de cet arbre ; elle brûle comme l'encens. Les copal est exploité en Guinée.

C'est un grand arbre de la forêt dense humide, qui se trouve en peuplement presque pur dans la forêt de la Comoé, à la frontière de la Côte d'Ivoire (à 30 km en aval de Falona) mais pas ailleurs au Burkina.
La feuille est caractéristique : alterne, elle est composée de deux folioles en demi-cercle, longues de 10 cm et larges de 4 à 5, sessiles sur un petit pétiole de 4 mm. Il y a 3 ou 4 nervures, arquées, montant de la base vers le sommet. Le limbe est criblé de points glanduleux translucides.

6
8/ ISOBERLINIA DOKA (Césalpiniacées)

Bambara :
syɔ * /

Un grand arbre, de 10 à 15 m de haut, des régions soudano-guinéennes, résidu d'anciennes forêts denses sèches. N'existe pas au Sénégal, fréquent dans l'ouest et le sud-ouest du Burkina, où il fait des peuplements assez denses... de même au Mali dans la région de Sikasso. Le bois est bon pour les charpentes.
L'écorce est écaillée.
La feuille est alterne, paripennée, de 2 à 4 paires de grosses folioles de 10 à 25 cm de long sur 7 à 11 ; elles sont ovées, asymétriques à la base, coriaces ; nervilles apparentes sur les deux faces (on peut les confondre avec les feuilles d'Afzelia africana).
Floraison en Février-Mars au début de la saison sèche. Panicules terminales de 10 à 15 cm.
Fleurs de près : le bouton est enfermé dans une valve formée par deux bractées épaisses, de 8 à 10 mm. Le calice a 5 lobes pointus. Il y a 5 pétales inégaux ; un seul, dressé, est vraiment visible : 7 à 13 mm. Il y a 10 étamines.
Fruits dans l'arbre : ce sont des gousses de 18 à 20 cm de long sur 5 à 6 de large, d'abord vertes, puis brunes.
À l'intérieur de la gousse : 2 ou 3 graines, de 2 à 3 cm de diamètre. La gousse éclate, en séchant, pour libérer les graines.
La gousse sèche s'enroule sur elle-même en tire-bouchon. Elle est rugueuse et sert à nettoyer la vaisselle ; on en trouve au marché.

69
/ PILIOSTIGMA RETICULATUM (Césalpiniacées) / = BAUHINIA RETICULATA

Bambara :
ɲamacɛ(nin) * 
Mooré : bagen nyanga

Du grec : pilios (=
calotte, chapeau) et stigma (= stigmate de la fleur) … dans les fleurs femelles, le stigmate a le sommet épaissi en forme de calotte. Reticulata : entre les nervures sous le limbe, on distingue un réseau détaillé de nervures, comme un filet.

Rameau avec fruit pendant. C'est un arbuste de 2 à 3 m de haut, sahélo-soudanais, très répandu au Burkina, sauf dans les régions plus humides de la Comoé ou de la Bougouriba.
Les feuilles sont plus larges que longues : 4 à 8 cm sur 15 à 10, bi-lobées, glabres, gris mat, à base légèrement rentrante ; l'angle formé par les deux lobes au sommet est assez ouvert, obtus. La base est 9-nervée, 4 nervures latérales de chaque côté de la médiane. Réseau très détaillé de nervilles. Pétiole de 2 à 3 cm épaissi à chaque extrémité.
Fleur mâle : les inflorescences viennent en racèmes axillaires de 4 à 5 cm. Calice en cône à 5 dents. Corolle large de 25 à 30 mm à 5 pétales. La fleur mâle contient seulement des étamines, au nombre de 10.
Fleur femelle : elles viennent sur un autre arbre (espèce dioïque). On voit le style épais de l'ovaire, coiffé d'un stigmate en forme de calotte.
Fruits en formation : le stigmate devient noir et l'ovaire se transforme. Le résultat est une gousse ligneuse boursouflée et tordue de 15 à 25 cm sur 5. (cf la première photo.)
Fruit ouvert : on s'attendrait à trouver de grosses graines ; il n'y a qu'une grande quantité de petites graines, sur 2 ou 3 rangées, dans des loges de tissu interne, fibro-ligneux.

7
0/ PILIOSTIGMA THONNINGII (Césalpiniacées) / = BAUHINIA T.

Bambara :
ɲamaba * / ɲamamuso *
Malinké : foro
Mooré : bagende

Dédié au botaniste suédois Thonning (19° siècle)

Feuille. Arbuste pouvant atteindre 6 m de haut, très répandu dans la savane soudano-guinéenne, moins en zone sahélienne, mais approchant vers le sud jusqu'à la limite de la forêt dense. La différence avec l'espèce précédente réside essentiellement dans la feuille, qui est un peu plus grande (7 à 15 cm de long sur 6 à 12 de large) plus longue que large, profondément cordée à la base, dont les lobes, au sommet, forment un angle plus aigu (pas toujours évident) ; la couleur verte est plus franche, moins grise. Le lieu d'élection est généralement humide.
Les jeunes feuilles sont duveteuses rousses, surtout sur la face inférieure. Les fleurs, blanches, viennent en racèmes et ne diffèrent pas essentiellement de celles du B. reticulatum.
De même le fruit, qui est une longue gousse de 20 à 30 cm.

71
/ SENNA ALATA (Césalpiniacées) / = CASSIA ALATA

Français : dartrier
Bambara : kɔ̀ntaba *
Malinké : jaramaa

Originaire d'Amérique tropicale, il est naturalisé autour des villages au Burkina et même en forêt comme ici (rives du Kou à Dinderesso). C'est un arbre buissonnant qui peut atteindre 3 à 4 m de haut, avec une tige lignifiée de 10 cm (en lieu très humide). Il porte de magnifiques panicules de fleurs jaune d'or, dressées.
Dans les villages, on le cultive pour faire, avec les feuilles, un remède contre la gale. Il n'a pas l'occasion de se développer beaucoup. Les boutons de fleurs sont d'abord enfermés dans des bractées en forme de valve. Ensuite apparaissent 5 sépales imbriquées, 5 pétales presque égaux, et 10 étamines.
Les grandes feuilles, paripennées, ont 50 ou 60 cm de long, avec 8 à 18 paires de grandes folioles opposées, de 5 à 15 cm sur 3 à 8, arrondies au sommet, à base dissymétrique. Le rachis est légèrement ailé, et compartimenté à la base de chaque parie de folioles.
Le fruit est une gousse de 15 cm de long, sur 12 mm de large, avec une ailette festonnée sur chaque valve. Elle contient de nombreuses petites graines noires.

72
/ SENNA SINGUEANA (Césalpiniacées) / = CASSIA SINGUEANA

Bambara :
syɛ̌tɛ̀nɛ * / mìsitɛ̀nɛ *

Espèce sahélo-soudanaise, peut atteindre 9 m de haut.
Feuilles pennées ; 7 à 12 paires de folioles opposées, de 2,5 à 4 cm de long, grandissant vers le sommet du rachis.
Il y a une glande linéaire rouge, stipitée, sur le rachis, au point d'attache des folioles.

73
/ SWARTZIA MADAGASCARIENSIS (Césalpiniacées) parfois classée dans les Fabacées

Bambara :
samagàra * [-gwara]
Malinké : samakàra

Petit arbre de 5 à 10 m de haut des savanes guinéennes et soudano-guinéennes. Semble ne pas exister au pays Mossi.
Feuilles imparipennées à 9 ou 11 folioles alternes ou sub-opposées, sans stipelle, oblongues, à base arrondie, émarginées au sommet. La face inférieure du limbe est pubescente.
Fleur remarquable:grand pétale blanc unique, calice d'abord globuleux et entier dans le bouton floral, se fendant ensuite en segments irréguliers. Nombreuses étamines. Ovaire stipité en forme de crosse. Racèmes terminaux tomenteux roux, peu fleuris ; fleurs longuement pédicellées.
Fruit : gousse cylindrique, de 30 à 40 cm de long, 12 à 15 mm de diamètre, irrégulièrement bosselées, devient noirâtre.

74
/ TAMARINDUS INDICA (Césalpiniacées)

Bambara :
ntomi *
Malinké : tonbi

Nom de l'arabe Tamar (datte), de l'Inde. Mais il est probablement originaire de Madagascar (plutôt) que de l'Inde) d'où il a été répandu par les hommes, qui apprécient la pulpe acidulée qui entoure les graines.

Au Burkina, il est répandu dans toute la savane où sa présence marque parfois l’emplacement d'un village disparu.
C'est un grand arbre, de 10 à 25 m de haut, avec une belle cime très épaisse, assez bas branchu, avec des branches très ascendantes.
L'écorce est verte, crevassée. Les feuilles sont alternes, paripennées, avec un rachis de 7 à 10 cm portant 8 à 12 paries de folioles oblongues, à peu près sessiles, longues de 8 à 15 mm, larges de 4 à 8, à base arrondie et dissymétrique. Le pétiole est petit : de 3 à 7 mm avant la première paire de folioles, il est caniculé.
Les fleurs sont en racèmes terminaux, de 5 à 10 fleurs, irrégulières : 4 sépales imbriquées, jaunes, 3 pétales orangés, jaunes-orangés, le médian strié de brun-rouge. Il y a trois étamines.
Le fruit : une gousse cylindrique aplatie, plus ou moins courbée longue de 10 à 15 cm sur 15 à 20 mm de large, d'abord vert, puis roussâtre, puis noir en vieillissant.
Fruits préparés et vendus sur le marché ; on les pétrit à froid avec de l'eau, pour fabriquer une boisson acidulée. Il en existe aussi des préparations fabriquées industriellement (c'est un laxatif léger).

75
/ MARANTHES POLYANDRA (Chrysobalanacées) / = PARINARI POLYANDRA

Bambara :
tùtùfin *
Malinké : tùdu

Petit arbre très commun dans les savanes soudano-guinéennes, de 7 m de haut environ, souvent tortueux, parce que sur-exploité (pour le bois) ou abîmé par les feux de brousse. On voit ici la cime d'un arbre, avec feuilles, fleurs et fruits.
Les feuilles sont brillantes, vernissées dessus, plus ou moins pubescentes, de 8 à 16 cm sur 5 à 9, arrondies à la base, très courtement acuminées au sommet. Les nervures latérales sont peu nombreuses et souvent à tracé irrégulier. Il y a une glande bien développée sur la base du limbe lui-même, de part et d'autre du sommet du pétiole (et non sur le pétiole comme le précédent).
Les inflorescences sont en corymbes terminales, tomenteuses, les pétales sont blancs-rosés, l'ensemble est très décoratif.
Les fruits sont ellipsoïdes, d'environ 2 à 2,5 cm, pubescents, rouge-violacé.

76
/ PARINARI CURATELLAEFOLIA (Chrysobalanacées) (espèce autrefois classée dans les rosacées)

Bambara :
tùtu * /  tùtùntanba, napuruyaya
Malinké : tùtùkura

Petit arbre très commun dans les savanes soudano-guinéennes du sud-ouest du Burkina (pas en pays mossi). Peut atteindre 8 à 10 m de haut dans les forêts sèches denses.
Tronc à écorce liégeuse, profondément découpée, très utile contre les feux de brousse...
Feuilles à nervures nombreuses, proéminentes dessous avec une pubescence blanchâtre. Coriaces, arrondies aux deux extrémités, mais de longueur très variable. Ordinairement oblongues, ou aussi elliptiques, 5 à 10 cm sur 3 à 7. Il y a une glande de chaque côté du pétiole, en son milieu (caractéristique de P. Curatellaefolia).
Les inflorescences sont en panicules terminales blanches, tomenteuses argentées, mais se distinguant peu de l'extrémité du rameau feuillu.
Les fleurs sont toutes petites et irrégulières. Calice à 5 dents velues très aiguës, 5 petits pétales blancs, 7 à 10 étamines.
Fruits globuleux, 3 cm de diamètre, tachetés de verrues claires ; donné comme comestible par Aubréville ; j'en ai goûté bien des fois, sans arriver à les avaler …

77
/ PARINARI SUBCORDATA (Chrysobalanacées)

Bambara : (?)

Un arbre du bord des rivières, qui peut se trouver presque entièrement immergé durant la saison des pluies (comme ici dans la Volta Noire à Samandani.)
son tronc devient facilement plus gros que celui des P. de savane. Il fait 'grand arbre' de plus de 10 m de haut.
Les feuilles sont légèrement cordées à la base, mais à part cela, elles ressemblent beaucoup à celles du P. Curatellaefolia, de 10 cm sur 5, 16 à 18 paires de nervures latérales, tomenteuses dessous, avec deux glandes sur le pétiole, (tout près du limbe cependant, et quelquefois une autre paire de glandes sur le limbe lui-même.)
Les fleurs ressemblent aussi beaucoup à celles du P. curatellaefolia.
Les fruits sont à surface pustuleuse, de 2 à 3 cm. C'est une drupe, à noyau ligneux épais et très dur.

78
/ ANOGEISSUS LEIOCARPUS (Combrétacées)

Bambara :
nkalama * / ngalama
Malinké : kerekete
Moore : siiga

Plusieurs mots grecs : ano =
en haut, et geissus = saillies, bords saillants. C'est une allusion aux écailles du fruit, qui font saillie vers le haut, à l'inverse de celles des pignes des cônes des résineux. Leios = lisse, karpos : fruit, cela veut dire que le fruit est lisse, sans poils.

C'est un grand arbre qui peut atteindre 24 à 30 m de haut et 1m de diamètre, mais il est sensible aux feux de brousse. Il s'établit sur les bons terrains, qu'il désigne ainsi aux défricheurs dont il devient la victime, soit qu'il soit abattu, soit que la culture, mal conduite, entraîne avec la pluie, le sol meuble ; c'est ce qui apparaît sur cette photo : le niveau du sol a déjà baissé d'un mètre et les racines de l'arbre sont à découvert.
Ramure : le fût des arbres porte de très nombreuses branches qui sont d'abord ascendantes, puis retombantes. Les rameaux sont grêles ; les jeunes feuilles, feutrées, composent un feuillage léger à reflets argentés caractéristique (les français l'appellent 'le bouleau d'Afrique').
Rameau fleuri : les feuilles sont simples ; les fleurs toutes petites, sans pétale, sont groupées en boules jaunes de 5 à 8 mm, axillaires, à l'extrémité des rameaux.
Le fruit est aussi tout petit. Chaque petit fruit, sec et ailé, de 5 mm environ, est surmonté d'un bec tourné vers le haut. L’ensemble des fruits d'une inflorescence constitue un petit cône (1,5 cm) jaunâtre, hérissé de becs élémentaires. C'est ce fruit qui a valu à cet arbre son nom.
L'Anogeissus est le seul arbre du Burkina à se multiplier sous une forme grégaire, en bosquets, en forêt dense, qui n'a plus l'aspect d'une savane : les arbres y donnent une ombre sous laquelle les grandes herbes de la savane ne poussent pas.
Le bois est dur, résiste aux insectes, les feuilles servent à faire des teintures jaunes et ont de nombreux usages médicaux. L'écorce exsude une gomme. Malheureusement, il tend à disparaître.

79
/ COMBRETUM ACULEATUM (Combrétacées)

Bambara : wolokɔni
Malinké : wolokɔnti

Arbuste sarmenteux, capable de monter aux arbres... vient en terrains pierreux ou argileux des régions sahéliennes. C'est le plus septentrional des Combretum, mais il pénètre assez profondément en zone soudanienne.
Rameau fleuri ; inflorescences axillaires en racèmes.
De près : petites feuilles elliptiques de 3 cm sur 4, atténuées au sommet, arrondies à la base ; 4 à 5 paires de nervures latérales.
Les fleurs sont plus roses que celles de la plupart des autres Combretum : elles ont 13 mm de long, les pétales surtout, blancs, sont développés et distincts.
Les épines, qui donnent son nom à l'espèce, sont formées par la base des pétioles des feuilles tombées, pétioles qui sont souvent coudés ; ces épines s'accrochent dans les arbres tuteurs.
Les fruits ont 5 ailes, au lieu de 4 chez la plupart des Combretum. Ils suffisent à caractériser l'espèce C. aculeatum.

80
/ COMBRETUM COLLINUM HYPOPILINUM (Combrétacées) / = C. C. lamprocarpum

Bambara : càngwɛ̀rɛ̀jɛ *

Malinké : waya-waya

Arbuste à rameaux décombants, 2 à 3 m de haut.
Les feuilles sont ordinairement verticillées par 4, de forme elliptique ou oblongue, ordinairement pointues au sommet. Le limbe des très jeunes feuilles est densément tomenteux blanc ; ce tometum persiste toujours sur le pétiole et très longtemps sous le limbe, pas seulement dans les creux, mais aussi sur les nervures et nervilles (différence avec C. Glutinosum) qui forment un réseau très saillant.
Les fruits sont en grappes ; l'extérieur des ailes est rose, et vers l'intérieur la surface est couverte par l'indumentum gris-souris.
À la loupe, on distingue quand même des écailles.

80 bis / COMBRETUM COLLINUM LAMPROCARPUM ou GEITONOPHYLLUM (
Combrétacées)

Bambara :
càngɛ̀rɛ̀jɛ *

Rameau portant, avec les feuilles verticillées des inflorescences axillaires, en bouton, et de vieux fruits. L'arbuste peut atteindre 5 à 6 m de haut dans les savanes boisées.
Les jeunes feuilles sont glabres, mais portent des écailles blanches, surtout en dessous.

81
/ COMBRETUM FRAGRANS (Combrétacées) = C. GHASALENSE

Bambara 
:
càngàràjɛ ... ( ?

C'est un arbuste répandu dans les savanes soudaniennes et guinéennes, qui fleurit très tôt en saison sèche, quand il est encore dépouillé. C'est un des premiers arbres à fleurir dans la brousse et il se remarque parce que la floraison est dense.
Les feuilles ont des formes très variables. Celles-ci sont ovées-lancéolées, pointues au sommet, cunéiformes à la base. Le pétiole, ici, est plutôt long ; les feuilles sont verticillées par trois ; jeunes, elles sont glutineuses sur les deux faces.
Les fleurs sont toutes petites, jaunâtres ! Ce sont les anthères des étamines qui sont jaunes. Le calice (6 sépales verts, avec des poils clairsemés et courts, comme sur le pédoncule) est court. La corolle (6 sépales tout petits, blancs-crème, appuyés sur la partie haute de chaque sépale) est glabre. Il y a 6 étamines blanches, appuyées sur chaque pétale : les filets sont blancs, mais les anthères sont longs et jaunes. L'ovaire est une masse jaune, au centre de laquelle il y a une touffe de poils longs, enchevêtrés, d'où sort le pistil, jaune verdâtre, aussi long que les étamines : 5 mm.
Rameau fructifère. Les fruits sont toujours glabres, glutineux quand ils sont jeunes, d'assez grande taille : 2,5 cm à 3 de longueur.
Tronc, écorce : l'écorce est lisse chez les sujets jeunes ; elle se craquelle ensuite et exsude une gomme qui se tient raide. Cela n'est pas spécifique au C. Ghazalense.

82
/ COMBRETUM GLUTINOSUM (Combrétacées) var. Passargei

Bambara :
càngɛ̀rɛ̀bilen *, càngàràbilen *
Malinké : janbakatan

Le C. glutinosum glutinosum n'existe pas au Burkina, mais on trouve la variété Passargei, très nette (villages de Koro, Dinderesso …)

C'est un arbuste ou un petit arbre remarquable par ses feuilles blanchâtres dessous, gris-vert dessus, rugueuses dessus, tomenteuses dessous, coriaces, dures quand elles sont vieilles, comme du plastique, verticillées par trois.
Les nervures secondaires sont très saillantes, les nervilles et veinules également ; elles composent un réseau très accusé de mailles fines. Le tomentum disparaît plus ou moins des nervures et nervilles, cependant dans le creux des veinules proéminentes où il est protégé, il subsiste toujours, ce qui permet de distinguer cette espèce. Le C. Glutinosum ne présente aucune écaille.
La forme des feuilles est variable : quelquefois à sommet obtus ou arrondi (ce qui se voit rarement chez les autres C.) parfois aussi, oblongues ou elliptiques.
Les rameaux sont tomenteux gris.
Les jeunes fruits ont d'abord l'aspect de fuseaux de couleur rouge, rapidement glabres, glutineux. Les feux de brousse hâtent la formation du nouveau feuillage de décembre à février, d'où … ces bouquets d'arbres couleur vert-gris-tendre, parfois chargés de jeunes fruits rougeâtres.
Fruits sur branches : longs de 25 à 30 mm, larges de 25 mm, un peu pubescents au centre, entre les ailes ; pas de point écailleux visible.

8
3/ COMBRETUM MICRANTHUM (Combrétacées)

Français : c'est le vrai kinkéliba
Bambara : nkɔ̀lɔ̀bɛ * / kɔ̀lɔ̀bɛ * / kɛ̀lɛ̀bɛ̀bilen * / sìnkɔlɔbɛ * / ngɔ̀lɔ̀bɛ
Malinké : barawule
Moore : dangega

Combretum est le nom grec d'une espèce de jonc. Micranthum veut dire 'petits fruits'.

Le genre Combretum est un des plus répandus au Burkina-Faso ; il prend des formes très diverses : liane dans les galeries forestières, petit arbre en savane. L'espèce 'micranthum' ou kinkéliba fait de même, c'est la plus connue à cause de ses fonctions thérapeutiques qui l'ont fait inscrire en 1937 dans le codex pharmaceutique français.
On voit ici les rameaux d'un petit arbre de 4 m de haut.
Rameau , feuilles, fleurs et fruit sec.
Les feuilles sont opposées, petites, elliptiques, de 5 à 6 cm sur 2 à 3, le pétiole est court : quelques millimètres. Base arrondie ou en coin, sommet en coin ou en pointe. 5 à 6 nervures latérales, avec une petite touffe de poils à l'aisselle. À la loupe, on voit aussi, sous le limbe, de petits points rougeâtres, petites écailles.
Buisson en fleurs, sur une cuirasse latéritique. Inflorescence en épis fasciculés, de 2 à 4 cm, qui paraissent avant les feuilles. Les fleurs sont toutes petites, blanches.
Le même buisson, avec ses fruits secs : le fruit est une graine entourée de 4 ailes, en deux plans perpendiculaires ; c'est le signe le plus caractéristique de toutes les espèces de combretum ; celui du kinkéliba est le plus petit de tous : 1 cm à 1,5 .
La distinction des autres espèces de combretum est difficile. Les noms en langue véhiculaire peuvent recouvrir plusieurs d'entre elles.

8
4/ COMBRETUM MOLLE (Combrétacées) = C. VELUTINUM

Bambara :
ŋaɲaka * / ngaɲaka

Il donne un arbre de 4 à 10 m de haut.
L'écorce est caractéristique : noire, gaufrée en peau de crocodile.
Les feuilles et les fruits sont densément velus.
Les fruits ont environ 2 cm de diamètre.

85
/ COMBRETUM NIGRICANS var. ELLIOTII (Combrétacées)

Bambara :
sàmabàli * / jirininbilen

Arbres de 5 à 6 m de haut, dans les savanes boisées.
L'écorce est écailleuse, fendillée en long.
Les feuilles poussent sur de petits rameaux de l'année ; elles sont simples et opposées par deux ; mais à première vue on croit voir des feuilles composées pennées.
Certains arbres assez grands exsudent une gomme noire, qui tombant à terre, ressemble à de l'huile de vidange.

86
/ COMBRETUM PANICULATUM (Combrétacées) 

B
ambara : denba * / denbafura * / denbaɲuman * /

Arbuste lianescent à rameaux décombants ou même véritable liane montant dans les arbres jusqu'à 10 m de haut, en forêt-galerie ou terrains humides. Remarquable par ses fleurs rouges.
Rameau fleuri : les feuilles sont opposées, par deux, deux fois plus longues que larges (10 cm sur 5). Les fleurs sont sont en racèmes axillaires.
Le calice des fleurs est vert, mais la corolle qui dépasse de peu le calice est rouge vif, de même que les étamines qui dépassent largement la corolle d'un bon centimètre.
Les gros fruits, à 4 ailes, ont de 2 à 3 cm et sont blancs.

N.B du P. Bailleul : le
C. Lecardii lui est très proche, sa zone est plus soudanienne, le nom vernaculaire est le même.

87
/ COMBRETUM RACEMOSUM (Combrétacées)

Bambara : kɔ̀tiri

C'est une grande liane des forêts-galeries.
Les fleurs, en racèmes, sont rouges, mais il y a des bractées, petites feuilles blanches, à la base des racèmes.

88
/ COMBRETUM TOMENTOSUM (Combrétacées)

Bambara : maɲanin

Une petite plante de 40 à 50 cm de haut. Tiges sortant d'un réseau souterrain, qui poussent, fleurissent et fructifient chaque année très rapidement, avant d'être brûlées par les feux de brousse. Tiges et feuilles sont tomenteuses, les feuilles sont toutes alternes, ce qui est une rareté chez les Combretum. Le limbe est coriace, le dessous, gris, porte de longs poils. À l'aisselle de chaque feuille, un pédoncule de 2,5 cm se termine en épi, portant 2 ou 3 fruits roses, de 3 cm sur 2,4, brillants, un peu glutineux.

Note du P. Bailleul : Arbonnier donne ce nom à une liane ou arbuste !!!

89
/ GUIERA SENEGALENSIS (Combrétacées)

Bambara :
kùnjɛ *
Moore : wilemwiga

Arbrisseau des jachères et des terrains vagues. Très commun même sur les plus mauvais terrains.
Rameau fleuri. Petites feuilles elliptiques, de 2,5 cm à 3,5, duveteuses sur les deux faces, arrondies ou légèrement cordées à la base, mucronées.
Inflorescences en tête globuleuse, jaunes verdâtres, enfermées d'abord dans un involucre de bractées de 1 cm de diamètre qui se sépare ensuite en 4 segments.
L'envers de la feuille est criblé de points noirs.
Fruit jeunes : l'ovaire se développe beaucoup en longueur. Le fruit, longuement velu
et argenté rosé atteint 3,5 cm de longueur.
Fruits secs : l'ensemble de ces fruits, linéaires, velus, rayonnant à l'extrémité de leur commun pédoncule est particulièrement caractéristique et rappelle de grosses araignées à pattes velues.
Les Guiera portent souvent une galle qu'on prendrait pour un fruit.
Les feuilles sont souvent employées en pharmacopée (lèpre, maladies de la peau ou de la poitrine, infusion diurétique; infusion des racines somnifère).

90
/ PTELEOPSIS SUBEROSA (Combrétacées)

Bambara :
ntɛ̀lɛ̀nin * [ntl / tɛ̀rɛ̀nin
Malinké : gwan

'Ptele' est le nom grec de
l'ormeau. 'Suberosa' = liégeux.

Écorce et feuille. C'est un arbuste de la zone soudanienne et guinéenne, mais qui n'est jamais abondant, sauf dans la région de Bobo-Dioulasso. Les rameaux jeunes sont pubescents, mais deviennent rapidement glabres, puis se couvrent d'une écorce liégeuse présentant de petites excroissances comme des grains de mil. C'est généralement à cela qu'on reconnaît l'arbre.
Les feuilles sont alternes ou opposées, oblongues ou elliptiques, de 4 à 11 cm de long sur 2 à 5 de large. Plutôt coriaces, rien de spécifique.

91
/ TERMINALIA ALBIDA (Combrétacées)

Bambara :
wɔlɔninjɛ / wɔlɔjɛ

'Terminalia' parce que les feuilles sont en général groupées à l'extrémité des rameaux. Ce genre comprend de nombreuses espèces, pas toujours faciles à distinguer, et souvent confondues par les langues africaines.

Arbuste (ou gros buisson) aux feuilles blanches soyeuses argentées, dressées, sur des rameaux eux-mêmes blancs. Le velours argent subsiste en dessous des feuilles ; dessus, il s'en va par frottement.
Limbe de forme lancéolée, à base cunéiforme, sommet variable, atténué ou arrondi, de 6 à 7 cm de long (maximum 11 cm) sur 3 ou 4.
Aire morcelée, d'affinité guinéenne, d'après Aubréville, mais je l'ai vu à Fada Ngourma.
Le fruit est, lui aussi, densément velouté blanc, de 6 cm environ sur 2,8. Sur la photo, il est comparé à celui de T. macroptera, deux fois plus gros.

9
2/ TERMINALIA AVICENNOIDES (Combrétacées)

Bambara :
wɔlɔbugun * / wɔlɔcɛnin, wɔlɔkɛ
Mooré : wayaba

Petit arbre (10 m de haut) des savanes soudaniennes (moins fréquent au sud de la falaise de Banfora.
Les feuilles adultes sont oblongues allongées, obtuses aux deux extrémités, de 20 cm sur 7. Vert mat dessus, elles sont blanches tomenteuses dessous (sans toutefois la couche soyeuse aux reflets moirés de T. Albida).
Les fleurs viennent sur un long épi.

93
/ TERMINALIA GLAUCESCENS (Combrétacées)

Bambara :
wɔlɔ (terme générique)

Rameau florifère. C'est une espèce de la zone guinéenne. Feuilles elliptiques, obtuses ou pointues au sommet, cunéiformes à la base, de 15 cm de long, sur 8 de large. Assez longuement pétiolées (5 cm). Marge légèrement ondulée.
Nervures secondaires tracées jusqu'à la marge, très saillantes en dessous, plus ou moins pubescentes. Fin réseau de veinules brunâtres, non saillant, donnant la teinte glauque à l'ensemble.

94
/ TERMINALIA LAXIFLORA (Combrétacées)

Français : badamier
Bambara : wɔlɔŋɛɲɛ *
Moore : kodre

'Laxiflora' est un petit arbre très abondant dans la région de Bobo-Dioulasso, Orodara, Boromo. De beaucoup le plus nombreux des Terminalia dans la région, plus ou moins 10 m de haut.
Fleurs : l'inflorescence, épis à l'axe des feuilles, ressemble à celle des Combretum, mais la fleur de comporte pas le moindre pétale.
Feuilles : très hétéromorphes, longuement et fortement pétiolées, 5 cm, coriaces, gaufrées, grises en dessous, obovées ou elliptiques, obtuses au sommet, atténuées à la base, de 17 cm de long sur 9 de large, glabres. Nervures latérales très saillantes dessous.
Les fruits sont caractéristiques : une samare, une graine entourée d'une aile plate, oblongue, de 6 à 9 cm de long sur 2 à 3,5 de large.
Ces fruits peuvent être rouges ou jaunâtres, dans la même espèce.

95
/ TERMINALIA MACROPTERA (Combrétacées)

Bambara :
wɔlɔba * / wɔlɔmuso * / wɔlɔfira

Arbre atteignant 8 m de haut, très répandu au Burkina, surtout dans les terrains humides ou inondés périodiquement. On le distingue du T. laxiflora par la base des feuilles, qui par ailleurs se ressemblent beaucoup. Celles du T. macroptera sont sessiles ou sub-sessiles avec un pétiole très épais. Elles sont aussi plus grandes généralement, jusqu'à 30 cm sur 12.
De même les fruits sont très gros ; jusqu'à 13 cm de long sur 3 ou 4 de large.

9
6/ TERMINALIA MOLLIS (Combrétacées) = T. RETICULATA

Bambara 
: wɔlɔ (terme générique)

Arbuste remarquable par ses très grandes feuilles pendantes, de 54 cm de long sur 15 de large, pétiole de 10 cm, en touffes terminales. Limbe et pétiole sont tomenteux, de même que le fruit (8cm). Beaucoup de petits poils sur les nervures. Nervures, nervilles et veinules forment un reticulatum très saillant, les gros vaisseaux ressortant davantage, évidemment.

9
7/ SANTALOÏDES AFZELII (Connaracées) / S. GUDJUANA

Bambara 
: koroninsoro

Arbuste sarmenteux ou petit arbre, sporadique dans les savanes boisées guinéennes (taillis du Fouta Djalon). Je l'ai trouvvé dans le fond du ravin où commence le Houet, le marigot de Bobo-Dioulasso, au-dessous de la piscine de Koulima, et aussi dans le ravin très étroit près du séminaire de Koumi, affluent du Kou).
Les feuilles sont paripennées, mais les 8 à 10 folioles sont alternes, non opposées, oblongues, acuminées, de 5 à 10 cm sur 2 à 5.
Les fleurs viennent sur des racèmes courts, fasciculés à l'aisselle des feuilles.
Le fruit est rouge à maturité, de forme ovoïde, un peu incurvé, en cœur, 1,5 à 2 cm de long ; il contient une seule graine ; la pulpe est comestible.

98
/ MONOTES KERSTINGII (Diptérocarpacées)

Bambara :
kukurun / kukuru, ngantama
Malinké : kurunkurun, gweregwere

Arbre de 8 à 12 m de haut. Ne se trouve au Burkina-Faso qu'entre les parallèles 9° et 11° (ni plus au nord, ni plus au sud). Écorce lisse ou finement fendillée.
Feuille : suffit à identifier l'arbre facilement. Grandes, de 10 cm sur 7 environ, largement elliptiques, presque rondes ; 15 paires de fortes nervures latérales, très régulièrement tracées jusqu'à la marge, proéminentes dessous, déprimées dessus, une glande noire sur la face supérieure au point d'attache du pétiole.
Fleurs : petites cymes axillaires, 5 sépales, 5 pétales, nombreuses étamines. Floraison pendant la saison des pluies.
Fruits dans l'arbre : fruits globuleux de 1,25 cm sur, à trois loges avec une graine dans chacune ; entourés de 5 ailettes réticulées, jaunes-rougeâtre, qui sont le développement des lobes du calice.
Fruit sec, emporté par le vent grâce aux ailettes.


99/ DIOSPYROS MESPILIFORMIS (Ébénacées)

Bambara :
sùnsun * / dàbàkàlàsunsun *
Malinké : jɔnba, dicuba
Mooré : gaaka

'Diospuron' est le fruit du
kaki en grec. 'mespa' est le nom de la nèfle en latin … c'est le néflier d'Afrique.

L'ébénier type est le Diospyros. Ebenum des Indes, Vietnam et Malaisie. Le nôtre est l'ébène de Zanzibar ; il paraît que le bois devient noir en vieillissant mais on ne l'utilise pas pour faire des statuettes. Il est très dur et très lourd (densité : 0,96) et très difficile à travailler. On en fait des manches de couteaux et des crosses de fusil.
C'est un grand arbre qui atteint 20 m de haut, des forêts claires guinéennes. Dans les régions plus sèches, c'est essentiellement une espèce de galeries forestières et des berges de rivières. Au Burkina, on en voit partout.
L'écorce est plissée, devient noirâtre en dehors de toute action de feu de brousse.
Les feuilles sont alternes, entières (mais très souvent rongées par des parasites). Pétiole de 6 à 10 mm. Limbe elliptique de 13 cm sur 5 environ. Base cunéiforme ; sommet en coin obtus. Les jeunes feuilles (au mois d'août) sont souvent jaunes, rouges. Sinon, elle sont vert foncé.
Les fleurs mâles, blanches, ont de 12 à 15 mm ; elles viennent en petits racèmes à l'aisselle des feuilles. La corolle s'ouvre en 5 lobes ovales. Le calice, de 5 à 6 mm, couvre la corolle à moitié.
Les fleurs femelles (sur le même arbre) sont isolées à l'aisselle des feuilles ; elles ont aussi une corolle à 5 lobes, mais le calice est très important : il est déjà développé dans la fleur presqu'autant que lorsqu'il devient la cupule du fruit. En attendant, il est plié en accordéon et paraît disproportionné par rapport aux petits pétales qui dépassent à peine de cette masse verte.
Fruit en formation : le calice grossit avec le fruit, mais il est en avance.
Rameau fructifère : baies de 2 à 2,5 cm.
Fruits vendus sur le marché, commes les nèfles ou les kakis, c'est à dire quand la pulpe est devenue semi-liquide. C'est le 'sounsoun'.

100
/ MABA LANCEA (Ébénacées) = / DIOSPYROS ELLIOTTII

Bambara 
: (?)

Feuilles, fleurs, fruits en une seule photo.
C'est un arbre qui ressemble au précédent, D. mespiliformis, mais qui ne se trouve aux mêmes latitudes que sur le bord des galeries forestières (vu à Samandeni, sur le bord de la Volta Noire, en plusieurs endroits.
Les feuilles, alternes, sont dressées vers le haut sur des rameaux eux-mêmes verticaux, et le font remarquer de loin.
Les fleurs (celles qu'on voit ici sont des fleurs mâles) se trouvent en glomérules sur les rameaux défeuillés (le vieux bois, non les jeunes rameaux de l'année). Les boutons floraux sont des fuseaux aigus, blancs, de 8 à 9 mm. Ces fleurs n'ont que 3 lobes blancs aux pétales (au lieu de 5 chez le D. Mespiliformis) qui ne dépassent que de peu le calice, lui aussi à 3 dents (quelquefois 4).
Les fruits, axillaires, sont collés sur le bois des rameaux. Le calice n'est pas accrescent. Ces fruits deviennent noirs et ne sont pas comestibles.

1
01/ ERYTHROXYLON EMARGINATUM (Erythroxylacées)

Bambara : (?)

Un arbuste de 2 m de haut sur le bord du chemin allant du village de Kourignon à la galerie de la Guimpi où l'IEMVT plaçait des pièges à tsé-tsé. Vu le 17/5/1978, en compagnie de Dr Pierre Morel, qui l'a identifié la semaine suivante en consultant Letouzey 2 A p.152. Aubréville ne mentionne pas cette famille dans sa Flore Soudano-Guinéenne. Il en parle dans la FFCI, pour décrire une autre espèce : E. Manii, et signale seulement qu'il y a une deuxième espèce dans la zone gunéenne, dont il ne dit rien de plus. Hutchinson et Dalziel 1.2 p. 356 indique cette 'petite famille faiblement représentée en Afrique' (les 2 espèces seulement).

Feuilles brillantes dessus, réticulation saillante sur les deux faces. 3 à 6 cm de long, 2 à 3 de large.
Fruit caractéristique : drupes en fascicules axillaires, 10 mm de long sur 3 mm de diamètre au plus épais. Ils étaient verts, virant au rouge. Ils portent à la base le reste du calice, et au-dessus les vieilles étamines, puis à l'extrémité supérieure, 3 ou 4 styles. Bien dessiné par Letouzey.

102
/ ALCHORNEA CORDIFOLIA (Euphorbiacées)

Bambara :
kɔ̀gira * / jiminnan *

Dédié à Stanley Alchorne, chimiste anglais du 18° siècle.

C'est un arbuste lianescent qui peut atteindre 2 à 4 m de haut, fréquent dans les galeries forestières et les lieux humides. Les feuilles sont entières, alternes, en forme de cœur, longues de 15 cm sur 10, arrondies et cordées à la base, sommet en pointe triangulaire. La base est trinervée ; les deux nervures basiliaires montent jusqu'au milieu du limbe. À la base et entre ces nervures basiliaires, il y a 2 ou 4 glandes noires, brillantes, qui sont caractéristiques.
Les fleurs femelles viennent, au début de la végétation, en épis simples, longs de 20 cm et plus, pendant des grosses branches ou du tronc.
Les fruits sont des baies à 2 loges, larges de 15 mm, gardant au sommet les deux branches du style.

103
/ ANTHOSTEMA SENEGALENSE (Euphorbiacées)

Bambara : (
kɔ̀)fama *

Famille des euphorbiacées : Euphorbe est le nom du médecin de Juba II, roi de Mauritanie, 1° siècle avant Jésus-Christ, d’après Pline, il aurait été le premier à utiliser des plantes en médecine !

Une seule étamine (stema) constitue à elle seule, la fleur mâle.
Grand arbre des galeries forestières, jusqu'à 20 m de haut. Rameaux à feuilles alternes et nettement distiques (restant toutes dans un même plan). Limbe elliptique lancéolé de 8 à 15 cm sur 3 à 6, glabres, base en coin, sommet en pointe acuminée ; la nervure centrale paraît en clair sur le limbe vert sombre. Nervures latérales visibles dessous mais à peine saillantes. Toute la plante donne un latex blanc abondant quand elle est blessée.
Rameaux fructifères.
Fruits : une capsule à trois loges, à l'axe des feuilles, de 20 mm sur 15, semblable à celle de plusieurs euphorbiacées.

104
/ ANTIDESMA VENOSUM (Euphorbiacées)

Bambara :
jòlìsegi *

En guise (anti) de liens (desma) : on utilise l'écorce pour en faire des liens.

Espèce guinéenne. Arbuste de 2 à 4 mètres de haut, qui vit au bord des cours d'eau ou des endroits inondés chaque année. Feuilles alternes, pétiole de 5 à 10 mm, limbe elliptique de 6 à 12 cm sur 4 à 7. Base arrondie ou en coin large , sommet arrondi avec une courte pointe obtuse. Limbe membraneux, tomenteux sur la face inférieure, surtout sur les nervures, très saillantes en dessous, déprimées dessus ; 7 paires de nervures latérales.
Fruit : petite drupe ellipsoïde aplatie, d'environ 1 cm, à une seule graine plate.
Fleurs : l'espèce est dioïque. Les fleurs mâles viennent en épis simple au sommet du jeune rameau (c'est le cas de la photo). Les fleurs femelles viennent en épi simple ou à 2 ou 3 ramifications, à l'axe des feuilles.

105
/ BRIDELIA FERRUGINEA (Euphorbiacées)

Bambara :
sàgan * /
Malinké : 
dafin-sagwan, babonin

Dédié à Bridel, botaniste suisse du 19° siècle.

Arbustes de 2 à 4 m, parfois petits arbres de 7 à 8 m, communs dans les savanes boisées soudano-guinéennes. Les rameaux sont plutôt minces, pubescents, en zigzag, avec des épaississements des nœuds dus aux infrutescences. Les feuilles sont elliptiques, de 5 cm sur 2 environ, assez arrondies, leur nervation est saillante sous le limbe, et caractéristique : les nervures secondaires sont régulières, tracées jusqu'à la marge, renforcées par une nervure marginale, elles sont reliées par des réseaux de veinules parallèles perpendiculaires à la direction des nervilles.
Le même arbre porte des fleurs mâles et des fleurs femelles, en glomérules tout petits à l'aisselle des feuilles.
Les fruits sont de petites drupes de 8 mm à une seule graine.

105 bis
/ BRIDELIA FERRUGINEA var. ORIENTALIS (Euphorbiacées)

Bambara 
sàgan * /

Arbre ripicole. Les feuilles ont 16 cm et sont longuement acuminées. Tous les caractères de la nervation sont bien ceux de B. Ferruginea, mais il n'y a qu'un petit fruit à l'aisselle de chaque feuille et la pubescence est rare ? Peut-être s'agit-il de caractères modifiés par les conditions écologiques.

10
6/ BRIDELIA SCLERONEURA (Euphorbiacées) / B. TENUIFOLIA

Bambara
sàgan * /

Arbuste des savanes boisées, de 2 à 4 m de haut. Les feuilles sont plus étroites que celles de B. Ferruginea. La réticulation est très saillante dessous. La marge est nettement sinueuse. La forme des feuilles est lancéolée : de 3 à 11 cm de long sur 1 à 1,5 de large.

10
7/ CROTON PSEUDOPULCHELLUS (Euphorbiacées)

Bambara : kure

'Croton' est le nom grec du ricin, que Linné a adopté comme nom scientifique du genre. Le ricin a conservé son nom latin : ricinus.

Arbuste de 2 à 4 m de haut, peu fréquent en Afrique Occidentale. Observé sur la falaise de Banfora, au-dessus de la cascade de Kerfiguela, sur le bord de la forêt galerie.
Petites feuilles ovées, arrondies à la base, obtuses au sommet, de 2 à 4 cm sur 1 à 2. Le dessus du limbe est vert, glabre, nervures secondaires parallèles entre elles. Le dessus du limbe est argenté, avec un revêtement continu d'écailles, ressemblant à des glandes, orbiculaires, de couleur fauve ou rouge sombre.
Les fruits viennent en petits corymbes terminaux, ils n'ont que 2 à 3 mm de diamètre et présentent aussi des points en relief. Le tout est de couleur brun rougeâtre.

1
08/ EUPHORBIA POISSONII (Euphorbiacées)

Bambara : (?)

Une grande euphorbe charnue à caractère de cactus, qui peut atteindre en pleine forêt 2 à 3 m de haut. Peu fréquente (observée dans la région de Fada Ngourma). Elle est inerme (sans épine) et ramifiée. Les branches, cylindriques, ont facilement 4 à 5 cm d'épaisseur et portent au sommet 5 à 6 feuilles caduques ?
Les feuilles, très charnues, sont obovées, et rétuses au sommet. Elles ont de 10 à 14 cm de long sur 4 à 6 de large.
Le latex est très caustique. Il a la réputation de rendre facilement aveugle, et est utilisé pour la fabrication de poisons. Les paysans ont peur de cette plante.

109
/ EUPHORBIA SUDANICA (Euphorbiacées) / E. TRAPAEIFOLIA

Bambara 
: ŋuwanna, sinjiba, sinɲɛba

Arbuste ligneux de 1 ou 2 m de haut (observé dans les rochers près des cascades de Niofila, sur le cours supérieur de la Léraba orientale, le 30 mai 1983. Rameaux sub-pentagonaux, de 2 cm de diamètre, hérissés de nombreuses épines stipulaires par deux.
Feuilles charnues, caduques, groupées à l'extrémité des rameaux, deltoïdes, avec des pointes irrégulières à l'extrémité, 2-3 cm sur 1 à 2.
C'est une euphorbe crassulescente : à latex très abondant et caustique.

110
/ FLUEGGEA VIROSA (Euphorbiacées) / = SECURINEGA MICROCARPA

Bambara :
ncɛnɛ * / nkolonìnjɛ * / jene, surukuɲɛɲɛ
Malinké : nginin

Securis = hache, nega = refuse

Un gros buisson de 1 à 2 m ; peut atteindre 3 m autour des mares du Sahel. Disséminé dans les savanes boisées en pays soudanais.
Le pétiole à 4 à 6 mm ; les feuilles 2 à 4 cm sur 1,5 à 3 de large.
Les fruits sont de petites boules blanches, un peu charnues, de 4 à 5 mm de diamètre, comestibles à maturité.
Les fleurs sont axillaires et fasciculées ; il y a des fleurs mâles et des fleurs femelles sur le même buisson ; les mâles ont 5 étamines libres et un ovaire rudimentaire trilobé. Les femelles ont un ovaire à 3 loges bi-ovulées et 3 styles courts, soudés à la base.

111
/ MARGARITARIA DISCOIDEA (Euphorbiacées) = PHYLLANTHUS DISCOÏDEUS

Bambara :
bàdufalen *, surukuɲɛɲɛ

Petit arbre lianescent des galeries, peut atteindre 10 m de haut.
Les fleurs femelles se forment à la base du jeune rameau qui se prolonge en portant des feuilles et des fleurs mâles. Il n'y a pas d'épine à la base du jeune rameau.
Les fruits sont de petites capsules, tri-lobées, qui contiennent 3 graines noires à maturité.

112
/ MICRODESMIS PUBERULA (Euphorbiacées)

B
ambara : (?)

Micro (=
petit) desmis (= faisceau) pour : fascicules de fleurs à l'aisselle des feuilles.

Arbuste buissonnant, de 2 à 3 m de haut, en sous-bois de forêt humide. Tiges de 6 à 7 mm de diamètre. Feuilles alternes, obovées, entières, souvent dissymétriques à la base : le limbe descend davantage sur le pétiole d'un côté. Acuminées au sommet, de 11 cm sur 5 environ. 4 paires de nervures saillantes dessous et dessus, pubescentes dessus.
L'espèce est dioïque. Ici, fleur mâle : petite étoile de 10 mm de diamètre, à 5 pétales blancs-verdâtres ? Le calice est pubescent. 5 étamines collées contre un ovaire rudimentaire, avec 2 anthères collées sur un même filet.
Inflorescence de fleurs mâles sèches : en panicule ramifié, jusqu'à 30 cm, avec un glomérule ou faisceau de petites fleurs à chaque changement de direction. Cf : Berhaut flore du Sénégal.

113
/ PHYLLANTHUS MUELLERIANUS (Euphorbiacées)

Bambara ntòrìjɔlɔkɔ
Dédié au botaniste suisse Müller (19° siècle)

Buisson de 2 à 4 m plus ou moins sarmenteux ou lianescent, en terrain humide, à feuilles simples, alternes, mais insérées sur des rameaux grêles qu'on pourrait prendre pour le rachis de feuilles composées imparipennées. Limbe de 3 à 7 cm sur 1,5 à 4, largement ovales.
Il y a deux stipules linéaires acuminées à base assez large, sous chaque pétiole, si elles subsistent après la chute de la feuille, cela donne 3 épines à la base du jeune rameau qui prend la place de la feuille tombée.
Les fleurs viennent sur des racèmes grêles, assez longs (jusqu'à 10 cm) eux-mêmes fasciculés à l'aisselle des feuilles tombées, sur le vieux bois.
Fleurs mâles et fleurs femelles sur les mêmes racèmes.
Les fruits sont des baies rouges, devenant noires en séchant, larges de 4 à 5 mm.

114
/ PHYLLANTHUS RETICULATUS (Euphorbiacées)

Bambara : (?)


Phullon (=
feuille) anthos (= fleur) : plusieurs espèces de ce genre présentent des rameaux qui, surtout jeunes, ressemblent à des feuilles composées, et les fleurs viennent à la base de ces rameaux, presque comme à l'axe d'une feuille qui serait composée, fleur et feuille ne feraient qu'un, d’où le nom. Reticulatus = réseau de petites nervilles visible à la face inférieure du limbe.

C'est un arbuste à rameaux décombants, facilement lianescent, qui peut atteindre 3 m de haut.
Il fait des fourrés épais le long des rivières, dans les terrains humides, dans les sous-bois des forêts denses sèches. C'est le plus fréquent des phyllanthus. Les feuilles sont plus petites que celles du P. Muellerianus : 2 à 4 cm sur 1,5.
Les fleurs viennent sur de petits racèmes très courts.

Les fruits, de 3 à 4 mm, sont peu nombreux, un peu aplatis et à côtes comme de petites tomates.

115
/ UAPACA ESCULENTA (Euphorbiacées)

Bambara : (?)

Arbuste de forêt humide pénétrant en zone soudanienne le long des rivières. Rameau florifère. Même structure que l'espèce U. Somon.
Feuilles alternes ou sub-opposées, vert sombre et brillant dessus, vert plus clair dessous. Limbe de 11 cm sur 4,5 au tiers supérieur. 9 paires de nervures secondaires, nervilles indistinctes.
Capitule de fleurs mâles à anthère blanc jaunâtre. Bractées qui font penser à des sépales. Une touffe de poils laisse une trace brune à l'axe des feuilles et des inflorescences tombées.

116
/ UAPACA TOGOENSIS (Euphorbiacées) / = UAPACA SOMON

Bambara :
kɔ̀sɔmɔ * / sɔ̀mɔn

De son nom malgache : 'voapaca' et de son nom bambara : 'somon'.

C'est un arbre typiquement soudano-guinéen (il n'entre pas dans la grande forêt humide) mais on peut le confondre avec des espèces voisines qui habitent normalement des lieux plus humides. Il existe en savane sèche, mais il y est moins fréquent que dans les galeries où il atteint normalement 10 à 15 m.
Feuilles alternes ou parfois sub-opposées, vert sombre et brillant dessus, plus clair en dessous, de 15 cm sur 6 à 10 ; nervures secondaires, nervilles indistinctes.
Les fleurs mâles (qu'on voit ici) sont minuscules, comprenant un calice, un rudiment de pétales et 5 étamines ; mais elles sont groupées en capitules globuleux, enveloppées dans des bractées qui ressemblent à un calice ou à une corolle : l'ensemble ressemble à une seule fleur jaune pédicellée.
La fleur femelle se présente de la même façon, entre des bractées, mais elle contient seulement un ovaire, au lieu de quantité de petites fleurs à étamines.
Les fruits sont de petites drupes, vertes puis jaunes, d'environ 2 cm de haut sur 1,7 de diamètre insérées sur les rameaux terminaux, avant le panache des feuilles terminales. La pulpe est comestible.

1
17/ ABRUS PRECATORIUS (Fabacées = Papilionacées)

Bambara :
ntènkìsɛ̀dafin * / ntènbìlènnin

Liane à base sous-ligneuse des savanes guinéennes.
Feuilles paripennées alternes de 8 cm, portant 15 paires de folioles de 10 mm sur 3.
Les gousses s'ouvrent sur la plante, se tordent légèrement, et laissent voir les graines.
Fleurs papilionées blanches en racèmes axillaires, pédonculés de 3 à 6 cm.
Fruits verts : gousses de 3 cm sur 1, contenant 4 à 5 graines.
Graines sèches : ovoïdes, rouge vif, une tache noire entourant le hile. Ces graines très ornementales ont servi pour la confection de chapelets (précatorius) et comme poids étalon pour peser la poudre d'or.

1
18/ ANDIRA INERMIS (Fabacées)

Bambara :
kìnèdo * [kìndo] / kìnèdu

'Andira' nom brésilien de la plante.

Arbre originaire des Antilles, répandu en Afrique depuis le Sénégal jusqu'au Bahr el Ghazal. Toujours disséminé, plutôt rare (cette photo a été prise près de Sanzana, au Mali ; je n'en ai pas vu au Burkina).
Feuillage luisant ; feuilles imparipennées, 5 à 7 paires de folioles qui sont stipellées (caractère net) largement oblongue, presque rectangulaires, de 4 cm sur 9, acuminées et émarginées. Nervure médiane déprimée en dessus, proéminente dessous, nervure latérales effacées.
Fruits drupacés indéhiscents, ovoïdes de 5 cm sur 2,5n marqués par une ligne de suture sur un côté, contenant une ou deux graines sphériques.
Je n'ai pas vu les grandes panicules terminales de fleurs roses, atteignant 60 cm de longueur, qu'on m'a signalées dans une forêt du Burkina.

1
19/ BAPHIA BANCOENSIS (Fabacées)

Bambara : (?)

Petit arbre de sous-bois des forêts humides dont l'espèce remonte dans les galeries forestières de la zone soudanienne.
Petits rameaux à apparence de feuilles pennées. Les feuilles sont simples, de 3 cm sur 6, avec des bractées stipulaires.
 
1
20/ DALBERGIA MELANOXYLON (Fabacées)

Bambara :
fàràgale (sans doute nom sarakolé)/ farakalaye / janafin / janiba / kɔ̀lɔ̀sìjiri

Dédié à Karl et Nicola Dalberg, botanistes suédois du 18° siècle. 
« melano » = noir, « xylon » = bois. C'est l'ébène de savane.

Petit arbre de 3 à 7 m de haut, épineux, branchu, très ramifié, multicaule (tellement que je ne l'ai pas photographié prenant cela pour des rejets)) dans les stations arides du Sahel. Il peut atteindre 20 à 30 cm de diamètre.
Feuilles imparipennées, 5 paires de folioles alternes, plus une terminale, de 1 à 3 cm sur 1 à 2 cm, obovées, elliptiques, tronquées ou émarginées au sommet.
Fruits dans l'arbre : gousses plates, pointues aux deux extrémités, de 5 cm sur 1,5, contenant un maximum de 4 graines.
Coupe du tronc. Le cœur est aussi noir que l'ébène de forêt. Sur-exploitée, l'espèce est en voie de disparition au Burkina.

12
1/ ERYTHRINA SENEGALENSIS (Fabacées)

Bambara :
ntènkìsɛ̀dabilen * / ntèn(bilen) *
Malinké : leru, nti, ntijɛ, ntimini
Mooré : kulentiga

Un petit arbre des savanes guinéo-soudanaises qui peut atteindre 10 à 15 m de haut.
Écorce liégeuse, crevassée, branches hérissées d'épines courbes.
Feuilles alternes tri-foliolées. Folioles de 5 à 10 cm, larges de 3 à 5. La médiane un peu plus développée. 2 glandes à la base des pétiolules opposés et 2 autres vers le sommet du pétiolule terminal. Il y a des épines sur le rachis, le pétiole, la nervure médiane sous le limbe.
Inflorescences terminales en épis, longues de 15 à 25 cm. Calice d'une seule pièce, s'ouvrant d'un côté. Corolle rouge vif, longue de 4 à 5 cm. L'étendard s'ouvre à peine. Il est replié en gouttière et cache les ailes et la carène. Les étamines seules dépassent un peu (une libre et 9 soudées).
Fruits : gousses moniliformes de 8 à 15 cm sur 1, s'ouvrant d'un côté en se tordant et laissant apparaître les graines rouges, ovoïdes.

1
22/ ERYTHRINA SIGMOÏDA (Fabacées)

Malinké  : leru

Arbre entier. C'est un arbre nettement plus grand que le précédent, à tronc pouvant atteindre 50 cm de diamètre, à cime beaucoup étendue. Mais il est peu fréquent ; on le rencontre particulièrement dans les rochers de la falaise de Banfora.
Les feuilles tri-foliolées sont aussi beaucoup plus grandes. Rachis de 20 cm et plus. Les 3 folioles sont plus larges (15 cm) que longues (12 cm). Les folioles latérales sont dissymétriques. Le pétiole porte des épines courbes et des glandes au-dessous des pétioles. Le limbe est tomenteux, surtout dessous.
Les fleurs sont moins décoratives que celles de l'E. Senegalensis. La corolle sort par une fente latérale du calice, mais l'étendard est relativement court (1 ou 2 cm).
Fruits dans l'arbre : gousses moniliformes, de 10 cm environ sur 1 ou 2, à surface tomenteuse. À l'intérieur : 5 à 10 graines rouges, de 6 à 7 mm.

1
23/ FLEMINGIA FAGINEA (Fabacées) / = MOGHANIA FAGINEA

Bambara 
: (?)

Plante dressée se reproduisant facilement en terrain humide où elle fait des peuplements de tiges peu ramifiées de 0,70 à 1 m de haut.
En bordure de galerie forestière elle peut devenir un arbuste lianescent de 4 à 5 m de haut, avec un tronc de 50 cm de circonférence à 1m du sol.
Feuilles alternes simples, limbe cordiforme de 3 à 6 cm sur 2 à 5. Pubescence appliquée des deux côtés. Base trinervée. Dessous du limbe criblé de lenticelles dorées (voir à la loupe).
Fleurs papilionées axillaires, blanches, striées de mauve, de 8 à 10 mm.
Fruits : gousses de 12 mm, contenant 2 graines.

1
24/ LONCHOCARPUS LAXIFLORUS (Fabacées)

Bambara :
sòjirinin / mɔ̀gɔ̀jiri / mɔ̀gɔ̀kolo
Mooré : nihilenga

Du grec logké (
lance) et karpos (fruit). Gousse de forme lancéolée.

Petit arbre (7 m de haut) des régions sahélo-soudanaises et soudano-guinéennes, en terrain sec, même concrétions ferrugino-latéritiques. Écorce gris clair. Bel effet en fleurs : rappelle le lilas.
Inflorescences : panicules ramifiés, grêles et lâches, de 15 à 30 cm, en mars-avril, quand l'arbre est dépouillé. Petites fleurs papilionées de 7 à 8 mm.
Feuilles alternes, imparipennées ; rachis de 15 à 20 cm. 2 à 3 paires de folioles bien opposées, de 8 à 10 cm de long sur 3 à 5 de large. La terminale plus développée que les autres. Base arrondie, sommet en pointe obtuse finement émarginée.
Fruits : gousses plates, longues de 5 à 10 cm sur 15 à 18 mmn atténuées en coins à chaque extrémité.

1
25/ MUCUNA POGGEÏ (Fabacées)

Bambara : (?)

Forte liane de forêt humide (galeries). Feuilles trifoliolées. Folioles à base trinervée, les latérales … très dissymétriques, la terminale moins développée.
Inflorescences en grappes axillaires pendantes, fleurs blanches de 6 à 7 cm, distantes de 10 cm l'une de l'autre. Ailes et carène dépassant l'étendard. Calice à 4 dents, pubescent ferrugineux.
Fruits : gousses aplaties, tordues, de 7 cm sur 4 environ, revêtues de poils soyeux très fins, violemment urticants, qui rendent cette plante dangereuse pour les forestiers.

12
6/ PERICOPSIS LAXIFLORA (Fabacées) / = AFRORMOSIA LAXIFLORA

Bambara :
kolokolo * / muguduru

Petit arbre de 3 à 7 m de haut, fréquent dans les savanes boisées soudano-guinéennes.
Feuilles imparipennées (5 à 6 paires de folioles, plus une terminale). Folioles alternes ou sub-opposées, luisantes dessus, pubescentes dessous étant jeunes.
Fleurs blanc-verdâtres, lachement paniculées.
Fruits : gousses plates, minces, oblongues, coriaces, persistant longtemps sur l'arbre, marquées de 2 nervures intra-marginales, l'une ventrale, l'autre dorsale, très accentuées.
Bois dur, donne d'excellent charbon de bois.

1
27/ PTEROCARCUS ERINACEUS (Fabacées)

Bambara :
gòni * / gèni * [gweni] / dùgùmàsigi
Malinké : genu
Mooré : nweka

Du grec 'pteron' (
aile) 'karpos' (fruit) = fruit ailé (une membrane ronde) autour d'une graine hérissée de poils piquants. On l'appelle couramment 'vêne' en français, ce qui est son nom en wolof, ou 'palissandre du Sénégal '.

Un grand arbre (15 m de haut), un des éléments dominants des anciennes forêts sèches de la zone soudano-guinéenne, surtout occidentale. Bois très dur, un des plus beaux bois d'ébénisterie (jaune clair) de la zone, utilisé pour les plaques de bois des xylophones (balafons) ou les masques ; il donne aussi un bon charbon.
Feuille et fruit vert : feuilles alternes imparipennées. Rachis long de 15 à 25 cm, portant 4 à 5 paires de folioles de 6 à 11 cm sur 3 à 6, sub-opposées, et une terminale, un peu plus longue que les autres.
Fruit typique : graine au milieu d'une aile orbiculaire de 5 cm, hérissée de poils piquants.
Cime fleurie ; panicules lâches et courtes de fleurs jaunes d'or, qui couvrent tout l'arbre encore défeuillé, de décembre à février.
Fleur : papilionée, corolle courte de 10 à 12 mm. Calice de 5 mm.
Fruits dans l'arbre ; deviennent jaunes en séchant. De loin, on les prend pour des fleurs.

1
28/ PTEROCARPUS LUCENS (Fabacées)

Bambara :
bala * / ngalajiri * / dàbàkala, dàbàkàlàjiri
Malinké : galajiri

'Lucens' feuilles
luisantes dessus.

Espèce sahélo-soudanienne du genre . Petit arbre, vite branchu, plus souvent de 3 m de haut, que de 12 quand il échappe aux feux de brousse.
Les feuilles sont très variables sur le même arbre ; le nombre des folioles varie de 1 (ce qui donne une feuille simple) à 15, imparipennées . La feuille a alors de 1 à 7 paires de folioles opposées, avec une foliole terminale. Notre photo en est à 3 paires. Le dessus du limbe est glabre et luisant ; le dessous porte des poils ras, d'où une teinte plus claire.
Ici la feuille n'a qu'une paire de folioles, elle est donc trifoliolée ; mais la forme elle-même des folioles varie : ovée ou oblongue elliptique, ou sub-orbiculaire . Dimensions : 3 à 5 cm sur 2 à 4. Le fruit, une samare, n'est pas orbiculaire comme chez P. Erinaceus, mais ob-ovale, de 4 cm sur 3 ; épaissi au centre, entouré d'une aile large de 4 à 5 mm. Base en coin allongé, sommet arrondi ou en coin obtus.

1
29/ PTEROCARPUS SANTALINOÎDES (Fabacées)

Bambara :
jàwu * / jàko / jɛ̀gu
Malinké : jàgu, njàgu

(ressemblance du bois à celui du
Santal)

Un arbre de 10 à 15 m de haut, dans les galeries forestières où il est très abondant.
Feuilles alternes imparipennées ; rachis de 10 à 20 cm portant 2 à 4 paires de folioles sub-opposées ou alternes, ovales elliptiques, dissymétriques, longues de 5 à 8 cm sur 3 à 5, de plus en plus grandes en allant vers la terminale (celles de la base sont presque aussi larges que longues).
Inflorescences en épis, de fleurs jaunes d'or, serrées, corolle de 15 mm, épis de 8 à 15 cm.
Le fruit (vu de face et de profil) : gousse ligneuse, ovoïde ou sub-orbiculaire, aplatie, boursouflée, de 4 à 5 cm environ, contenant une seule graine. Elle présente une forte protubérance ligneuse et verruqueuse.

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30/ SESBANIA SESBAN (Fabacées) / = SESBANIA PUNCTATA

Bambara :
kɔ̀npalanpalan * / sagasaga *, bagala

'Sesban' est le nom arabe de la plante.

Arbuste sous-ligneux, très branchu, qui atteint 3 et 4 m de haut, commun au bord des rivières et dans les zones inondées, avec d'autres espèces de Sesbania qui sont des plantes annuelles.
Feuilles alternes paripennées ; rachis de 10 cm. Folioles oblongues à bords parallèles,
de 15 mm sur 2 à 4.
Fleurs papilionées de 2,5 cm jaunes d'or, l'étendard est ponctué de pourpre-violet sur sa face externe. Très décoratif.
Les fruits sont des gousses linéaires très étroites (2 à 3 mm) et très longues (15 cm) qui contiennent une vingtaine de graines.

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1/ XERODERRIS STHULMANII (Fabacées) / = OSTRYODERRIS CHEVALIERI

Bambara :
mùsònsanan * / dùnforoko * / kungodùgùrànin *
malinké : bɛbɛ, mugioro

Du grec 'ostreion' (
huître) et 'derris' (membrane, cuir). Gousse de la consistance du cuir qui rappelle le bord d'une coquille d'huître.

Arbre de 12 m de haut des forêts sèches guinéennes qui se répand sans être fréquent dans la zone soudanaise.
Feuilles imparipennées alternes, rachis de 15 à 25 cm, 4 à 6 paires de folioles longues de 6 à 12 cm, sur 3 à 4 de large, blanchâtres dessous (revêtement cireux), asymétriques, légèrement plus larges vers la base, opposées ou presque, ovées elliptiques, arrondies et légèrement émarginées au sommet.
Inflorescences en racèmes de 15 à 20 cm, fasciculés au sommet des rameaux, quand l'arbre est dépouillé en avril. Les épis sont simples, non ramifiés.
Fleurs papilionées blanches, de 18 mm. Le calice est duveteux, brun foncé.
Fruit : gousse plate, longue de 10 à 12 cm, large de 2 à 3, marquée de deux fortes nervures intra-marginales délimitant extérieurement deux ailes étroites. Ordinairement, une grosse graine en forme de haricot, parfois deux.

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32/ FLACOURTIA INDICA (Flacourtiacées) / = FLACOURTIA FLAVESCENS

Bambara 
:
nɔgɔfin, samaɲi
Mooré : kitga ou kitonga

(Ainsi nommée en l'honneur de Flacourt, navigateur français du 17ème siècle).

Petit arbre ou arbuste sarmenteux, de 2 à 3 m de haut, en lieu humide, jamais très abondant ; rameaux retombants, rougeâtres, lenticellés, portant de fortes épines droites qui ont jusqu'à 6 cm de long.
Les feuilles sont simples, alternes, crénelées, rougeâtres étant jeunes, luisantes en dessus plutôt lancéolées, de 4 à 10 cm sur 2,3 à 7.
Les fruits sont des baies globuleuses de 1,5 cm de diamètre, côtelées, devenant rouges-violettes en mûrissant, comestibles.
Sur un fruit, vu de près, on peut distinguer ce qui reste des styles de la fleur (6 ou 8) correspondant aux côtes.
Les épines viennent entre les nœuds, et non à l'axe des feuilles.
C'est une espèce dioïque.
Plusieurs espèces des flacourtiacées (dont ce flacourtia) servent à faire de l'huile de Chaulmoogra, remède contre la lèpre.

1
33/ ONCOBA SPINOSA (Flacourtiacées)

Bambara :
kɔnkɔnbaranin * / babara * / sirabara
Malinké : kɔnbarani,

(Onkob est le nom arabe)

C'est un buisson qui se présente dans les endroits plutôt humides, rochers, … Il peut se développer aussi comme un petit arbre de 2 à 6 m de haut, qui conserve des épines sur le tronc.
Les rameaux sont tachetés de points clairs.
Les feuilles ont de 5 à 10 cm de long, 3 à 5 de large dans la partie inférieure, elles sont ovales et dentées, ressemblent un peu à celles du Flacourtia, mais la base est différente. De même les épines, très longues, qui sont insérées au dessus du pétiole, court.
La fleur est spécifique de l'espèce Oncoba : blanche, très voyante, odorante, à l'extrémité de courts rameaux de l'année, 5 cm de diamètre, 8 pétales, très nombreuses étamines, ovaire surmonté d'un style et d'un stigmate épais qui subsiste à la base du fruit.
Fruit en formation : les pétales sont tombés, les sépales restent encore.
Fruit complet : sphérique, de 5 à 7 cm de diamètre ; surface dure ; évidé, il sert de tabatière pour le tabac à priser.
Les graines contiennent 37 % d'huile siccative, utilisée pour la peinture et le vernis. Le bois prend un beau poli ; il est utilisé en ébénisterie et en marqueterie.

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4/ GARCINIA LIVINGSTONII (Guttifères/Clusiacées)

Bambara :
sumesunsun *

Dédié à Garcin, explorateur aux Indes (au 18ème siècle) et à Livingstone, explorateur en Afrique Centrale (19ème siècle). La famille donne de la gomme, appelée 'gutte' chez les Malais ; gutta-percha.
C'est un arbre ripicole, en galerie forestière, propre à la zone soudano-guinéenne. Il atteint 15 m de haut. Les rameaux secondaires sont verts et verticillés. L'écorce entaillée donne du gutta-percha.
Les feuilles, verticillées par 3 ont 6 à 9 cm sur 4 à 5, glabres, coriaces.
Les fleurs viennent sur le vieux bois, à l'emplacement des feuilles tombées.
La fleur a 9 à 10 mm, 4 pétales sub-orbiculaires.
Les fruits sont des baies jaunes, puis rouges, de 2 cm de diamètre, ils contiennent 2 graines.

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/ GARCINIA OVALIFOLIA (Guttifères / Clusiacées)

Bambara : (?)                                                                                                                 Malinké : korona                                                                                                                                                                                                                                                      
Arbre de galerie forestière de la zone soudano-guinéenne, 15 m de haut. Les feuilles sont opposées, atténuées aux deux extrémités ; elles ont 10 à 15 cl de long.
L'attache du pétiole à l'extrémité du rameau est caractéristique ; les onglets des deux feuilles opposées forment un valve qui doit s'ouvrir pour laisser passer le bourgeon terminal. Sur la photo, une goutte de latex suinte de l'ouverture qui a été forcée.
Les fruits sont des drupes, de 1 à 2 cm, en glomérules.

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/ HARUNGANA MADAGASCARENSIS (Guttifères / Clusiacées)

Bambara : sunbalajiri, sandalajiri

Arbuste en bordure de galerie forestière.
Feuilles opposées, de 20 cm sur 10, pétiole de 3 cm. Le dessous des jeunes feuilles, au sommet du rameau, est roux ferrugineux.
Dessous du limbe, couvert de touffes de poils. L'examen à la loupe permet de discerner des glandes rouges qui, par transparence, semblent noires.
Face supérieure du limbe : fond bien vert, nombreuses nervures latérales blanches, saillantes.
Harungana n'est pas fréquent au Burkina.

137
/ PENTADESMA BUTYRACEA (Guttifères /Clusiacées)

Bambara : (?)

5 (penta)
faisceaux (desma) d'étamines. Les graines donnent un beurre (butyracea).

Arbre moyen des forêts denses humides sempervirentes, qui se trouve aussi dans les galeries forestières du département des Hauts Bassins de la Haute-Volta.
Base de l'arbre. La mousse qui habille le tronc indique le degré d'humidité de ce micro-climat.
Ramification du sommet de l'arbre.
Cime de l’arbre dominant la galerie.
Rameau : feuilles opposées par deux, pétiole court de 1 à 1,5 cm.
Feuilles oblongues, courtement acuminées, de 12 à 24 cm de long sur 4 à 7. Coriaces, glabres, nombreuses nervures latérales parallèles, fines, réunies près de la marge du limbe par une nervure intra-marginale.
Les fleurs dans l'arbre sont nombreuses, dressées vers le haut, longues de 6 à 7 cm.
Fleurs au maximum de l'épanouissement : les sépales imbriqués et inégaux ne s'ouvrent guère et cachent les pétales. Les étamines dépassent à peine l'ensemble.
Cœur de la fleur : étamines unies à la base en 5 faisceaux denses, séparés par 5 glandes noires. Ovaire insensiblement atténué en style.
Fruit : 15 cm sur 11 ; 200 à 300 grammes. Il conserve les reste du calice et des étamines au-dessus, et le stigmate en dessous.
Fruit ouvert : la gomme, jaune, jaillit de toutes parts au moment du sectionnement. Le fruit peut contenir 3 à 18 graines. Avec ces graines on peut faire un beurre comestible, mais elles ne sont pas utilisées au Burkina-Faso.

1
38/ PSOROSPERMUM GLABERRIMUM (Guttifères / Clusiacées)

Bambara :
kàrijàkuma *

Arbrisseaux disséminés dans les savanes boisées, ou forêts claires. Peut atteindre 3 à 4 m de haut.
Feuilles opposées. Les fruits sont de petites baies sub-globuleuses.
Cymes terminales de fleurs blanches à 5 pétales rayés de noir. Les 5 points noirs visibles au cœur de la fleur sont les stigmates des 5 branches du style.

139
/ PSOROSPERMUM SENEGALENSE (Guttifères/Clusiacées) / = P. Guineense

Bambara :
kàrijàkuma *

Arbuste de même habitat que le précédent.
Le dessus des feuilles porte des poils mais reste vert. Le dessous est couvert d'une épaisse couche de poils roussâtres, jaunâtres.
Dessus des feuilles soyeux.
Fleurs en cymes terminales. 5 sépales, 5 pétales. On voit de près le dessous d'une feuillé, feutré.
Fruits : petites baies rouges. Le dessus des feuilles est pubescent.

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40/ SALACIA PIRIFORMOÏDES (Hippocratéacées)

Bambara : (?)

Hutchinson et Dalziel vol.1 part.2 p. 630

Liane ou arbuste lianescent en forêt galerie.
Feuilles de 11 cm sur 6, pédoncule 15 mm.
Fleurs en fascicule axial. 5 pétales jaunes, obovales de 2 à3 mm.
Un disque épais : en son milieu, le style de section triangulaire, et 3 étamines ; filets collés sur le style et anthères doubles coiffant le stigmate, se retournant vers l'extérieur en séchant.

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/ HYMENOCARDIA ACIDA (Hyménocardiacées) autrefois classé dans les Euphorbiacées

Bambara :
gɛ̀rɛ̀ngɛ̀rɛ̀nnin * / sìfìlɛjirinin * / taɲɔro

Nom formé de deux mots grecs : umenos (
membrane) et kardia (cœur). Allusion au fruit en forme de cœur et bordé de 2 ailes membraneuses.

Petit arbre qui peut avoir 15 m de haut mais généralement plus petit dans les savanes boisées. (Ici : en bordure d'un terrain inondé chaque année). Écorce lisse rougeâtre.
Fruit caractéristique : plat, formé de 2 loges accolées, en forme de cœur, où sont les graines. Au-dessous, il y a 2 ailes divergents, arrondies, s'écartant presque à angle droit. Il a 2 à 3 cm.
Les feuilles sont oblongues elliptiques, de 5 à 8 cm sur 2 à 4. Alternes. La face inférieure du limbe est criblée de lenticelles jaunes-orangées (visibles à la loupe).
Au début de la végétation, les jeunes rameaux sont pubescents, d'un rouge ferrugineux. L'espèce est dioïque : certains arbres ont des fleurs mâles, d'autres des fleurs femelles.
Fleurs femelles : solitaires ou par petites grappes de 4 à 6 fleurs, consistant en un jeune ovaire surmonté de deux styles. On distingue aussi 5 lobes lancéolés du calice. Il n'y a pas de pétale, mais l'ovaire est déjà entouré de l'aile qui donnera sa forme caractéristique au fruit.
Les fleurs mâles viennent en épis denses, longs de 5 à 6 cm, chatons rouges quand ils sont jeunes.
Quand ces fleurs mâles sont épanouies, on peut y distinguer, en gris, un petit calice à 5 dents et 5 étamines courtes.

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42/ ANTHOCLEISTA PROCERA (Loganiacées) / = ANTHOCLEISTA NOBILIS

Bambara 
:  kɔgan * / sàmàtulo * / pɔ̀pɔ *                                                                                                                                                                                                           
Arbre de galeries forestières qui peut atteindre 20 m de haut. Quand il est jeune, sa tige est mince par rapport à la hauteur (plusieurs mètres) et ses feuilles sont très grandes (1 m de long) démesurées. 'Un pied de tabac plus grand que nature, placé au faîte d'un mât de 6 à 7 m. C'est ce qu'on voit ici dans l'ombre de la galerie près de Peni.
Quand l'arbre a grandi, il se ramifie, souvent en verticilles, et les feuilles sont bien moins grandes.
Feuilles adultes : elles ont quand même facilement 50 cm de long, ob-ovées, ob-lancélolées, opposée, en touffes terminales. Il y a 8 à 10 paires de nervures secondaires, saillantes dessous.
Pétiole de la feuille : le limbe s'atténue longuement à la base, mais laisse un petit pétiole libre. Celui-ci est très élargi à la base, et la chute de 2 feuilles opposées laisse une cicatrice annulaire sur le rameau.
Épines : en plus, chez les jeunes rameaux, à la base du pétiole, il y a deux oreillettes, comme deux 'consoles', et 2 fortes épines soudées par la base.
Fleurs : on voit ici l'androcée, tombé à terre. Les fleurs sont blanches et viennent en panicules terminaux. Le calice subsiste à la base du fruit. La corolle est un tube de 2,5 cm, beaucoup plus long que le calice ; elle se divise au sommet en 12 ou 14 lobes de 1 cm. À hauteur de la division des lobes, il y a un nouveau cylindre qui prolonge le premier. C'est sur ce tube que sont soudées les étamines, avec des anthères de 7 mm, alternant avec les lobes de la corolle.
Infrutescence : les fruits sont de petites baies, globuleuses, de 2,5 cm environ, qui contiennent beaucoup de graines.

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43/ STRYCHNOS INNOCUA (Loganiacées)

Bambara :
nkànkòrònin * / nkàntòrònin * / nkànkorocɛnin * ,  kulegan
Malinké : kànkoro

Petit arbre (5 m de haut) de la savane sèche. Le genre contient de nombreuses espèces.
L'écorce est lisse, gris blanc comme celle su S. Spinosa, mais les rameaux n'ont pas d'épines.
La feuille est généralement plus allongée et non acuminée. Nervation caractéristique : 2 nervures très ascendantes partant du milieu du limbe.
Variété pubescente : feuille dont la nervation ne se distingue pas de celle du S. Spinosa. Deux paires de nervures latérales longuement ascendantes.
L'inflorescence est moins dense que celle du S. Spinosa, et surtout, elle est axiale au lieu d'être terminale. Calice à 4 lobes ; corolle de même (et non 5 du Spinosa). Le tube de la corolle est 3 ou 4 fois plus long que les lobes.
Le fruit est plus petit que celui du Spinosa.

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44/ STRYCHNOS SPINOSA (Loganiacées)

Bambara :
nkànkòròba * / nkàntòròba * / nkànkòròmuso * /   nkàntòròmuso *, kulekule
Mooré : katerpoaga

Arbuste atteignant 6 m de haut, bas-branchu, branches ascendantes puis étalées et souvent retombantes. Rameaux blancs ou grisâtres, ordinairement armés d'une paire d'épines plus ou moins crochues aux inter-noeuds. Commun dans les savanes boisées soudano-guinéennes (panafricain).
Feuille : l'espèce est polymorphe, mais la feuille est généralement ob-ovée ou même sub-orbiculaire. Le limbe est décurrent sur le pétiole. Les jeunes feuilles sont mucronées au sommet, puis la pointe terminale tombe et laisse une forme émarginée au sommet. Limbe tri-nervé ou même 5-nervé à la base : deux paires de nervures prenant assez bas près du pétiole montent presque jusqu'au bout du limbe. Les nervures sont déprimées dessus, saillantes dessous. La face supérieure est d'abord luisante, puis vert foncé brillant, les dessous est vert mat. Les vieilles feuilles sont tombantes, alors que les jeunes sont dressées.
Les épines sont généralement assez courtes, et quelquefois absentes.
Les inflorescences, courtes, viennent en cymes terminales, courtement pédiculées. Les fleurs sont blanc-verdâtre, de 6 mm de long, avec calice et corolle à 5 lobes.
Les fruits sont globuleux (ils font penser à des boules de pétanque), de 10 à 12 cm de diamètre, verts puis orangés. La coque est dure, elle contient de nombreuses graines plates, enrobées dans une pulpe brune, sucrée et comestible quand elle est mûre, mais peut donner des vomissements si on en prend trop. Les graines, elles, sont toxiques. (la strychnine est extraite de 'Strychnos nux vomica' d'Asie tropicale ; le curare est extrait des Strychnos américains). En Afrique avec la racine de S. Spinosa on fait une boisson contre les maux de ventre.

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45/ LAWSONIA INERMIS (Lythracées)

Français : henné
Bambara : jàbi *
Mooré : lallé

C'est un grand buisson, cultivé dans beaucoup de villages et qui est devenu sub-spontané au Burkina-Faso. Il peut faire un arbuste de 2 à 3 m de haut.
Les fleurs sont petites, odorantes, en panicules terminales. Les feuilles aussi sont petites : 2 à 3 cm de long sur 1 à 1,5 cm. Les rameaux se terminent comme des épines, mais portent fleurs et bourgeons.
Rameau fructifère : les fruits sont de petites capsules sphériques, de 5 mm.
Les buissons se prêtent bien à la taille et font de jolies haies. Les petites feuilles en forme de losange sont séchées à l'ombre et utilisées pour teindre en rouge les cuirs ou les bois d'ébénisterie.

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46/ MEMECYLON FASCICULARE (Mélastomatacées)

Bambara : (?)

Ce nom vient du grec 'mimaikulon' (fruit de l'arbousier) qui ressemble à celui de ce genre.

Petit arbre des galeries forestières. Aubréville n'en parle que dans la FFCI, et il dit qu'il ne l'a vu en Côte d'Ivoire, qu'au sommet du mont Dou, à 1350 m d'altitude, au bord d'un ruisseau. Je l'ai trouvé dans la galerie qui descend au lieu sacré de Dafora, comme un petit arbre, montant tout droit, de 2 à 3 m de haut. J'ai fait confirmet l'identification par le Dr Pierre Morel.
Feuilles simples, opposées, de 13 cm de long sur 6 de large. Le pétiole a 5 ou 6 mm. Limbe ovale, base arrondie, sommet en pointe acuminée.
La nervation des feuilles suffit à identifier l'espèce. Trinervée à la base, ou plus exactement 5-nervée ; deux de ces nervures partent du pétiole lui-même (qui n'a que 5 mm) et montent jusqu'au sommet du limbe, formant une ellipse inscrite dans l'ensemble du limbe ; deux autres nervures, beaucoup plus faibles partent aussi de la base et longent la marge à 1 ou 2 mm ; elles reçoivent la tête de nervures obliques fines venues des nervures ellipsoïdales. Nervures et nervilles sont saillantes sur le limbe, semi-opaque, dessus et dessous.
Inflorescences en fascicules ou en capitules (petits faisceaux de 3) très courtement pédonculés, d'où le nom de 'fasciculare'.
Très petites fleurs courtement pédicellées (2 mm). Calice d'environ 2,5 mm. Pétales 3 mm. On voit sur la photo des boutons et une fleur épanouie d'où sont tombées les anthères. Il reste les pétales, jaunes, et le style, de même longueur que les étamines, environ 6 mm.
Les fruits, globuleux, deviennent noirs à maturité.

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47/ CARAPA PROCERA (Méliacées)

Bambara :
kɔ̀bi * / tulukuna * 

'Carapa' : nom indien de l'arbre d'Amérique du Sud.

Arbre très commun au bord des rivières dans les zones de forêt dense humide, remonte au Burkina dans les galeries forestières (où il n'est pas rare) et même dans des zones guinéennes qui ne sont jamais inondées. Il peut avoir 25 m de haut, mais il est généralement bas-branchu.
Les feuilles sont alternes et imparipennées, ce qui les distingue de celles du caïlcédrat auxquelles elles ressemblent de par ailleurs, en beaucoup plus grand : rachis de 30 à 70 cm, les folioles sont longues de 15 à 25 cm et larges de 4 à 8.
Les jeunes rameaux et les rejets de souche sur le bord des rivières portent des feuilles d'une belle couleur rouge vif.
Les fleurs viennent sur de très longues panicules laches, peu branchues, qui ont jusqu'à 40 et 50 cm de long, suspendues à l'axe d'une feuille. Les fleurs elles-mêmes sont très petites (5 mm), odorantes, blanches-rosées. Il y a 5 sépales de 1 mm, rouges, 5 pétales très concaves, repliés vers l'intérieur contre la couronne staminale ; ces pétales, elliptiques, ont 5 à 7 mm de long et 2 à 3 de large, ils sont blancs-verdâtres . Il y a ensuite (en allant vers le centre) la couronne staminale, blanc-rosé, courtement dentée, qui porte 10 anthères sessiles, insérées entre chaque dent. Tout à fait au centre : un disque rouge porte l'ovaire cylindrique surmonté d'un stigmate couronné d'un disque plus petit que celui de la base.
Fruit ligneux, pendant (et non dressé comme celui du Khaya) long de 7 à 8 cm, large de 4 à 5, avec des sortes de côtes saillantes. L'intérieur du fruit contient 9 à 10 grosses graines oléagineuses, utilisées en pharmacie.
Il semble que certains Carapa ripicoles aient des feuilles assez spéciales.

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48/ EKEBERGIA SENEGALENSIS (Méliacées)

Bambara : (
kunan)kunanbilen *, kunanjɛ
Malinké : kuse

Dédié à Gustav Ekeberg, médecin navigateur suédois du 18° siècle

Petit arbre d'une dizaine de mètres de haut, existant disséminé (et pas fréquent) dans les savanes boisées guinéennes (Dinderesso).
Feuilles groupées en bouquets à l'extrémité des rameaux ; imparipennées, 3 à 4 paires de folioles sub-opposées ; rachis de 25 cm. Folioles vert sombre dessus, grises dessous, glabres, sessiles ou sub-sessiles, limbe décurrent sur le semblant de pétiolule. Nervures latérales peu accusées.
Les inflorescences sont des racèmes axillaires courtement branchus, blancs-verdâtres, lâchement fleuris.
Les petites fleurs sont blanc-verdâtre. Calice courtement denté ; 5 pétales oblongs, centrifuges, dans un même plan, pubescents sur les deux faces. Couronne staminale à bords non dentés, velus intérieurement (les poils ne laissent pas voir facilement les bords de la couronne), 10 anthères courtes. Ovaire glabre. 5 stigmates lobés au sommet très visible, comme un disque vert foncé. (Photos prises un 25 janvier).
Grappes de fruits globuleux, longuement pétiolés, de 2 cm de diamètre environ, d'abord blancs. Ces fruits ont la forme d'une petite pomme, ils deviennent rougeâtres-brunâtres en murissant. Les noyaux des fruits, même mûrs, sont blancs (quoi qu'en disent certains auteurs)... Ils restent sur l'arbre de mai à juillet.

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49/ KHAYA SENEGALENSIS (Méliacées)

Khaye est le nom wolof.
Caïlcédrat ou Acajou de savane en français.

Bambara :
jala *
Mooré : kuka

C'est le plus important des grands arbres du Burkina, étant le seul à fournir du bois d'oeuvre en quantité industrielle. Il est spontané et en nombre dans toutes les parties du pays jusqu'au 14° de latitude. Son fût peut dépasser 10 m de haut et 1 m de diamètre. Sa cime s'élève jusqu'à 25 m de haut en sol profond et humide. Généralement, il ne perd pas toutes ses feuilles en saison sèche, bien que son ombrage ne soit pas très épais.
Il peut devenir très vieux ; son écorce est souvent entaillée et prélevée pour des usages médicaux, ce qui lui laisse des cicatrices.
Les feuilles sont composées paripennées, avec 3 à 6 paires de folioles oblongues elliptiques de 7 à 12 cm de long sur 3 à 5 de large. Assez coriaces.
Les fleurs sont toutes petites (5 mm), en panicules à l'extrémité des rameaux.
De près, on peut distinguer un calice à 4 ou 5 sépales imbriqués, une corolle de 4 à 5 pétales blancs, libres. Les étamines sont soudées, comme chez toutes les espèces de méliacées ; la couronne qu'ils forment est blanche, lobée au sommet de 8 ou 10 lobes et il y a 8 ou 10 anthères sessiles, alternant avec les dents des lobes. On distingue aussi, dessous, un disque rouge portant l'ovaire, lui-même surmonté d'un stigmate terminé au sommet par un nouveau disque plus petit.
Les fruits sont des capsules plus ou moins sphériques de 5 à 6 cm de diamètre. Il ne pendent pas aux branches mais sont dressés vers le haut. On les distingue peu ici, mais ils sont très nombreux.
Ils s'ouvrent en quatre valves au centre desquelles se trouve une petite colonne, de section quadrangulaire, sur laquelle sont fixées, par un côté, les graines, plates, empilées les unes sur les autres. Il y a 15 à 20 graines sur chaque face de la colonnette, et en grossissant elles font éclater les valves.
Les caïlcédrats n'ont pas de fortes racines pivotantes. Les tornades de la saison des pluies en abattent chaque année. On voit alors les racines superficielles soulevées d'un côté. L'arbre photographié ici, plusieurs années après l'accident, s'est rétabli sous une nouvelle forme.
Le bois de caïlcédrat a été le premier acajou importé en Europe. Mais sa croissance est lente (comme celle du chêne). Dans de bonnes conditions, il lui faut 25 ans pour atteindre 50 cm de diamètre. D'autre part, en pépinière, en plantation artificielle, il est attaqué par une chenille qui détruit le bourgeon terminal. L'arbre n'en meurt pas, mais reste bas-branchu et le bois comporte des malformations qui diminuent sa valeur technologique. On faisait autrefois les meilleures pirogues du fleuve Niger avec du caïlcédrat.
Les principales avenues de la capitale du Burkina, Ouagadougou, étaient bordées de caïlcédrats très bien venus, mais ils étaient couverts de cicatrices, du fait des prélèvements d'écorce pour des usages pharmaceutiques traditionnels.

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50/ PSEUDOCEDRELA KOTSCHYI (Méliacées)

Bambara :
sènsànfin * /
Mooré : sidgre

Son nom scientifique signifie '
faux petit cèdre' (son bois est parfumé comme le cèdre). Kotschy est un botaniste autrichien du 19° siècle.

Petit arbre des savanes boisées soudano-guinéennes, de 4 à 5 m ordinairement, peut monter jusqu'à 12 m. Se présente surtout dans les vallées, sur sol humide (ici : dans le lit majeur de la Comoë).
Feuilles en rosettes à l'extrémité des rameaux, paripennées, 4 à 8 paires de folioles alternes ou sub-opposées, sub-sessiles, ovées allongées, arrondies et asymétriques à la base, obtuses au sommet, jusqu'à 25 cm de long sur 6 de large, à marge typiquement ondulée rappelant la feuille de chêne, pubescentes sur les deux faces, devenant brillantes en dessus, grisâtres en dessous.
Le fruit est une capsule brune, dressée, de 10 à 12 cm de long, s'ouvrant en 5 valves ligneuses. Au centre : une columelle à 5 côtes concaves, aux arêtes aiguës, porte des graines plates, ailées unilatéralement, de 6 cm environ.

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51/ TRICHILIA EMETICA (Méliacées)

Bambara :
sènsànjɛ * / sòlafinsan *
Malinké : sùlafìnsan, wara-ka-tìga

Petit arbre (3 à 10 m de haut) des savanes boisées soudano-guinéennes. Écorce liégeuse.
Feuilles en touffes au sommet d'épais rameaux. Rachis de 10 à 30 cm. Feuilles imparipennées, à 5 ou 7 paires de folioles opposées ou sub-opposées, oblongues, de 6 à 10 cm sur 3 à 4, les folioles inférieures plus courtes. Pétiole épaissi à la base, long de 5 à 12 cm avant la première paire de folioles, courtement tomenteux. Le dessus du limbe est glabre, et le dessous finement pubescent.
Fleurs en racèmes au sommet des rameaux, de 3 à 8 cm. Fleurs blanches à 5 pétales oblongs, repliés vers l'extérieur. Les filets des étamines ne sont soudés que sur la moitié de leur longueur.
Les fruits sont des capsules veloutées, devenant rouges puis brunes, de 2 à 3 cm de longueur, à 3 valves (d'où le nom 'trichilia', … bien qu'il y en ait quelquefois 4!) contenant 3 graines noires.

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52/ ACACIA AMYTHETOPHYLLA (Mimosacées) / = A. MACROTHYRSA

Bambara 
: (?)

Arbre de 4 à 12 m de haut des savanes guinéennes et soudano-guinéennes, peu répandu en dehors de la région de Bobo-Dioulasso et Boromo. Remarquable quand il est en fleurs par ses panicules de 30 à 40 cm de long, dressées, terminales, au sommet de l'arbre.
Grandes feuilles : 20 et plus paires de pinnules : avec 50 ou plus de paires de foliolules.
Fleurs en capitules jaunes-orangé de 10 mm.
Les épines sont curieusemnt dressées sur le rameau : par paires, soudées à la base, courtes mais épaisses et droites. Certains rameaux sont inermes.

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53/ ACACIA ATAXACANTHA (Mimosacées)

Bambara :
tufin * / bonsonnin / kɔrɔcɔ
Malinké : waradinwarasa, wɔlidinwarasa

'Ataxia' =
désordre. 'Acantha' = épines : acacia à épines éparses.

C'est une liane épineuse qui forme des buissons impénétrables ou monte aux arbres jusqu'à 10 m de haut.
Rachis de 10 cm, 5 à 12 paires de pinnules de 3 à 4 cm portant 30 à 40 paires de petites foliolules d'à peine 1 mm de large sur 5 mm de long. Une glande avant la base de la première paire de pinnules.
Épines sur le rachis, sur les rameaux, sans ordre.
Les fruits sont des gousses plates, rouges-brunâtres, un peu boursoufflées de 10 cm de long sur 12 à 15 mm, contenant 6 à 7 graines.

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54/ ACACIA DUDGEONI (Mimosacées) / = A. SENEGAL var. SAMORYANA

Bambara :
ŋɔnifin */ donkori, patugu
Malinké : donkoto, patuki

Gérard Dudgeon est un botaniste anglais.

Arbuste de 2 à 8 m de haut, en zone sahélo-soudanienne et soudano-guinéenne. Il ressemble à l'A. SENEGAL, le gommier, mais vivant sous climat plus humide, il a un appareil foliacé plus développé, pubescence plus fournie, et ne fait pas de gomme (d'après Aubréville).
Fût et rameaux rougeâtres, écorce écailleuse. Rachis poilu hirsute. 7 à 14 paires de pinnules, foliolules de 1 à 2 mm de large.
Épines par 3, au dessous des nœuds : la médiane courbée vers le bas, les 2 latérales vers le haut. Toutes sont courbées, pas droites.
Inflorescences en chatons blancs, très fournis.
Fruits : gousses de 10 à 12 cm, plates, membraneuses.

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55/ ACACIA ERYTHROCALYX (Mimosacées) / = A. PENNATA

Bambara :
kɔ̀ri *

Liane épineuse comme la précédente, avec de nombreuses épines sur les rameaux. Mais les feuilles sont plus grandes (15 à 30 paires de pinnules, portant 60 à 80 foliolules).
Les inflorescences sont en capitules blancs, alors qu'elles sont en épis (en chatons) pour la précédente.

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56/ ACACIA GOURMAENSIS (Mimosacées)

Bambara : (?)

Arbuste de 2 à 3 m de haut, épineux, à épines crochues très aiguës, par deux, faisant entre elles un angle de 90° ; entre les épines, noires, il y a deux feuilles et une inflorescence.
Feuilles bi-pennées, de 4 à 5 cm de long, avec 4 (parfois 5) paires de pinnules, mais chaque pinnule ne porte qu'une paire de folioles. Les foliolules sont elliptiques, presque orbiculaires, relativement grandes, de 7 à 8 mm de long, multinervées à la base (rappelant les feuilles de Bauhinia rufescens, en tout petit).
Les inflorescences ressemblent à celles de l'Acacia Senegal : épis de 4 à 5 cm de long, avec une dizaine de paires de petites fleurs de 5 mm, très odoriférantes.
Cette espèce ne se distingue que par le nombre de pinnules (4 au lieu de 2) d'A. Mellifera ; mais ce dernier pousse dans les pays très secs riverains de la Mer Rouge, et 'Gourmaensis' ne se trouve qu'au Burkina (au Gourma et alentours), au Nord Ghana, Nord Togo, Nord Bénin, en climat de savane boisée nettement plus humide. (photos prises près de Fada Ngourma et de Legmoin en pays Dagari, rive droite de la Volta Noire).

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57/ ACACIA MACROSTACHYA (Mimosacées)

Bambara :
pɔrɔtɔŋɔni * nsòfàràŋɔni * / ŋɔnijɛ * / walidenpuruti * 
Malinké : sàfàràŋɔni
Mooré : zamenega (… à gros épis de fleurs)

Arbuste sarmenteux qui peut s'élever à plusieurs mètres de haut et faire un tronc de 15 à 20 cm de diamètre. Semble se plaire sur les cuirasses latéritiques. Très répandu dans tout le Burkina.
Rameau-épines-glandes.
Les feuilles bi-pennées sont alternes ; le rachis, long de 12 à 20 cm, porte 15 à 20 pinnules longues de 3 à 5 cm, et chaque pinnule porte 30 à 40 paires de foliolules linéaires, longues de 4 à 6 mm et larges de moins d'un millimètre. Le pétiole, élargi à la base porte une grosse glande avant la première paire de pinnules. Il y a souvent deux stipules foliaires à la base du pétiole. Sur le rameau, au milieu des inter-nœuds, deux fortes épines courbes, opposées de chaque côté du rameau, dirigées vers le bas.
Vers le sommet du rachis, il y a une glande à la base des 4 ou 5 dernières paires de pinnules, et souvent des épines courtes sous le rachis.
Inflorescences : ce sont de gros épis axillaires de 7 à 10 cm de long, larges de plus de 2 cm, très fleuris. Ils donnent le nom à la plante.
Fruits pendant dans l'arbre : gousses plates, d'abord pubescentes, puis glabres, rougeâtres, coriaces, de 10 à 15 cm de long, sur 1,5.
La gousse contient quelques graines, petites, 3 ou davantage (7 à 8) qui servent à l'alimentation dans certaines régions (Ouahigouya).

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8/ ACACIA NILOTICA (Mimosacées) /= A. SCORPIOIDES adstringens var. adansonii

Bambara :
bàanan * [bwànan] / bàgànan * / bàgànànjiri *
Mooré : pernanga

C'est une variété de terrain sec, en zone sahélo-saharienne et soudano-sahélienne. Souvent planté dans les villages en raison de la teneur élevée en tanin dans son écorce et les gousses, utilisé pour tanner les peaux. Il peut atteindre 15 m de haut. Le feuillage est léger, l'écorce foncée, presque noire.
Arbre en fleurs, dans une cour de village ; on devine des fruits en bas et des fleurs en haut.
Fleurs : inflorescence en capitules sphériques, jaune d'or, axillaire ou en verticille au sommet du rameau ; capitule large de 10 à 15 mm, formé de nombreuses petites fleurs, longues de 7 mm dont 3 mm pour le calice et la corolle et 4 mm pour les étamines, qui sont nombreuses.
Fruits dans l'arbre : production abondante.
Fruits de près : gousse pubescente, grise à maturité, indéhiscente, longue de 10 à 15 cm, large de 1,5 à 2 cm., festonnée sur les bords ; elle contient une douzaine de graines. C'est ce fruit, festonné plus ou moins profondément, qui est caractéristique du genre scorpioides.

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59/ ACACIA NILOTICA scorpioides pubescens (Mimosacées)

Bambara :
bàanan * / bàgànan * / bàgànànjiri *

Grand arbre (jusqu'à 20 m de haut) sahélo-soudanien de zones inondables (ici : rives d'un marigot).
Les feuilles sont toutes petites (6 cm de long). 4 à 6 paires de pinnules opposées de 2,5 cm avec 20 à 25 foliolules de 3 mm de long, sur moins d'un mm de large. Le rachis est couvert de gros poils hirsutes. Cela fait quand même une belle cime, vue de loin.
Les fleurs sont semblables à celles de terrain sec, ci-dessus.
Le fruit est une gousse profondément étranglée entre les graines (il est vrai que celui qu'on voit sur la photo est vieux d'un an).
Chez les 2 espèces ci-dessus : 2 épines droites, de 2 à 3 cm à la base du pétiole des feuilles. Elles sont plus petites ou manquent parfois tout à fait chez Nilotica.

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60/ ACACIA POLYACANTHA campylacantha (Mimosées) / = A. CAFFRA campylacantha

Bambara :
gorogoro * / kɔ̀ŋɔni 
Malinké :  kuruna
Mooré : gwaaga

Arbre moyen, jusqu'à 15 m de haut, en terre humide, voire inondée une partie de l'année.
Écorce gris-blanchâtre. Rameaux étalés comme un candélabre sur lesquels jeunes feuilles et fleurs se tiennent raides comme des bougies.
Feuilles à 10 paires de pinnnules, avec 30 à 45 paires de foliolules. Épines incurvées, épaisses, courtes (il y a pourtant des rameaux inermes) dans le prolongement l'une de l'autre ou faisant un angle de 90°.
Fleurs blanches en épis axillaires de 8 à 10 cm.
Fruits en gousses plates, droites, de 15 cm sur 2.

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61/ ACACIA SEYAL var. Boboensis syn : stenocarpa (Mimosacées)

Bambara :
nsaajɛ * / saajɛ, sagyɛ
Malinké : saningɛ,

Sejal est son nom arabe.

Arbuste de 2 ou 3 m de haut. C'est une espèce sahélienne et soudano-sahélienne.
Les rameaux sont bruns, bruns-rouges ou rouges.
Feuilles : un rachis de 4 à 8 cm avec 6 à 8 paires de pinnules, 25 paires de foliolules sur chacune. Le rachis est criblé de petites écailles noirâtres sur le dessus seulement.
Épines droites, acérées, blanches, par paires à la naissance des feuilles, dans un plan perpendiculaire au rameau et faisant entre elles un angle d'un peu plus de 90°. 4 à 5 cm de long.
Fleurs : capitule sphérique jaune de 12 à 15 mm sur un pédoncule de 2 à 5 cm, avec une petite bractée au milieu. Odoriférantes.
Fruits falciformes, plats, étroits (moins d'un cm.) longs de 10 à 11 cm (développés, sinon la pointe rejoint presque l'origine) présentant de faibles étranglements entre les graines ; 5 à 6 pendent du même capitule de fleurs, sommet en long bec ; chaque gousse contient 5 à 8 graines.

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62/ ACACIA SIEBERIANA (Mimosacées)

Bambara :
nsaajɛba * / bàgìjɛ * ntwajɛ *
Mooré : go-pelgo

Dédié à Franz Sieber, botaniste tchèque du 19° siècle.
C'est un des plus grands parmi les acacias. Il peut avoir 15 à 20 m de haut. Répandu un peu partout au Burkina, avec beaucoup de variations suivant le site, sec ou humide, rocheux …
Tronc- écorce : écorce plutôt lisse et d'une couleur jaune-crème caractéristique chez les jeunes arbres ; chez les vieux sujets, l'écorce est écailleuse, mais dans la cime les branches conservent leur couleur jaune.
Feuilles- épines : rachis de 6 à 12 cm, portant 8 à 15 pinnules de 3 à 4 cm, avec chacune 30 à 40 paires de folioles, de 3 à 4 mm de long et à peine un mm de large. Pétiole de 1 ou 2 cm, avec une glande avant la première paire de pinnules, et une autre glande à la base des deux dernières paires de pinnules, sur le rachis. À la base pétiole : 2 épines blanches, longues de 10 à 15 cm, formant entre elles un angle droit.
Fleurs : en capitules sphériques, blancs, au sommet de pédoncules de 3 à 5 cm, à l'aisselle des feuilles, par 3 ou 4.
Fruits : grandes gousses épaisses, ligneuses, de 12 à 15 cm de long sur 1,5 à 2 de large, glabres, sommet en coin.
Les grands arbres, avec les dimensions ci-dessus, se trouvent près des marigots ou les pieds dans l'eau. En terrain sec, on peut trouver : épines de 3 cm, feuilles de 7 cm avec 22 paires de pinnules, chacune de 2 cm de long, avec des foliolules minuscules de 2 mm de long et 0,5 mm de large.
Fruits : 11 cm de long sur 2 de large. Le rachis est nettement 'poilu' (villosum) ; les glandes y sont, mais minuscules. (Sur la route de Bobo à Ouagadougou, après Kokolibou, petit peuplement en fleurs et en fruits le 15/1/1984).

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63/ ALBIZIA CHEVALIERI (Mimosacées)

Bambara :
gòlòcɛ *

Petit arbre, maximum 12 m, cime très branchue, rameaux étalés et retombant, formant parasol (c'est le petit arbre du premier plan sur la photo, celui qui est en fleurs). Sahélo-soudanais.
Feuillage très fin, à apparence d'Acacia : feuilles bi-pennées, à 8 ou 12 paires de pinnules, 20 à 40 paires de foliolules d'environ 10 mm de long sur 2 à 3 de large, ovées, oblongues ; il y a une glande saillante sur le pétiole.
Fleurs en capitules sphériques, pédonculés, par 1 à 3 à l'aisselle des feuilles. Chaque fleur n'a que 5 mm, mais il en sort des étamines blanches, longues de 20 mm. Apparence commune aux Albizzia.
Les fruits ont 10 à 15 cm sur 2 à 2,5. Ils contiennent 3 à 4 graines rondes d'environ 8 mm. Ils restent sur l'arbre jusqu'à l'année suivante, alors que fleurs et jeunes feuilles ont déjà repoussé.

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64/ ALBIZIA MALACOPHYLLA (Mimosacées) / = A. BOROMOENSIS 

Bambara :
gòlòjɔn * / gòlòmuso *

Petit arbre des savanes guinéennes et des galeries forestières (assez rare d'après Geerling). Aubréville n'était pas arrivé à l'identifier et en avait fait une espèce nouvelle (de Boromo) tout en disant qu'il était proche parent de plusieurs autres espèces existant dans plusieurs pays d'Afrique de l'Est (là-bas, on l'appelait de l'Ouganda 'Ugandensis'). Aubréville le disait endémique au Soudan Français et en Côte d'Ivoire, sans y être fréquent.
Photographié en juillet 1983 près du mur du Carmel de Moundasso (près Dédougou) à un endroit proche de la galerie détruite du marigot. Plusieurs repousses dans les environs. Le taxon photographié semblait plus jeune que le mur du Carmel (3 ans) mais atteignait 3 à 4 m de haut.
Il peut atteindre 10 m. Écorce très crevassée et liégeuse ; feuilles bi-pennées, pétiole de 10 cm portant une glande en son milieu ; rachis de 28 cm dont 10 avant la première paire de pinnules. 4 paires de pinnules de 15 cm, portant 5 à 8 paires de foliolules de 4 cm à forme caractéristique obliquement obovée (nervure centrale en diagonale). Rachis pubescent. Les rachis secondaires portent à la base deux petits appendices linéaires pubescents, caducs à la longue. Les foliolules sont arrondies au sommet qui est parfois légèrement émarginé ou au contraire mucroné. Les deux foliolules terminales sont tout à fait obovales.

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65/ ALBIZIA ZYGIA (Mimosacées)

Bambara :
tomongɔyin * / jereka

Dédié à Filippo Degli Albizzi, naturaliste italien du 18° siècle.

Grand arbre de 20 m de haut en forêt guinéenne ou en galerie forestière (ici massif du Kou près de Dinderesso).
Feuilles bi-pennées à 2 ou 4 paires de pinnules qui portent 2 à 5 paires de foliolules de 6 cm de long, sessiles, plus ou moins falciformes, surtout les dernières.
Le fruit est une gousse plate, oblongue, à valves papyracées. Les graines y sont attachées par d'assez longs funicules. La légèreté des fruits permet au vent de les disséminer, comme s'il s'agissait de fruits ailés

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66/ DICROSTACHYS CINEREA (Mimosacées) / = D. GLOMERATA

Bambara :
nkìlìki * / ngìlìki
Mooré : susutga

Dicros =
de deux couleurs, stachus = épis / épis floraux moitié mauves, moitié jaunes.

Arbuste épineux et envahissant, répandu depuis la forêt jusqu'au Sahara. Souvent buissonnant, il peut se dresser jusqu'à 2 à 3 m de haut (tronc bien formé, avec des épines).
Feuilles bipennées alternes comme des feuilles d'acacia. Rachis plutôt court, 4 à 8 cm, avec 5 à 8 paires de pinnules de 3 à 4 cm, 15 à 20 paires de foliolules de 4 à 5 mm de long sur 1 mm de large. À la base du pétiole, une ou deux épines droites, qui peuvent porter un bourgeon : ce sont des rameaux modifiés.
Les fleurs sont des épis pédonculés, tombants, de 6 à 8 cm de long. La partie supérieure est plus large et moins longue que la partie inférieure : en haut, fleurs roses ou mauves avec de longs staminodes, stériles. La partie du bas comprend des fleurs hermaphrodites jaunes, plus petites.
Les fruits sont des gousses indéhiscentes, entortillées, qui s'enchevêtrent les unes dans les autres.
Chacune contient quatre petites graines noires.

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67/ ENTADA ABYSSINICA (Mimosacées)

Bambara :
sàmanɛ̀rɛ * / sàmànɛ̀rɛ̀muso

'Entada' est le nom de l'arbre à Malabar.

L
es Entada sont des arbustes qui ressemblent à des acacias, mais qui n'ont pas d'épines et portent des fruits assez particuliers. Cette espèce Abyssinica vient dans les zones humides ou inondables (ici : lit majeur de la Volta Noire). E. Abyssinica se distingue des autres par ses folioles qui sont les plus petites et les plus nombreuses. Il y a 10 à 18 paires de pinnules et chaque pinnule a de 25 à 50 paires de foliolules de 10 mm de long sur 2 ou 3 de large.
Les inflorescences sont des épis, jaunes, à l'aisselle des feuilles terminales fasciculés par 3 ou 4.
Les fruits sont des gousses larges de 4 à 7 cm, qui se désarticulent à maturité, mais dont les graines ne sont pas proéminentes comme celles de l'E. Sudanica.

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68/ ENTADA AFRICANA (Mimosacées) / = ENTADA SUDANICA

Bambara 
:
sàmanɛ̀rɛ * / sàmànɛ̀rɛ̀cɛ /jimijama
Mooré : seonego


Il est très fréquent dans tout le Burkina. La dimension et la forme des foliolules font que cette espèce rappelle moins un acacia qu'un Prosopis.
Feuilles bi-pennées, rachis de 25 à 30 cm, avec une gouttière, et 4 ou 5 cm avant la première paire de pinnules. Il y a 4 à 7 paires de pinnules de 15 à 20 cm, avec 15 à 25 paires de foliolules longues de 15 à 20 mm et larges de 4 à 6., à sommet arrondi et base dissymétrique.
Fleurs en épis, de 7 cm environ, fasciculés à l'aisselle des feuilles, et blanc-jaunâtre.
La gousse a de 15 à 35 dm, sur 5 à 6, contient une douzaine de graines situées au milieu de la largeur de la gousse, qui s'en trouve épaissie de 7 à 8 mm.
Le fruit mûr se démembre : les articles de la gousse, indéhiscents, se séparent les uns des autres et tombent, ne laissant que la suture qui entoure la gousse.

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69/ FAIDHERBIA ALBIDA (Mimosacées) / = ACACIA ALBIDA

Bambara :
balansan * / alasɔsɔjirinin * /
Mooré : zaanga

C'est un grand arbre qui atteint 20 m de haut, avec une racine pivotante pouvant aller jusqu'à 15 et 20 m de profondeur. Ce qui explique la survie d'un de ces arbres en plein désert du Ténéré, au Niger. En outre, il est original en ceci que les feuilles tombent au début de la saison des pluies et repoussent au début de la saison sèche durant laquelle l'arbre reste vert contrairement à la généralité des arbres de la région. Durant la saison sèche, il donne une ombre épaisse sous laquelle s'abrite le bétail. Dénudé en saison des pluies, il permet de cultiver le terrain ensoleillé tout autour de lui, améliorant la fertilité du sol par ses racines qui apportent de l'azote, (azote qui s'ajoute au fumier déposé en saison sèche par le bétail.
Il produit aussi des fruits qui sont une bonne nourriture pour les troupeaux et fournit un bois assez tendre et facile à travailler. Tout cela en fait un arbre particulièrement précieux. Avec la décoction de l'écorce, légèrement sucrée, on fait un remède contre la coqueluche.
En pleine végétation, donc en saison sèche, les jeunes rameaux sont blancs argentés et se développent ordinairement en zigzag. Les feuilles, gris-vert, sont plutôt petites, bipennées. Rachis long de 5 à 10 cm portant 3 à 9 paires de pinnules de 2 à 4 cm, avec de 9 à 15 paires de petites folioles oblongues de 4 à 7 mm sur 2 ou 3 de large. Le rameau est blanc.
Quand il est dépouillé, en saison humide, le rameau apparaît encore plus blanc. Il y a 2 épines droites, blanches, plutôt courtes, trapues, au point d'insertion des feuilles.
Les fleurs sont des épis axillaires (non des capitules) de 7 à 10 cm. Les petites fleurs sont blanches ou crème. Elles apparaissent à la fin de la saison des pluies, ce qui est aussi le fait de plusieurs autres espèces d'acacias ; mais ce qui est spécial au Faidherbia, c'est que les feuilles poussent en même temps.
Les fruits sont des gousses épaisses, de 10 à 15 cm de long, 2 cm et demie de large, repliées généralement en arc de cercle.

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70/ MIMOSA PIGRA (Mimosacées)

Bambara : i-ɲɛ-tugu, i buranmuso-bɛnà

C'est un buisson épineux, en zone inondée (un repaire de mouches tsé-tsé).
Inflorescences en capitules roses-mauves.
Fruits : gousses jaunâtres, hirsutes, de 3 à 4 cm.

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71/ PARKIA BIGLOBOSA (Mimosacées)

Bambara :
nɛ̀rɛ *
Malinké : nɛ̀tɛ
Mooré : doâga

Mimosées : du grec 'mimos' (imitateur) : imite des réactions animales, se ferme quand on touche la feuille.

Mungo Park : explorateur écossais du 19° siècle. Le premier à avoir atteint le Niger en partant de la Gambie.

Arbre protégé lors des défrichements et dans les jachères. Un des plus répandus en zone de savane arborée ou boisée.
Grand arbre de 10 à 15 mètres de haut, à port en parasol.
Feuilles : elles sont alternes, bi-pennées, rachis de 20 à 40 cm portant 10 à 15 paires de pinnules longues de 12 à 15 cm. Chaque pinnule porte 30 à 60 paires de folioles, oblongues, qui se replient dès qu'on touche la feuille, comme font les mimosées.
Les folioles sont à base dissymétrique, auriculées du côté inférieur. C'est un critère qui permet d’identifier la plante, quand elle est encore petite car il y a beaucoup d'autres espèces de mimosées.
Arbre en fleurs : les fleurs. Ordinairement l'arbre ne perd pas entièrement ses feuilles pendant la saison sèche. Il en porte encore de vieilles au moment de la floraison vers février-mars.
Les petites fleurs rouges, linéaires, sont portées par des réceptacles en massue qui pendent au bout d'un long pédoncule de 10 à 15 cm. Le capitule entier forme une boule rouge de 4 à 5 cm de diamètre, très décorative. Ce capitule sphérique est surmonté d'une autre partie globuleuse, beaucoup plus petite, dont les fleurs sont stériles. Cela fait deux globules l'un sur l'autre, d'où le nom de 'biglobosa'.
En enlevant la moitié des petites fleurs linéaires, on voit le réceptacle en massue, et les fleurs, rouges : à la base se trouve une bractée blanche, appliquée contre le calice qui comporte 5 dents inégales et 5 pétales soudés entre eux, 10 étamines soudées à la base. Chaque petite fleur donne un fruit très gros qui reste attaché à la masse globuleuse.
Voici, dans l'arbre, des fleurs et des fruits, qui sont comme de gros haricots. Chaque capitule porte plusieurs fruits, pas autant cependant qu'il n'y avait de petites fleurs. Il y a toujours un coulage important.
Voici des fruits vus de plus près, encore dans l'arbre. Les gousses ont 25 à 30 cm de long sur 15 à 20 mm de large ; les fruits sont aplatis, d'abord verts, puis brun foncé à maturité.
Voici des fruits mûrs, ouverts ; la gousse contient des graines noires, entourées d'une pulpe farineuse jaune qui remplit toute la gousse. La pulpe est comestible, de même que les graines, qui servent à faire un mets apprécié qui s'appelle en bambara le 'sunbala'. 
Le sunbala est fait de graines légèrement cuites et pressées sous forme de grosses boules vendues sur les marchés. Comme ce produit fermente toujours un peu, il dégage une odeur très caractéristique qui est celle de tous les marchés soudanais (cela rappelle le fromage de roquefort). Le sunbala entre dans la composition d'une sauce qui accompagne la bouillie de mil, aliment principal dans ces régions.

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72/ PROSOPIS AFRICANA (Mimosacées)

Bambara :
gele * [gwele]
Malinké : gele, ɲebete
Moore : nyurisege

C'est le nom grec, adopté par Linné, d'une plante qui n'est pas le Prosopis !!!

C'est un bel arbre de forêt sèche à légumineuses de toute la zone soudanienne. Il vient bien au Burkina, au sud du 12° parallèle (Ouagadougou). Il atteint 7 à 14 m de haut.
De plus près : son bois, rouge, est dur et lourd, imputrescible, inattaquable aux termites. Il donne un charbon de bois excellent. C'est le meilleur bois à charbon pour les forgerons. Comme bois de feu domestique, certaines femmes le trouvent même trop fort. Il donne trop de chaleur et risque de brûler le contenu de la marmite ! Malheureusement, il est sur-exploité actuellement pour la fabrication du charbon, et il est en voie de disparition...
L'écorce est noirâtre, très écailleuse.
Ramure : le feuillage est très léger, les feuilles sont retombantes, d'un vert clair, tirant sur le bleu. Il rappelle celui des 'faux poivriers' qu'on trouve ici dans les jardins.
Les feuilles sont bi-pennées. Le pétiole est épaissi à la base ; il est long de 2 à 4 cm avant la première paire des pinnules. Il y a une glande généralement à la base de chaque paire de pinnules et de folioles. Le rachis est un peu pubescent, long de 10 à 15 cm, portant 3 à 6 paires de pinnules opposées, longues de 5 à 8 cm. Chacune porte 9 à 16 paires de folioles opposées oblongues de 2 à 3 cm de long sur 5 à 10 mm de large, arrondies à la base, à sommet en pointe assez aiguë.
Les fleurs sont en épis axillaires jaunâtres, isolés deux par deux. L'épi a de 6 à 8 cm de long et 15 mm de large. Les étamines ont le double de la longueur de la fleur. Ces fleurs apparaissent en avril.
Le fruit : c'est une gousse ligneuse ; brun-rouge foncé, longue de 10 à 15 cm, cylindrique, de 2 cm et demi de diamètre, cloisonnée entre les graines par une membrane.

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73/ TETRAPLEURA ANDONGENSIS (Mimosacées)

Bambara : (?)

Tétra = 4, 'pleura' =
côte, allusion aux 4 côtes du fruit.

Un grand arbre de 15 à 20 m de haut, de zone soudano-guinéenne, mais rarement rencontré au Burkina (observé près de la grand route de Bobo à Banfora, après Peni, sur le bord d'une petite galerie).
Chez les jeunes feuilles, le rachis est jaune ou rougeâtre ; feuilles bi-pennées de 20 à 30 cm de long, avec 2 à 5 paires de pinnules opposées, portant chacune 7 à 8 paires de folioles alternes. Ces foliolules ont de 10 à 15 mm de long, et 7 à 9 de large ; elles sont arrondies et émarginées au sommet.
Les fleurs viennent sur des épis simples, fasciculés, au sommet des rameaux.
Le fruit est une gousse ligneuse de 10 à 15 cm sur 3 ou 4 de large, à 4 côtes ligneuses.
La coupe transversale est généralement nettement quadrangulaire.
Certains fruits ont des ailes plus saillantes qui feraient penser au Tetrapleura Tetraptera.

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74/ ANTIARIS AFRICANA (Moracées)

Bambara :
kàlàbanan * / fùjiri

Nom de famille, de 'morus' (
mûrier en latin), 'antiar' est le nom javanais d'une espèce voisine.

Arbres : grand arbre, au port d'arbre de haute futaie dense, humide. Fût rectiligne, libre sur une grand hauteur. Reste de forêt guinéenne, à l'abri des feux de brousse, dans des rochers ou dans un bois sacré comme ici à Itolo (entre Loumana et Baguera). Tronc gris-argenté, de 15 ou 20 m de haut. Arbre à latex blanc.
Feuilles alternes, entières, de 8 à 12 cm sur 5 à 10. Le limbe est scabre. Base arrondie dissymétrique, moins large que le milieu du limbe. Poil ras dessus et dessous. Réseau de nervilles proéminent dessous.
Fruit : drupacé, charnu, ellipsoïde, de 1,2 à 2 cm, courtement pédonculé. Velouté, devient rouge en murissant. Contient une seule graine. L'espèce est dioïque.

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5/ CHLOROPHORA EXCELSA (Moracées)

Bambara : sili

C'est l' iroko des forestiers français.

Très grand arbre de forêt humide, mais essence de lumière. Beau bois brun (celui du Gabon a un bois jaune). S'accommode en savane, mais les feux de brousse détruisent la majorité des semis. Remonte assez haut dans les galeries forestières. Très répandu dans les forêts décidues de Côte-d'Ivoire, plus rare dans les forêts sempervirentes ; ne se régénère que dans les clairières (à la lumière). Arbre à latex blanc. Cime en forme de pyramide renversée, composée d'une gerbe de grosses branches et de nappes de feuillage étalées, très ajourées, claire. Fût cylindrique, bien régulier jusqu'à 28 m avant les branches. Diamètre : 1,70 m. Pas d'empattement à la base. Le sommet de la pyramide des branches est situé plus ou moins haut sur le fût selon que l'arbre pousse dans la forêt ou au-dessus de la brousse secondaire.
Les dernières stations vers le nord du Burkina sont celles des sources de la Volta Noire et de la Comoë (ici : Toussiana).
Différence avec l'Antiaris : ce dernier a un faisceau de branches moins fourni, un feuillage plus sombre et un tronc à surface blanchâtre, tandis que l'Iroko a l'écorce rugueuse, écailleuse brun sombre ou noirâtre.
Feuilles oblongues elliptiques, très courtement acuminées, arrondies à la base ou plus ou moins cordées. Bords entiers, légèrement ondulés, parfois légèrement denticulés. 6 à 16 cm de long sur 6 à 8 de large. Pétiole : 3 à 6 cm.de long sur 6 à 8 de large. Pétiole : 3 à 6 cm. 15 à 18 paires de nervures jaunâtres, saillantes dessous. Douces au toucher en dessous, parfois veloutées, présentant toujours, même chez les vieilles feuilles, une pubescence caractéristique, très fine, mais très dense entre les nervilles (visible avec une forte loupe). Les nervilles un peu saillantes, et larges par rapport à l'espace où se trouve la pubescence, forment un reticulum très serré. (Les feuilles des Antiaris, elles, sont scabres en dessus, pileuses ou scabres en dessous).
Les galles retardent souvent la croissance de l'Iroko, rapide au début, mais retardée ensuite pendant 2 à 3 ans.
La feuille d'un jeune sujet, ou d'un rejet, est très différente de la feuille adulte : lancélolée, dentée, couverte de longs poils.
L'Iroko est dioïque. Nous voyons ici des inflorescences mâles, en épis de 15 à 20 dm. Chaque fleur est large de 6 à 8 mm.
Les inflorescences femelles sont plus courtes : 3 à 4 cm, et les fleurs plus larges (14 à 19 mm).

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76/ FICUS ABUTIFOLIA (Moracées) / = FICUS KERSTINGII

(remarque : la distinction, l'identification des espèces du genre 'Ficus' laisse perplexes même des forestiers chevronnés.)

Bambara : (?)

Arbre en station rocheuse, en début de végétation.
Rameau fructifère. Figues de taille moyenne, obovoïdes, pédoncule relativement long.
Feuille longuement ovée, suborbiculaire, profondément cordée. 5 à 7 paires de nervures latérales.

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77/ FICUS CORDATA (Moracées) / = FICUS LECARDII

Bambara 
: (?)

Rameau fructifère. C'est un petit arbre, de 6 m de haut, lui aussi commun dans les rochers des falaises de Banfora. On le reconnaît facilement à ses petites feuilles courtement ovales, à peine plus longues que larges (5 à 8 cm sur 4 à 6), brillantes dessus, au long pétiole grêle, et à ses toutes petites figues sessiles ( de 6 à 8 mm). Cet arbre était planté autrefois comme arbre d'ornementation dans la plupart des rues d'Alger ; et les élèves de 6ème lançaient ces petites figues sur les copains, avec de petites sarbacanes …

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78/ FICUS EXASPERATA (Moracées)

Bambara :
nsoroŋɛɲɛ * /

Buissons photographiés à Samandeni sur les bords de la Volta. (Ne se distingue pas de la végétation ordinaire' (Aubréville FFCI p. 335). Il faut vraiment voir les petites figues pour croire que c'est un Ficus. Il ne donne pas de latex.
Les feuilles ne sont pourtant pas banales : plutôt petites (moins de 10 cm sur 5) ovées elliptiques, plus ou moins dentées dans la partie supérieure, courtement acuminées. Très scabres sur les deux faces. 3 à 5 paires de nervures latérales. Il faut beaucoup de bonne volonté pour reconnaître qu'elles sont trinervées à la base (les 2 nervures latérales sont très petites comparées à la centrale. Les feuilles sont parfois opposées et parfois alternes. Le pédoncule est court (quelques mm) poilu et scabre comme les feuilles. Le limbe est criblé de points noirs et de toutes sortes de glandes.
Les petites figues axillaires ont plus ou moins 10 mm ; elles sont solitaires, courtement pédonculées (2 à 3 mm), pédoncule scabre, avec des poils et aussi de petites bractées, comme des écailles. (sur un pédoncule comme sur la figue on voit alors des points blancs à l'oeil nu, comme sur les fruits du Parinari curataefolia.

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79/ FICUS GLUMOSA (Moracées)

Bambara :
nsɛrɛbilen *

Arbre des galeries forestières (galerie de la Guimpy). Petites feuilles semblables à celles de F. Lecardii, mais elles sont légèrement cordées, et les petites figues sont lenticellées. (identifiées par le Dr Pierre Morel).

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80/ FICUS OVATA (Moracées)

Bambara : kobobilen

Arbre des savanes guinéennes et des galeries (le P. Hengartner en avait planté un au CESAO, en terrain sec et il venait très bien). La forme de la feuille est assez caractéristique : Pétiole de 5 cm, faisant un angle net avec le plan du limbe qui a lui-même 15 à 20 cm ; base arrondie ou à peine rentrante, sommet en courte pointe obtuse, 7 à 10 paires de nervures secondaires, limbe luisant dessus, pas toujours nettement trinervée à la base. Ne rappelle pas du premier coup une feuille de Ficus.
Rameau fructifère : figues sessiles sur le rameau, une à l'axe de chaque feuille à l'extrémité des rameaux, larges de de 3 à 4 cm, parsemées de points blancs.

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81/ FICUS PLATYPHYLLA (Moracées)

Bambara :
nkaba *

Grand arbre : (20 m de haut) des savanes boisées soudanaises en stations humides (bas-fonds : ici Tondogosse, à 15 km au sud de Bobo) : une accumulation de grosses branches, vives ou mortes, dans tous les sens, inextricable.
Très grandes feuilles (20 cm sur 26) vert foncé, presque noir, dessus, grosses nervures blanches, gros bourgeon terminal.
Figues moyennes (1,5 cm) à pédoncule relativement long.
En bordure d'un marigot (Daramandougou, au sud de Toussiana) : racines adventices soutenant les longues branches horizontales.

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2/ FICUS SUR (Moracées) / = F. CAPENSIS

Bambara :
seretoro * / tòrònìnŋɛŋɛ * /

Rameaux fructifères. L'espèce se caractérise par les panicules de figues (3 à 5 cm de diamètres) insérés sur le tronc et sur les branches.
Arbre bas-branchu, commun au bord des rivières ou en bordure des vallées d'inondation. Tronc brun clair. Pas de latex dans l'arbre !
Feuilles : ovées elliptiques, obtuses ou courtement acuminées, base arrondie ou légèrement cordée. Jusqu'à 25 cm de long sur 12 de large, à bords dentés légèrement ou sinueux. Pétiole jusqu'à 7 cm.

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83/ FICUS SYCOMORUS gnaphalocarpa (Moracées) / = FICUS GNAPHALOCARPA

Bambara :
sùtoro *, tòròba
Mooré : kankanga

Arbre qui peut avoir 10 à 20 m de haut, de zone guninéenne et soudano-guinéenne (on le voit ici en hivernage, à Samandeni). Tronc grisâtre, lisse. On le trouve aussi en zone sahélienne, le long des cours d'eau.
Rameau fructifère, dans l'arbre, en station sèche. Figues de 3 à 4 cm, comestibles.
Feuille et fruit : limbe ovale, de 6 à 10 cm sur 4 à 7. Base trinervée, 4 à 6 autres nervures latérales, limbe scabreux.

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84/ FICUS THONNINGII (Moracées)

Bambara :
dubalen * / ndubalen* / dufalen *

Grand arbre à palabres. Originaire des galeries forestières, mais se trouve surtout planté dans les villages.
Racines aériennes, rognées par les villageois, pour en faire des remèdes.
Feuilles de 10 à 15 cm, pétiole de 5 à 6 cm.
Petites figues de 6 à 9 mm.

185/ FICUS TRICHOPODA
(Moracées) / = FICUS CONGENSIS

Bambara 
: (tòrònìn)kɔnkɔn *

Arbre de zones humides ou marécageuses (près de Siadedougou). Feuilles de 13 cm sur 10, pétiole de 3 cm. 9 paires de nervures latérales. La forme de la feuille est conforme au dessin d'Aubréville.
Petites figues (10 mm) par paires à l'axe des feuilles. Orifice des figues fermé par 2 petites bractées.

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86/ MORINGA OLEIFERA (Moryngacées) / = M. PTERYGOSPERMA

Bambara :
jirininbulu * / màsàjiri
Français : Ben ailé
Malinké : nsogalagandi
Mooré : arzantiga

Arbuste originaire de l'Inde, répandu aujourd'hui dans les lieux habités du Burkina-Faso. Il peut atteindre 8 m de haut. Il est très apprécié pour ses feuilles, qui sont consommées.
Feuilles : elles sont tripennées (30 cm de long 5 paires de pinnules qui se divisent elles-mêmes en 2 ou 3 paires de pinnules secondaires, divisées elles-mêmes en 1 ou 2 paires de folioles, plus une foliole terminale.
Fleurs : en panicule à l'extrémité des rameaux. Calice à 5 pétales inégaux (les 2 supérieurs sont plus petits) 5 étamines et 5 staminodes.
Fruits : c'est une capsule à section triangulaire, à surface bosselée, qui peut avoir jusqu'à 50 cm de long, dans laquelle les graines sont empilées. Les fruits verts, bouillis, sont comestibles.
Graines : chaque petite graine est munie latéralement de 3 ailes. Ces graines fournissent une huile fine qui a été employée autrefois en horlogerie (huile de Ben) et qui est aussi comestible.

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87/ SYZYGIUM GUINEENSE guineense (Myrtacées)

Bambara :
kɔ̀kisa * / kɔ̀ɲume * 

Arbre des galeries forestières, très fréquent dans le sud-ouest du Burkina-Faso . 15 m de haut.
Feuilles opposées, nombreuses nervures latérales parallèles.
Fleurs à 4 sépales ; les 4 pétales tombent dès que la fleur s'ouvre ; nombreuses étamines insérées sur le bord du calice.
Les fruits sont des drupes sub-globuleuses, violettes.

187 bis
/ SYZYGIUM GUINEENSE macrocarpum (Myrtacées)

Bambara : (?)

Arbre des savanes boisées, 10 m de haut. L'arbre est ici en fleurs.
Fleurs vues de près : les étamines sont blanches et très nombreuses ; elles donnent à la fleur l'aspect d'un glomérule de mimosées.
Les feuilles, de 8 à 12 cm sur 5 à 8 sont plus grandes que celles du S. Guineense ? Le pétiole et parfois une partie du limbe sont rouge-violacé.
Les fruits, de 15 à 25 mm, sont plus gros que ceux du S. Guineense.

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88/ LOPHIRA LANCEOLATA (Ochnacées) / = L. ALATA

Français : faux karité
Bambara : màkan * / màna * / mɛ̀nɛ
Malinké : kurusi

C'était un arbre commun des savanes boisées guinéennes. Il était nombreux dans le sud-ouest du Burkina-Faso, mais il est en voie de disparition. On ne voit guère que des repousses de souches anciennes.
La feuille est semblable à celle du karité, mais le limbe est plus long et le pétiole plus court ; le limbe a jusqu'à 30 cm de long sur 3 ou 4 de large. Le rameau ne donne pas de latex quand on le blesse ou qu'on arrache une feuille. Feuilles groupées en rosette à l'extrémité de gros rameaux à écorce ligneuse.
Les feuilles de rejet de souche, courtement pétiolées, sont très grandes, d'abord rouges ou jaunes dans la partie supérieure du limbe.
Fleurs dans l'arbre. Les inflorescences sont des panicules terminales de fleurs blanches, odorantes, mellifères, d'un bel effet.
Fleurs de près : 5 sépales, 5 pétales, étamines en nombre indéfini. Floraison en pleine saison sèche. Ovaire en forme de cône allongé.
Fruit : remarquablement ailé. 2 sépales extérieurs s'allongent inégalement, formant deux ailes ; la plus grande peut atteindre 10 cm de long. Le fruit est conique, subligneux, il contient une seule graine ovoïde, qui donne une huile abondante, sans odeur, sans goût, comestible.

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89/ OCHNA AFZELII (Ochnacées)

Bambara :
mànànìnncana *

Buisson (je ne l'ai jamais vu comme petit arbre) des zones guinéennes et soudaniennes. Ici : rameau fructifère. Les fruits, noirs à maturité, proviennent des 4 ou 5 carpelles d'une même fleur, qui se développent indépendamment après la chute des pétales alors que les sépales subsistent sous les fruits qui sont accrescents et deviennent rouges.
Vue des sépales sous les fruits et vue des fruits de près sur les sépales.
Feuilles : environ 8 cm de le long sur 3. Oblancéolées, finement dentées.
Inflorescences : fleurs à pétiole long, fasciculées sur le vieux bois, à l'aisselle des feuilles tombées.
Fleurs : 5 pétales jaunes-pâles et nombreuses étamines.
Les pétales sont très caducs. Ils tombent dès que le bouton éclôt. On constate qu'à ce moment-là les carpelles sont déjà fécondés et les fruits en formation sont visibles. Les sépales sont encore verts et pas encore agrandis.

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90/ OCHNA SCHWEINFURTHII (Ochnacées)

Bambara :
mànànìnncana* / ncǎna *
Malinké : manakɛni, mananincan

Se distingue du précédent par les feuilles, plus grandes (15 cm sur 6) sommet émarginé, dentelure plus grosse, forme obovale bien plus accentuée.
Rameau fructifère : blanchâtre ; la pellicule blanche se détache des rameaux quand ils sont âgés.

191/ OURATEA GLABERRIMA
(Ochnacées)

Bambara : findia

C'est un arbuste de galerie forestière, souvent un simple buisson, comme une liane. Les fleurs jaunes, en racèmes simples lâchement fleuris, ressemblent à celles de l'Ochna Scheinfurthii mais elles n'ont que 10 étamines, alors qu'il y en a beaucoup plus chez l'Ochna, et les pétales ne sont pas aussi caducs.
Fruits en formation : les 5 sépales subsistent et les carpelles se développent, indépendamment les uns des autres.
Les feuilles, alternes, ont environ 10 cm sur 3. Il faut y regarder de près pour voir que la marge du limbe est échancrée : il y a une nervure marginale qui présente un petit redent, très petit, tous les centimètres environ (invisible à l'oeil nu).

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92/ OLAX SUBSCORPIOÏDES (Olacacées)

Bambara : (?)

Buisson avec fruits.. C'est un arbrisseau de sous-bois en zone humide, qui remonte dans les galeries forestières de la zone guinéenne.
Rameaux fluxueux.
Les feuilles normales ont 10 cm de long sur 3 environ. Alternes, sub-sessiles.
À l'aisselle des feuilles normales, il y a de courts rameaux de 2 à 3 cm, eux-mêmes feuillés (mais ces feuilles sont toutes petites, moins d'un centimètre).
Fleurs à l'aisselle des feuilles : 5 pétales lancéolés qui se renversent vers l'extérieur.
Fruits : sphériques, 1,5 cm de diamètre, avec ce qu'est devenu le calice de la fleur légèrement accrescent, en cupule.

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93/ XIMENIA AMERICANA (Olacacées)

Bambara :
ntɔnkɛ * / nɔngwɛ
Malinké : tonke, syɛnɛ
Mooré : lenga

Fleurs et fleurs : arbuste de savane guinéenne et soudano-guinéenne. Feuilles de 3 à 7 cm sur 1,5 à 5, ordinairement repliées en gouttière, la nervure médiane étant arquée.
Fleurs minuscules très odorantes, avec 4 pétales oblongs-linéaires, au sommet replié vers l'extérieur et laissant voir leur face interne densément barbue. Il y a 8 à 10 étamines.
L'arbuste est parfois épineux, comme on peut le distinguer ici.
Les fruits sont des drupes, surmontées du reste du style. La pulpe est sucrée, comestible et très appréciée.

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94/ LINOCIERA LINGELSHEIMIANA (Oléacées)

Bambara : (?)
Malinké : kisa


Feuille entière. Arbuste des galeries ou des bords de ravin en zone guinéenne. Celui que j'ai vu (le 17/12/1976) avait 4 m de haut et 15 cm de diamètre, très droit, jaillissant d'un ravin, non lianescent, mais très branchu. C'est une espèce de la zone intermédiaire entre forêt sèche et forêt humide (voisin là où je l'ai vu de Zahana et de Malacantha alnifolia). Les feuilles sont opposées, sans stipule, glabres, ni anneau stipulaire. 13 cm sur 4,5, oblancéolées, acuminées mais finalement rétuses. Pétiole épais de 10 mm, comme formé par les 2 bords du limbe qui se replieraient l'un sur l'autre, de sorte que, dessous, la nervure centrale très proéminente, se voit comme la continuation du pétiole, et dessus, la nervure centrale, déprimée, prolonge le sillon formé par les 2 bords du limbe. Les nervures secondaires sont peu distinctes dessus ; dessous, on peut en compter 7 ou 8, assez effacées. Les nervilles sont indistinctes. Il y a des points glanduleux, verts, et d'autres noirs, sur les 2 faces ; et surtout à l'aisselle des nervures secondaires, sous le limbe, il y a une glande cratériforme, assez grosse, non pas ronde, mais ovale.
Les fleurs apparaissent en petites cymes axillaires, de 3 ou 4 cm de long, très odorantes. Toutes petites, elles ont la structure propre aux oléacées (comme le lilas en Europe). La corolle a deux paires de pétales, à bords repliés vers l'intérieur ; entre les 2 pétales de chaque paire, il y a une étamine, et, entre les 2 étamines, l'ovaire. Très curieux.

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95/ OPILIA CELTIDIFOLIA (Opiliacées)

Bambara :
kɔ̀rɔngɛ̀yin* / sòlamìnkɔn* / waramìnkɔn* / waradagwan*
Malinké : nɛnbɔɔsi
Mooré : wagsalgo

Arbuste sarmenteux des galeries forestières et des savanes boisées. Rameaux lenticellés ou craquelures blanches longitudinales.
Rameau florifère : petits racèmes axillaires de 3 à 5 cm. Fleurs jaunâtres fasciculées.
Les fruits sont des drupes ellipsoïdales de 2,5 cm sur 1,8 environ. Courtement pédonculées, jaunes à maturité.

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6/ PANDANUS sp.

Bambara : (?)
Malinké : dagi 

Ce sont de grandes plantes qui peuvent atteindre 10 m de haut. Le fût, est grêle et terminé par des touffes pendantes de grandes feuilles linéaires épineuses. Le fût peut pourtant se ramifier et porter 2 ou 3 verticilles de branches qui font penser à des cactus. Les feuilles sont découpées en dents de scie sur les bords, et munies, sur l'arête médiane, d'épines courtes et acérées.
Le fruit est une sorte de gros cône pendant. (Remarquer sur la photo le bord des feuilles, comme des rubans de scie).

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97/ SECURIDACA LONGIPEDUNCULATA (Polygalacées)

Bambara :
dìro *, jòro *, sǎtɛ̀nɛ * 
Malinké : kyèfèrèkè, jòto
Mooré : pelga

Petit arbre de 4 à 5 m de haut, commun dans les zones soudanais et guinéenne du Burkina-Faso.
Les feuilles ont de 5 à 6 cm de long sur 1 à 2 de large, réparties en hélice sur toute la longueur du rameau. Racèmes terminaux de fleurs roses ou violettes. Les fruits de l'année précédente subsistent (jaunâtres) sur les rameaux. Ce sont des samares.
Fleurs irrégulières dont l'aspect rappelle les fleurs papilionacées. 5 sépales, dont 2 ressemblent à des pétales. Corolle : un grand pétale et deux petits, latéraux. 8 étamines... Les deux grands sépales roses sont normalement dressés, comme le pétale étendard des papilionées. Ici, ils ont été rabattus et laissent voir les pétales, qui sont rouges. Le grand pétale, à droite, renferme les organes de reproduction, comme la carène des papillonées.
Entre les deux grands sépales pétaloïdes roses apparaît un des trois sépales plus petits de même couleur, tranchant sur le rouge des pétales. Il arrive que les deux petits pétales, correspondant aux 'ailes' des papillonées soient blancs.
Arbre fructifère. Les fruits (samares) d'abord rougeâtres, ont 4 à 5 cm de long, en forme de hache traditionnelle.
C'est 'l'arbre à serpents' : on met les racines dans les trous de serpent, pour les faire partir. Cette racine bouillie est dangereuse : à petite dose c'est un purgatif ; à plus forte dose c'est un vermifuge, puis … un poison. C'est l'abortif commun chez les Mossis. L' écorce contient du salicylate, ça se sent. Elle contient aussi des substances de la classe des savons, qui, au contact du sang, détruisent les globules rouges.

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98/ ZIZIPHUS MAURITIANA (Rhamnacées)

Français : jujubier
Bambara : ntɔmɔ̀lɔn *
Malinké : tomboron
Mooré : mugulga

Arbrisseau buissonnant ou même petit arbre de 3 m de haut, commun dans les régions sahéliennes et qui pénètre dans les régions soudanaises et même guinéennes.
Rameaux blancs, retombants, souvent en zig-zag, et portant des épines axillaires par paires : l'une est un aiguillon droit, dressé, l'autre est plus petit et recourbé.
Feuilles simples, alternes, typiquement trinervées à la base, ovées-elliptiques, arrondies aux deux extrémités, de 3 à 7 cm sur 2 à 4, tomenteuses blanches dessous.
Les fleurs, petites, viennent en cymes axillaires sessiles. Calice à 5 lobes, valvaires, 5 petits pétales, 5 étamines opposées aux pétales ; l'ovaire repose sur un disque jaune, surmonté d'un stigmate bifide.
Fruits globuleux d'environ 1,2 cm de diamètre. Sous une peau brillante brun-rouge, il y a une pulpe blanchâtre comestible, et un gros noyau. On les voit ici en tas, au marché.

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99/ ZIZIPHUS MUCRONATA (Rhamnacées)

Bambara :
surukuntɔmɔlɔn *
Malinké : surukutomboron

Arbuste sarmenteux qui peut atteindre 25 cm de diamètre, mais monte aux arbres qui l'entourent en zone sahélo-soudanienne. Les épines sont semblables à celles du jujubier comestible ; une droite et une crochue, mais bien plus fortes.
Les feuilles sont bien différentes : ellles sont plus grandes (4 à 9 cm sur 2 à 6), glabres sur les deux faces (sauf les nervures, dessous), largement ovées, subcordées à la base, crénelées, trinervées, avec des nervures latérales insérées sur les 2 nervures basiliaires, vers l'extérieur, et des nervures latérales insérées sur la nervure médiane dans la partie supérieure.
Les fruits ne sont pas comestibles.

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00/ BREONADIA SALICINA (Rubiacées) / = ADINA MICROCEPHALA

Bambara :
gɔnjɛ *

Arbre vivant exclusivement dans les régions sèches, au bord des rivières, ou dans le lit des cours d'eau temporaires. Il peut atteindre 12 à 15 m de haut. Ses rosettes de longues feuilles aiguës (rappelant le laurier-rose) aux extrémités des rameaux, ses inflorescences en boules (rappelant celles des Mitragynes), le fût courbé couvert de rejets dressés, la cime très feuillue, la station ripicole, sont les principaux caractères qui permettent de reconnaître aisément cette espèce.
Panafricaine, mais n'existerait pas (d'après Aubreville) vers l'Ouest, au-delà de la Côte d'Ivoire.
Feuilles verticillées par 4, de 12 à 23 cm de long sur 3,5 à 5 de large. Glabres, nombreuses nervures latérales saillantes dessous (mais non parallèles comme celles des Oleander).
Fleurs de février à juin. Boules blanches-verdâtres, parfumées, de 2,5 à 3 cm de diamètre, portées par des pédoncules assez longs (jusqu'à 8 cm), munies d'une paire de bractées vers le milieu, ou plus près de l'inflorescence. Corolle tubulaire pubescente argentée, rosée extérieurement, à 5 lobes courts, bleu-violacés au sommet. Style longuement exsert terminé par un stigmate ellipsoïde (c'est tout ce qu'on voit de la fleur...).
Fruits composés, en boules ; chaque fruit élémentaire est une petite capsule qui s'ouvre en deux, libérant des graines minuscules et nombreuses, ailées à chaque extrémité.

201/ CANTHIUM KRAUSSIOÏDES
(Rubiacées)

Bambara : (?)

Apparence semblable à celle de Keetia Cornelia (Canthium Cornelia), même habitat, mais les feuilles sont fasciculées à l'axe des feuilles (et non en cymes pédonculées).
Feuilles oblongues-lancéolées, longuement acuminées. Nervure centrale saillante sur les deux faces ; pas de nervilles visibles.
Les fleurs épanouies ont une corolle de 11 mm, avec des dents longues et étroites qui retombent vers l'extérieur. Les boutons floraux sont très aigus. Quelques poils à l'intérieur de la corolle quand elle s'ouvre.

2
02/ CROSSOPTERYX FEBRIFUGA (Rubiacées)

Bambara :
bàlènbo * / bàlèmo * 
Mooré : kumrewaga

Petit arbre de 3 à 8 m de haut, très envahissant dans les savanes soudano-guinéennes dont ils constituent parfois une des espèces dominantes.
Rameau jeune : les feuilles sont entières, opposées, stipulées (on distingue sur la photo le stipule triangulaire entre les pétioles, rouge, comme la base des pétioles). Le pétiole a 8 à 15 mm. Le limbe de 4 à 7 cm sur 5 à 10.
Inflorescences : cymes corymbiformes terminales densément fleuries, odorantes. On voit le style de chaque fleur, longuement exsert, terminé par un stigmate en forme de languette. Corolle blanche à 5 lobes.
Fruits dans l'arbre : les grappes de capsules persistent très longtemps sur les arbres après déhiscence et permettent d'identifier l'arbre de loin. Chaque capsule sub-globuleuse, a environ 1 cm de diamètre, noirâtre ; elle s'ouvre en deux valves qui contiennent 2 graines plates entourées d'une petite aile dentelée. Les feuilles jaunissent avant de tomber, au début de la saison sèche.
On fait des infusions de feuilles dontre la diarrhée, la dysenterie et la fièvre.

2
03/ FADOGIA AGRESTIS (Rubiacées)

Bambara : (?) tulo-sàba *, fura-sàba *

Plantes qui se présentent comme des touffes de tiges non ramifiées, de 0,5 à 1 m de hauteur, issues d'une souche rhizomateuse. Ces tiges sèchent et meurent chaque année en saison sèche, même quand elles sont parfaitement protégées des feux de brousse. C'est donc une plante fort peu ligneuse.
Feuilles verticillées par 3, de 4 à 8 cm sur 2 à 4, lancéolées, dressées, sub-sessiles.
Fruits : petites drupes jaunes de 8 à 10 mm de diamètre (les enfants en mangent).
La photo d'une souche de Fadogia, arrachée, montre qu'il y a plus de substance ligneuse sous le sol que dessus.

2
04/ FERETIA APODANTHERA (Rubiacées) / = FERETIA CANTHIOÏDES

Bambara :
jùlasònkàlànin *, 
jùrasònkàlànin *, mununan *
Mooré : filenga

C'est le petit arbre tout en fleurs du premier plan de la photo. À branches tortueuses mais dressées, de 2 à 3 m de haut. La plus septentrionale des rubiacées, commune dans les savanes boisées et pré-sahéliennes.
Les fleurs, de près : blanches, très odorantes, apparaissent avant ou en même temps que les feuilles, à l'extrémité des pousses nouvelles. Pédicelle grêle, 5 à 10 mm, avec 2 bractées linéaires vers l'extrémité supérieure. Calice à 5 lobes lancéolés linéaires. Corolle en forme d'entonnoir : une courte base cylindrique et 5 lobes. Anthères exsertes subsessiles de 1 cm.
Jeune rameau feuillé : tige généralement rougeâtre, petites feuilles opposées, de 4 cm sur 2, et stipulées comme beaucoup de rubiacées.
Rameau fructifère : il a perdu sa coloration rougeâtre ; il porte un petit fruit rouge globuleux, de 8 mm environ, sur lequel les sépales linéaires subsistent longtemps.

2
05/ GARDENIA ERUBESCENS (Rubiacées)

Bambara :
blenmuso * / nburenmuso * / nbure
Mooré : subudga

Les Gardenia sont de petits arbustes tourmentés, très communs dans toutes les formations de savane, remarquables à l'époque de la floraison par leurs grandes fleurs blanc-jaunâtre au parfum délicat.
G. Erubescens est représenté par le peuplement du premier plan de la photo. Il n'a que 2 m de haut. Le tronc est lisse, blanc ou jaune, et le demeure même après les feux de brousse. Les fleurs ont une corolle de 4 cm dont 2 pour les lobes. Il y a plus grand …
Rameau fructifère : feuilles groupées en touffes à l'extrémité des rameaux qui sont épais, courts, rigides. Feuilles très brillantes dessus. Le fruit est allongé (8 cm), jaune, charnu et comestible (c'est le seul G. À l'être).

2
06/ GARDENIA IMPERIALIS (Rubiacées)

Bambara : cf nom générique des gardenia :
bulen / nburen

Arbre dressé en sous-bois des forêts humides, où il peut atteindre 20 m de haut. Au Burkina, uniquement dans les galeries (près de Peni – ou le marigot avant d'arriver au village de Dinderesso) où il ne dépasse pas 10 m, ce qui est quand même hors de proportion avec les autres Gardenia.
Grandes feuilles dressées en touffes, obovées, arrondies au sommet et courtement acuminées, rétrécies à la base qui se termine par un paire de petites oreillettes plus ou moins marquées, sub-sessiles, de 15 à 38 cm de long sur 10 à 22. Une quinzaine de paires de nervures latérales, proéminentes dessous ; réseau serré et finement saillant de nervilles parallèles.
Fruit ellipsoïde de 5 cm de long, surmonté du tube persistant du calice.

2
07/ GARDENIA SOKOTENSIS (Rubiacées)

Bambara :
farakoloci * / nkɔ̀lɔ̀bɛ̀kɔ̀rɔ̀bilen * / farakoloti, fufubaasira

Le plus petit des Gardenia. Arbrisseau de 1 m de haut, pas beaucoup plus, des collines rocheuses très arides (vu à Tikaré, le 25/8/1976, au sommet de la montagne – et à Koumi dans la petite galerie de l'affluent très encaissé du Kou).
Petites feuilles de 4 à 10 cm sur 2 à 4,5, pubescentes sur les deux faces, scabreuses dessus.
Fleur de 1,5 cm, à pédicelle grêle, lobes du calice linéaires relativement longs (1 cm), corolle campanulée en forme d'entonnoir, 1,5 cm.
Jeunes pousses glutineuses, bourgeons entourés d'une résine verdâtre. Je n'ai pas vu de stipules sous les feuilles, bien opposées par deux.

2
08/ GARDENIA TERNIFOLIA (Rubiacées)

Bambara :
bulencɛ * / nburencɛ * / nàmàkɔ̀rɔ̀ba-ka-blen
Mooré : subudug gaga

Le plus fréquent des Gardenia au Burkina. Arbuste dressé, mais court, très ramifié, aux branches tortueuses, qui peut atteindre 6 m de haut et fréquente les savanes guinéennes et sahélo-guinéennes.
Feuilles groupées en touffes à l'extrémité des rameaux, épais, rigides ; obovées, peuvent avoir jusqu'à 14 cm sur 7. Réticulation saillante sur les deux faces du limbe, ordinairement verticillée par 3.
Belles fleurs parfumées, blanches puis jaune-crème ; longue corolle tubulaire (4 à 9 cm à elle seule) qui s'épanouit au sommet en larges lobes (2 à 4 cm de long) ; longues anthères sessiles, insérées vers le sommet du tube par le milieu du dos ; ovaire surmonté d'un long style terminé par un stigmate en massue à surface plissée. Une seule loge à placentas pariétaux.
Fruit : une masse ellipsoïde ou sub-globuleuse, dure, rigide, rugueuse, gris-verdâtre, de 10 cm environ, non comestible.

2
09/ IXORA BRACHYPODA (Rubiacées) / = IXORA RADIATA

Bambara 
: (?)

Arbuste de 3 à 4 m de haut, du sous-bois des galeries forestières (vu en fruits près de Kourinion, auprès du 'pont naturel' d'une des branches de la Guimpy, le 17/12/1978, et en fleurs sur l'emplacement de la galerie détruite de la source de Niamé, au sud de la route de Léguéna, le 24/3/ 1981).
Feuilles entières, opposées, sub-sessiles, collerette stipulaire en forme de bague avec une toute petite pointe triangulaire entre les pétioles. Limbe de 15 cm sur 7, à base curieuse : une sorte de pli qui fait comme si elles étaient sub-cordées. Sommet en pointe acuminée assez longue. Une douzaine de paires de nervures latérales.
Belles inflorescences très denses en corymbes ombelliformes, tout droit au bout d'un pédoncule de 6 cm, terminal. Chaque petite fleur a un calice très court (1 à 2 mm) et une très longue corolle en tube de 5 cm se terminant en 4 lobes de 2 à 3 mm.
Les fruits sont des grappes dressées, de baies de 5 à 10 mm, jaunes, puis rouges, puis noires.

2
10/ KEETIA CORNELIA (Rubiacées) / = CANTHIUM CORNELIA

Bambara : kalabɛ                                      Apparence Apparence semblable à celle du Canthium Schweinfurthii, même habitat. Mais les fleurs sont fasciculées à l'axe des feuilles (et non en cymes pédonculées).
Feuilles oblongues-lancéolées, longuement acuminées. Nervure centrale saillante sur les deux faces ; pas de nervilles visibles.
Les fleurs épanouies ont une corolle de 11 mm, avec des dents longues et étroites qui retombent vers l'extérieur. Les boutons floraux sont très aigus. Quelques poils à l'intérieur de la corolle quand elle s'ouvre.

2
11/ MACROSPHYRA LONGISTYLA (Rubiacées)

Bambara  
kɔnburen

Fleurs très voyantes d'un arbrisseau sarmenteux des galeries forestières ou des lieux humides, parfois simple liane, mais aussi parfois bien lignifié, atteignant 2 à 3 m de haut.
Rameaux latéraux courts, étalés à angle droit, feuilles groupées à l'extrémité des rameaux, pétiole long (4 cm), limbe et nervures très pubescents surtout dans le jeune âge, 6 à 8 paires de nervures.
Très jolies fleurs blanches, odorantes, en glomérules terminaux larges de 4 à 6 cm. Chaque petite fleur a une corolle en tube long de 2 à 3 cmn se terminant au sommet par 5 lobes, eux-mêmes dépassés par le style très long (il dépasse la corolle de 5 à 6 cm).
Fruit globuleux, de 5 cm environ, rappelant celui d'un Gardenia Ternifolia, mais vert, tacheté de blanc.

2
12/ MITRAGYNA INERMIS (Rubiacées)

Bambara :
jun * /
Malinké : kɔ̀baro
Mooré : yilga

Grands arbres des forêts marécageuses de toute l'Afrique guinéenne (M. plutôt stipulosa) et sahélo-soudanaise (M. inermis à proprement parler). En suivant les vallées herbeuses inondées, l'espèce descend presque jusqu'aux lisières de la grande forêt. Commune autour des mares du sahel. 10 à 15 m de haut. Comme ici, à la 'mare aux hippos' de Satiri, à 60 km de Bobo. Écorce lisse, arbre bas branchu souvent difforme. Bois à grain fin, facile à travailler.
Feuilles simples, opposées, elliptiques acuminées, arrondies ou cordées à la base, de 6 à 9 cm de long sur 3,5 à 5 de large. Stipules ovées-lancéolées très caduques, intra-pétiolaires. Le bourgeon terminal est rouge et aplati ; la feuille est longuement pédiculée, glabre ou très peu pubescente sur les nervures en dessous.
Inflorescences en têtes globuleuses, blanches tournant au jaune, de 3,5 cm. Sur certaines espèces, terminales, solitaires, et sur d'autres en racèmes. Pour chaque fleur le tube de la corolle est court.
Les fruits secs apparaissent comme des boules noires, composées de nombreuses petites capsules s'ouvrant en 2 valves, chacune contenant de nombreuses graines. Les fruits restent longtemps sur l'arbre après déhiscence.
Il y a plusieurs espèces de Mitragynes dans les zones que j'ai parcourues, mais je ne les ai pas distinguées.
Feuilles et écorces ont des propriétés fébrifuges bien connues. On peut en extraire un alcaloïde, la 'mitrinermine'.

2
13/ MORELIA SENEGALENSIS (Rubiacées)

Bambara : bansɛrɛ

C'est un arbre de 5 à 6 m de haut, souvent bas-branchu, mais le tronc peut avoir 20 à 30 cm de diamètre. Il se trouve exclusivement sur le bord des rivières. Il y a de petites galeries uniquement constitutées de Morelia. Il est très commun dans la zone guinéenne. Les feuilles sont opposées, dressées, acuminées, et la base en coin. Le pétiole a de 1,5 à 2 cm, et le limbe de 7 à 15 cm sur 3 à 6.
Inflorescences en cymes axillaires courtes, très odorantes (rappellent la fleur d'oranger) faciles à reconnaître. Les fleurs, blanches, ont une sorolle de 10 à 15 mm à 5 lobes très ouverts ; le calice est court ; les 5 étamines ont de grosses anthères horizontales, faisant comme une deuxième corolle, pas très visible cependant ; le style se termine par un stigmate très gros, très visible, rose, dressé, fusiforme. Dans le bouton, la corolle est un peu tordue.
Les fruits, globuleux, ont 1,5 cm environ et sont couronnés par le petit tube du calice qui persiste. Il est quelquefois légèrement quadri-lobé.

2
14/ MUSSAENDA ARCUATA (Rubiacées)

Bambara : (?)

C'est un arbrisseau qui prend différentes formes, lianescentes ou au contraire de buisson dressé, dans la même station (sous-bois de forêt-galerie). Il est facile à reconnaître quand il est en fleurs (juin-juillet). Sinon, il faut observer les stipules à la base des feuilles (qui sont opposées). Chaque stipule est composée de 2 pointes séparées jusqu'à la base : on dirait 4 stipules filiformes (de 5 à 6 mm) entre deux feuilles opposées.
Fleur rouge : à droite on voit bien la forme de la feuille : la base est arrondie, chez la liane. (sur l'arbuste, elle est en coin aigu, décurrente sur le pétiole (je ne l'ai pas photographiée).
Fleur jaune : très jolies fleurs, rouges ou jaunes, sur le même arbuste, de 5 cm de diamètre. Le calice est en tube sur 1 cm environ, puis se divise en 5 lobes linéaires qui s'écartent et vont jusqu'à mi-hauteur du tube de la corolle quand elle est développée.
La corolle est verte à l'extérieur, avec des poils sur les bords. Les pétales sont colorés à l'intérieur seulement. Dans le bouton, ils sont pliés en deux, les 5 axes se touchant au centre du bouton. Les 5 'côtes' du bouton sont constituées par les bords des deux pétales qui se rejoignent. L'extérieur des pétales reste vert, alors que l'intérieur, côté qu'on voit quand la fleur est épanouie, est rouge-sang ou jaune.

2
15/ PAVETTA CORYMBOSA (Rubiacées)

Bambara :
kùmu / masan

Arbuste de sous-bois de galerie forestière, de 3 à 4 m de haut. Feuilles opposées, avec couronne stipulaire. Limbe de 13 cm sur 3,5 ; 6 à 7 nervures proéminentes dessous, acuminé, plus large au tiers supérieur, longuement atténué à la base ; des taches noires dessus et dessous, et comme des plaies translucides le long de certaines nervilles.
Inflorescences terminales en racèmes corymbiformes. Petites fleurs tétramères. Corolle en tube (6 mm) et 4 lobes de 8 mm imbriqués. Gros style pubescent dépassant le calice de 10 mm.
Fruits : corymbe de drupes de 8 mm de diamètre. Chaque petit fruit est couronné par un tube se divisant au sommet en 4 lobes, reste du calice.

2
16/ PAVETTA CRASSIPES (Rubiacées)

Bambara :
kùmùba *
Malinké : benberelefida

Arbuste ou gros buisson de 2 à 6 m de haut, en savanes boisées soudano-guinéennes. Rameaux blancs épais, sub-quadrangulaires, d'où se dressent, à l'extrémité, des touffes de feuilles et des inflorescences en fascicules de corymbes terminaux denses. Le tube de la corolle a 12 à 18 mm, les lobes ont 5 mm. Le style est longuement exsert.
Les feuilles sont étroitement oblongues et sub-lancéolées, plus larges au tiers supérieur, sessiles, arrondies au sommet, longuement cunéiformes à la base. Elles ont de 15 à 25 cm sur 3 à 6 ; 5 à 8 paires de nervures latérales arquées.

2
17/ PAVETTA LASIOCLADA (Rubiacées)

Bambara : masan

Petit arbuste de sous-bois des galeries forestières, de 2 à 3 m de haut. Rameaux velus, parfois lianescents.
Feuilles obovées de 10 à 22 cm sur 4 à 10. Nervations secondaires et tertiaires très proéminentes dessous, déprimées dessus.
Inflorescences en faisceaux de corymbes pédonculés terminaux. Les petites fleurs ont une corolle de 8 mm. Le style, bifide, à 15 mm de long.

2
18/ SARCOCEPHALUS LATIFOLIUS (Rubiacées) / = S. ESCULENTUS / = NAUCLEA LATIFOLIA

Bambara 
:
bàro
Mooré : gwinga
Français : liane à fraises

Petit arbre lianescent des savanes boisées ou des forêts sèches denses. Comme liane, il s'élance souvent sur les sous-bois arbustifs, mais s'il est isolé (comme ici), il peut se dresser (en se torsadant et atteindre 30 cm de diamètre et 4 à 5 m de haut. Il recherche les endroits frais et humides.
Feuilles opposées, de 7 à 12 cm sur 6 à 10. Le limbe est glabre, mais il y a des touffes de poils dessous, à l'aisselle des nervures latérales. Le pétiole jeune est rouge.
Inflorescences en capitules de 3 à 4 cm ; les petites fleurs sont blanches ; la corolle est en tube se terminant en lobes qui supportent les anthères. Les styles dépassent largement la corolle.
Fruit globuleux, charnu, rouge à maturité. La pulpe est sucrée, comestible quand elle est bien mûre. C'est peut-être la plante la plus utilisée pour ses propriétés médicamenteuses (les feuilles).

2
19/ SERICANTHE CHEVALIERI (Rubiacées) / = TRICALYSA COFFEOÏDES

Bambara 
: sònkàlàjɔn

Arbuste sarmenteux, de 1,5 m de haut. Rameaux lianescents, souvent opposés deux à deux, dans le prolongement l'un de l'autre et perpendiculaires au rameau principal. Le buisson fait une masse impénétrable de plusieurs mères de diamètre, entre les blocs de latérite. C'est son habitat habituel, dans les zones guinéennes, ou dans les galeries forestières. Ces rameaux sont tomenteux roussâtres, très velus, mais paraissent secs (photo pris au mois de janvier), le buisson est tout fleuri, mais les feuilles ne paraissent pas encore.
Fleurs : blanches, odorantes, sessiles, une ou deux seulement à l'aisselle des feuilles. Ce qui les caractérise, ce sont les 3 cupules de bractées engainantes qui entourent le pied de la corolle, comme plusieurs calices qui s'emboiteraient les uns dans les autres. Le tout très velu et roussâtre. Il y a au-dessus 9 pétales qui retombent, laissant jaillir 9 étamines, une entre deux pétales. Anthères très longues, s'ouvrant par une fente. Style bifide. Du poil partout, sauf sur le disque qui est au-dessus du calice, luisant.
Feuilles à pédoncule court (photo prise en septembre) limbe ellipsoïde, à base rentrante, sommet en coin ; 4 paires de nervures latérales, déprimées dessus, et très saillantes dessous, très velues ; 3 cm sur 5 environ, elles sont opposées.
Fruits : paraissent déjà en août, en galerie ; et sont rouges à maturité. Sur la latérite, ils sont plus tardifs. Les restes des bractées de la fleur subsistent sous le fruit, et le reste du calice au-dessus. 5 à 6 mm de diamètre.

2
20/ TRICALYSIA OKELENSIS (Rubiacées)

Bambara : sònkala

Rameau fructifère. Arbuste sarmenteux des sous-bois des forêts sèches et des galeries. Feuilles opposées, de 10 à 12 cm sur 4 à 5.
Fruits de 5 à 6 mm de diamètre, surmontés par le reste du calice ; à la base : reste des bractées caractéristiques du genre.

2
21/ TRICALYSIA VIGNEI (Rubiacées)

Bambara : (?)

Arbrisseau de galerie forestière.
Feuilles opposées, de 15 à 25 cm, long pétiole, base atténuée un peu décurrente, sommet brièvement acuminé. Une dizaine de paires de nervures secondaires. Le rameau reste vert.
Fruits globuleux, sessiles, de 8 à 11 mm de diamètre.

222
/ AFRAEGLE PANICULATA (Rutacées)

Bambara :
sàmàlemuru * (citron d'éléphant)

Arbuste bien dressé, atteignant 12 m de haut ou aussi sarmenteux. Habite les boqueteaux et galeries forestières de la zone soudano-guinéenne, sur les lisières de la forêt dense humide. Il est planté dans les villages. Écorce lisse, bois dur, jaune pâle.
Les feuilles sont trifoliolées, pétiole de 1n5 à 4 cm ; folioles obovées, obtusément acuminées au sommet, de 4 à 15 cm sur 2 à 7, bords largment crénelés (pratiquement invisibles ici) ; limbe criblé de points translucides. Une forte épine droite à l'aisselle de chaque feuille, mesurant jusqu'à 5 cm. Ces feuilles froissées répandent une odeur de citron.
Très gros fruit globuleux, jusqu'à 12 cm de diamètre. Coque dure et cassante. À l'intérieur, nombreuses graines dans un mucilage gluant, utilisé comme colle pour réparer les poteries brisées.

223
/ VEPRIS HETEROPHYLLA (Rutacées) / = TECLEA SUDANICA

Bambara :
kɛ̌nkàlìba

Un arbuste des Sous-bois, endémique au Mali sur les bords de marigots (kinkiliba de Kati) rare au Burkina, sauf dans les grès de la région de Fo (photos prises dans le domaine de la ferme d'élevage de Samandeni, sur le bord d'une crevasse abrupte de 7 à 8 m de profondeur, marigot affluent de la Volta Noire).
Les feuilles semblent plantées à l'envers sur le rameau, et les folioles se retournent aussi ; l'arbre était en pleine végétation au moment où les photos ont été prises, les feuilles ne sont pas fanées. Elles sont tri-foliées, alternes, assez grandes : pétiole de 7 cm, pétiolules de 1 cm ; le limbe a 11 cm sur 4, acumen très long (1,5 cm) et très aigu. Le limbe est criblé de points translucides et porte, dessous, des glandes jaunes, ressemblant à celles de l'Hymenocardia acida, mais moins nombreuses. La base de la foliole est très atténuée : on se demande où finit le limbe et où commence le pétiole. La nervure principale, qui prolonge le pétiole, est très saillante dessous.
Les fleurs se forment en racèmes axillaires courts (3 cm) et sont suivies de baies rouge-vif globuleuses, de 1 cm sur 1,5, à noyau unique. Certaines sont plus grosses, comme formées par deux carpelles ; le noyau lui-même, unique, semble fait en deux morceaux.

224
/ ZANTHOXYLUM ZANTHOXYLOÏDES (Rutacées) / = FAGARA Z.

Bambara :
won * / wo *

Tronc- épines. C'est un arbre qui peut avoir 10 à 15 m de haut, avec un fût libre assez élevé, dans les galeries. Mais il existe aussi dans les savanes boisées. Les épines qu'on trouve sur les rameaux (comme aussi sur le rachis et les nervures des feuilles) subsistent sur le tronc en forme de gros clous.
Feuilles alternes imparipennées, 3 à 5 paires de folioles coriaces de 5 à 10 cm sur 2 à 5, sans nervilles apparentes, odorantes par frottement (odeur de citron).
Panicules densément fleuris de petites fleurs unisexuées.
Fruits : petites capsules sub-globuleuses de 6 mm, rouges à maturité, qui s'ouvrent en deux valves, libérant une graine globuleuse, noire luisante.

225
/ DISSOMERIA CRENATA (Samydacées)

Bambara : (?)

Arbuste ripicole et des sous-bois (observé en juin 1982 dans la galerie du Koba, région de Dérébwé).
Feuilles simples, alternes, crénelées, obovées, de 4 cm sur 9, pétiole de 5 mm. 5 paires de nervures alternes, une glande à l'aisselle de ces nervures, sur le dessus du limbe, et une touffe de poils en-dessous.
Fleurs : épi de 5 à 10 cm, à l'aisselle des feuilles ; fleurs de 10 mm. Petit calice à 4 sépales ; corolle à 8 pétales (dont 4 plus grands) de 7 à 8 mm de long sur 3 à 4 mm de large. Nombreuses étamines fixées sur la corolle : filets velus jusqu'à la moitié de leur hauteur. 3 styles, comme des fils, dépassant les anthères, qui sortent des pétales forment valve et se terminent en point.

226
/ ALLOPHYLLUS AFRICANUS (Sapindacées)

Bambara : bakala

Petit arbre répandu dans des régions climatiques très différentes. On le trouve plus souvent dans les galeries forestières, mais aussi quelquefois en terrain découvert sans humidité apparente.
Feuilles alternes à 3 folioles sensiblement égales, dentées (quelquefois les dentelures sont peu marquées, à l'extrémité des nervures secondaires), de 9 cm de long pour la centrale (un peu plus grande) sur 2 à 4 de large. Les nervures secondaires et les nervilles sont saillantes sous le limbe et très poilues. Une touffe de longs poils à l'aisselle des nervures latérales. Le pétiole lui-même (3,5 cm) est poilu. Les deux folioles latérales sont chacune dissymétriques par rapport à leur rachis : plus développées vers l'extérieur.
Inflorescences en racèmes grêles.

227
/ APHANIA SENEGALENSIS (Sapindacées)

Bambara : (?)

Un petit arbre originaire du Sud-Est asiatique, qui s'est répandu en Afrique Occidentale dans des zones guinéennes humides. Il donne un petit fruit rouge savoureux. On l'appelle en français 'Cerisier du Cayor'.
Les feuilles sont seulement composées de 2 folioles (comme ici) ou de deux paires de folioles opposées. Ici le rachis est très court. Les folioles oblongues ont de 8 à 30 cm de long sur 3 à 7. Une dizaine de nervures secondaires et un réseau de nervilles saillantes sous le limbe.

22
8/ BLIGHIA SAPIDA (Sapindacées)

Bambara :
finsan *

Grand arbre des forêts
semi-humides, transition entre forêt équatoriale et forêts sèches. Se trouve à l'état spontané dans certaines stations rocheuses et humides du Sud-Ouest voltaïque. Il est souvent planté dans les villages pour son fruit et pour son ombre.
Feuilles paripennées, à 3 ou 4 paires de folioles de 4 à 7 cm de large, 5 à 15 cm de long. Le pétiole est plus court que la partie du rachis comprise entre les deux premières paires de folioles.
Fruits dans l'arbre : rouges à maturité, à 3 côtes, longs de 5 à 6 cm, larges de 2 à 3.
Fruit ouvert : les 3 loges éclatent quand les graines grossissent. La grosse graine noire est retenue par une arille blanche comestible, vendue sur les marchés. On mange aussi la partie rouge, charnue, du fruit. Mais la graine noire est toxique.
Inflorescence : racèmes axillaires atteigant 20 cm de long. Petites fleurs blanc-jaunâtre. Les unes sont hermaphrodites, avec un ovaire de 3 mm, tomenteux, brunâtre, un style assez long et 8 étamines à filets courts. Chez les fleurs mâles, on ne voit pas de style et les étamines sont très longues.

229
/ ERIOCOELUM KERSTINGII (Sapindacées)

Bambara : ncafaba *

Une feuille et fruits dans l'arbre. Il s'agit bien d'une seule feuille, avec plusieurs folioles, et non d'un rameau avec plusieurs feuilles simples.
Petit arbre de la zone guinéenne, qui se trouve au Burkina en sous-bois de galerie forestière ou dans les bois sacrés (massif du Kou – Nasso). Il peut atteindre 5 à 6 m de haut.
Feuille isolée : c'est une feuille paripennée, qui peut avoir 2 ou 3 paires de folioles, souvent alternes, quelquefois sub-opposées et exceptionnellement opposées. Les feuilles elles-mêmes sont alternes. Le rachis a jusqu'à 15 cm. Les folioles supérieures sont plus longues que le rachis (20 cm, obovées, plus larges dans le tiers supérieur (7 cm). La paire intermédiaire est plus petite, et la paire inférieure est insérée très près du rameau, toute petite ; elle ressemble à des stipules foliacées orbiculaires.
Fruit vu de près : c'est une capsule globuleuse, tricoque, orangé-vif, de 2,5 cm de diamètre. Coques crustacées garnies à l'intérieur d'une touffe cotonneuse. 3 graines noires brillantes, de 1 cm entourées à la base d'un arille rouge de 5 mm. Les graines ne sont pas logées dans les coques ; elles sortent entre les coques quand celles-ci se recroquevillent.

2
30/ ERIOCOELUM PUNGENS (Sapindacées)

Bambara : (?)

Petit arbre de galerie forestière (près de Peni).
Feuille à rachis court, 3 paires de folioles opposées, dont la plus petite, attachée tout près du point d'attache du pétiole sur le rameau, ressemble à une paire de bractées ou stipules (ces 2 feuilles correspondent exactement au dessin d'Aubréville dans la FFCI).

23
1/ LECANIODISCUS CUPANIOÏDES (Sapindacées)

Bambara : (?)

Arbuste de galerie forestière, jusqu'à 10 m de haut.

Feuilles paripennées, 4 à 7 paires de folioles opposées ou alternes de 4 à 7 cm de large, 6 à 10 cm de long. Le pétiole est renflé à la base, plus ou moins cylindrique, plus long que l'intervalle entre les deux premières paires de folioles. Les pétiolules sont courts, renflés, et finement veloutés bruns dorés. Le rachis est côtelé, les nervures du limbe sont très saillantes dessous.
Inflorescences : en racèmes axillaires, jusqu'à 16 cm de long. Fleurs groupées en petits fascicules de 2 à 5.
Fleurs : chez les fleurs mâles le bouton s'ouvre largement et les étamines jaillissent longuement (6 mm) 10 à 12 étamines ; il n'y a pas autre chose si ce n'est un disque de 3 mm ; pas de pétale.
Chez les fleurs femelles le bouton globuleux s'ouvre seulement en partie ; les sépales se séparent en trois lobes ; à l'intérieur, une dizaine de staminodes, appliqués contre l'ovaire.
Fruits : grappes denses de petits fruits globuleux, de 1,2 cm sur 1,8. Tomenteux, avec des vestiges de stigmate au sommet. 1 ou 2 graines (comme celles du café) entourées d'un arille gélatineux translucide.

232
/ ZANHA GOLUNGENSIS (Sapindacées)

Bambara : (?)

Petit arbre (maximum : 10 m de haut) qui se rencontre comme les autres sapindacées, à l'état sporadique dans des stations spéciales : bords de précipice (près de la maison construite par le CESAO à Baghera) rochers, galeries forestières etc …
Feuilles paripennées groupées en bouquets à l'extrémité des rameaux. 3 à 5 paires de folioles sub-alternes, sub-sessiles, ovées ou oblongues, obtusément acuminées, de 4 à 10 cm sur 2,5 à 3,5, dentées parfois obtusément dans la partie supérieure, limbe décurrent sur le pétiole court.
Fruits ovoïdes jaunes orangés, drupes de 2 cm sur 1, surmontées du reste du style ; une seule graine.

2
33/ MALACANTHA ALINIFOLIA (Sapotacées)

Bambara : (?)

C'est un arbuste des zones soudano-guinéennes qu'on ne trouve guère au Burkina, en dehors des départements de la Comoë et de la Bougouriban ou, plus au nord, dans les galeries forestières, où il atteint 3 à 4 m de haut (photos prises à Baguera, en galerie, et à Legmoin, en terrain sec, sur le bord du chemin, et à Batié).
Les feuilles sont en rosettes à l'extrémité des rameaux. Le bourgeon terminal est couvert d'une pubescence rousse très visible, de même que les rameaux. Les feuilles, simples, ont de 10 à 20 cm de long sur 7 à 10 dans le tiers supérieur ; limbe ob-ovale, à sommet arrondi, pubescent. Pétiole de 8 à 10 mm. 12 à 18 nervures latérales, s'écartant de la médiane à angle large.
Les fleurs viennent en glomérules axillaires sessiles, par 5 ou 6.

2
34/ MALACANTHA HEUDELOTIANA (Sapotacées)

Bambara : (?)

Rameau. Arbuste pouvant atteindre 15 cm de diamètre, mais à branches plus ou moins sarmenteuses, fréquentant les galeries de la zone guinéenne (photo prise au massif du Kou, près de la station de pompage). Les feuilles sont ob-ovées, arrondies au sommet et à la base, de 12 à 25 cm sur 8 à 16. Vert foncé et brillantes dessus (quoique pubescentes) et tomenteuses dessous. 15 à 20 paires de nervures proéminentes dessus, avec un réseau de nervures tertiaires aussi saillantes dessous. Le pétiole est velu, 1 cm. La nervation est caractéristique, elle ressemble à celle des Bridelia : les nervures latérales qui sont nombreuses et proéminentes dessous, sont prolongées très distinctement jusqu'au bord, une nervure marginale ; elles sont réunies par des nervures tertiaires parallèles entre elles et saillantes.

2
35 MANILKARA MULTINERVIS (Sapotacées)

Bambara :
koya * / sìsina

Un bel arbre de 15 m de haut, à ombre épaisse. Peu représenté dans les régions sèches, sauf dans les forêts galeries. Il est bien présent au Burkina, dans les trois départements du sud-ouest, en dehors des galeries, sur des rochers, comme l'escarpement à l'intérieur de la ville de Gaoua, la falaise de Bobo-Banfora … L'écorce contient un peu de latex.
Les feuilles sont simples, alternes, avec de nombreuses nervures latérales, plutôt effacées. Mais il y a plusieurs formes, comme le signale Aubréville dans la FFCI. La photo (824) montre un pétiole long, un limbe ovale allongé, plus large vers le haut, avec une ondulation au quart supérieur ; sommet en pointe courte, longueur totale de 15 cm. Cela correspondrait à 'multinervis' d'Aubréville.
La photo suivante (825) est nettement différente. Le pétiole n'a que 5 à 6 mm, le limbe est oblong-elliptique, de 10 cm environ, arrondi à la base et au sommet. Ce serait M. Ovalifolia ou M. sylvestris. Mais mes deux types viennent de stations sèches, grands rochers.
Les inflorescences viennent sur le vieux bois, nombreuses, fasciculées, restant des mois entiers sous forme de boutons.
Fleurs minusucles, pas plus de 5 mm. Structure analogue à celle des fleurs de karité, avec un long style sur l'ovaire, entouré d'étamines de de staminodes laciniées ; 6 pétales qui ont encore des appendices à l'extérieur, du côté des sépales.
Fruits jaunes de 1,5 cm, ellipsoïdes, avec une graine brune à surface lisse, luisante, cicatrice ventrale d'un type générique ; comme une petite noix de karité, mais non comestible.

2
36/ MIMUSOPS KUMMEL (Sapotacées)

Bambara : kɔ̀si

Rameau florifère. Petit arbre (10 à 12 m de haut) des galeries forestières, voisin de station du Manilkara dans les galeries, mais non dans les rochers. Les feuilles ont une nervation qui ressemble à celle du Manilkara, mais elles n'ont pas la même forme : elles sont généralement plus longues (8 à 16 cm sur 4 à 7) et le tomentum brunâtre, caduc sous le limbe, persiste longtemps sur la nervure médiane et vers le pétiole. Autrement, elles sont alternes, elliptiques, cunéiformes à la base et obtusément acuminées au sommet. Pétiole de 1,5 à 3 cm.
Les fleurs viennent par 2 ou 4 à l'aisselle des feuilles terminales. Le pédicelle est assez long (2 à 4 cm). Les fleurs elles-mêmes sont beaucoup plus grandes que celles du Manilkara, mais encore petites comparées à celles du karité. La corolle ne s'ouvre pas, et sont les sépales qui leur donnent la plus grande dimension (15mm de diamètre). De l'extérieur vers l'intérieur, il y a 4 sépales externes, 4 sépales internes bruns et poilus, alternant avec les premiers ; puis des appendices en lanières, collés à l'extérieur des pétales et aussi grands qu'eux ; ensuite 8 pétales blancs, difficiles à distinguer de la masse ; enfin sur une dernière circonférence, 8 étamines alternant avec 8 staminodes qui sont poilus ; les anthères sont fixées par le milieu de la hampe et dominent les staminodes ; au milieu : l'ovaire, avec un style qui dépasse le tout.
Rameau fructifère. (fruits de septembre à juin, les fleurs venant de mars à avril). Les fruits sont ovoïdes, jaunes-orangés à maturité. Ils ont 2 à 2,5 cm de long sur 1,5 de diamètre. Le calice brun tomenteux subsiste, mais non acrescent : les 4 sépales forment deux croix superposées, décalées entre elles de 45°. Une seule graine, de 1,5 de long.
Feuilles et fruit : les dessus du limbe est vert foncé et brillant, le dessous est vert clair et mat.

2
37/ PACHYSTELLA BREVIPES (Sapotacées)

Bambara : (?)

Jeunes pousses dans un taillis. C'est un petit arbre de 5 à 10 m de haut, qui fréquente le bord des rivières ou, en terrain sec, les rochers des savanes soudano-guinéennes. (route d'Orodara à Tin).
Les feuilles ont un limbe ovale de 10 à 15 cm de long et de 5 à 9 de large vers le sommet. Vers la base, le limbe est atténué et il se termine, alors qu'il est très étroit, en forme arrondie. Le pétiole est court : 4 à 5 mm. Il y a 8 à 12 nervures seondaires, distantes de 10 à 20 mm l'une de l 'autre. Le limbe est pubescent dessous, dans le jeune âge ; la plante blessée donne du latex.
Glandes, stipules : il y a, de part et d'autre du pétiole de la feuille, une grande stipule, et entre les deux stipules, une grosse glande.
Le fruit est comestible, de saveur agréable.

2
38/ PACHYSTELLA POBEGUIANA (Sapotacées)

Bambara : (?)

Petit arbre qui ressemble au précédent et fréquente les mêmes stations. L'espèce se distingue parce que le limbe, ob-ovale, est moins lancéolé, ne diminue pas aussi rapidement vers le bas ; la courbe de la marge reste plus convexe. Le plus net, c'est qu'il n'y a pas de stipule à la base des feuilles.
On voit bien ici, qu'il n'y a pas de stipule … mais uniquement des glomérules de petites fleurs.

2
39/ NEOBOIVINELLA GLOMERULIFLORA (Sapotacées)

Bambara : (?)

Des arbres de 15 m de haut et plus, en peuplement sur les bords du Koba (près du pont cassé de la route qui va de Karankasso des Vigues à Tiefora). Ils dominent la galerie forestière par leur taille.
Écorce crevassée, feuilles groupées aux extrémités des rameaux.
Les jeunes feuilles adultes deviennent glabres et vert foncé dessus, alors que le dessous reste blanc argenté (ce qui intriguait beaucoup Mr Cuisance) puis blond en séchant.
Le petit fruit ressemble à celui du Manilkara.
Pour ces motifs … je pense qu'il s'agit bien de l'espèce dont parle Aubréville dans la FFCI T.III p. 147. Mais j'aurais bien aimé qu'un vrai botaniste de métier me confirme cette identification.

2
40/ VITELLARIA PARADOXA (Sapotacées) / = BUTYROSPERMUM PARKII

Bambara :
sǐ *
Mooré : taanga
Wolof/ français : karité

C'est l'arbre le plus répandu et le plus important de tout le Burkina-Faso. Il est protégé traditionnellement dans les jachères, en raison de son fruit dont on fait le 'beurre de karité' et qui est aussi exporté vers les pays industrialisés.
Un arbre assez trapu de 9 à 12 m de haut, qui peut atteindre 15 m. Sous son aspect le plus fréquent : c'est comme un verger sous lequel on cultive du mil.
L'écorce est crevassée, en peau de crocodile ; blessée, elle laisse couler du latex (comme un figuier).
La ramure : la feuillaison est touffue, sombre, les feuilles sont pendantes, luisantes, en touffes à l'extrémité des rameaux, parfois rouges quand elles sont jeunes.
La feuille : elle est oblongue, allongée, simple de 10 à 20 cm de long sur 5 à 8 de large, avec un pétiole de 10 cm, très long par rapport au limbe. Les bords sont ondulés, le limbe est coriace. Le sommet est arrondi, parfois émarginé ou en pointe large. La base est atténuée, parfois presque arrondie.
L'arbre est dépouillé pendant la saison sèche (d'octobre à mai). La floraison se fait au début de la végétation, vers la fin de la saison sèche. Les fleurs sont groupées en ombelles à l'extrémité des rameaux.
Une ombelle : chaque ombelle réunit une trentaine de fleurs.
Fleurs tombées au milieu de feuilles sèches. Elles ont un long pédicelle (20mm), le calice a 8 lobes, réfléchis.
La corolle développée : 6 à 8 lobes imbriqués et autant d'étamines, soudées à la base des lobes, plus 8 staminodes pétaloïdes terminés par une pointe filiforme. C'est la structure des fleurs de sapotacées.
Voici les fruits dans l'arbre, ils sont ovoïdes, ou sub-globuleux, de 4 à 5 cm de diamètre, portés par des pédoncules de 2 à 3 cm de long.
Les fruits, vus de près : le péricarpe, la partie extérieure, est verte, il a 4 à 8 mm d'épaisseur, charnu, sucré, dépourvu de latex quand il est mûr. Sous le péricarpe, il y a une graine, entourée d'une coque luisante, brune, de 2 à 3 cm, ellipsoïde. Il faut enlever la coque pour atteindre l'amande, qui est blanchâtre (un peu comme une châtaigne). La graine pèse de 4 à 5 grammes et, en poids, donne 18 % de beurre de karité, dont la fabrication demande un gros travail (cuisson prolongée, brassage, écume recueillie en surface).
Beurre de karité vendu sur le marché.
L'arbre de karité ne commence à produire des fruits qu'à l'âge de 20 ans. Il peut vivre et produire plus de 100 ans. Il a un cycle végétatif plus ou moins régulier de 3 ans. De sorte qu'avec l'influence de l'irrégularité des pluies et des feux de brousse, la production d'un arbre peut varier d'une année à l'autre de 5 à 6 kg jusqu'à 50, 60, ou même 100 kg.
La production de l'ensemble des karités du pays est aussi très irrégulière.
Le beurre de karité constituait l'essentiel des matières grasses de l'alimentation locale. On estime la consommation annuelle à 40.000 tonnes. La quantité d'amandes commercialisées (en dehors de l'auto-consommation par les paysans) varie de quelques centaines de kilos à 20.000 tonnes. L'amande est aussi utilisée dans l'industrie. Une partie de la récolte est traitée en usine à Bobo-Dioulasso. En 1976, le beurre industriel a constitué, en valeur, le deuxième produit d'exportation du Burkina-Faso, après le coton. En 1977, il était le troisième (après le coton et la viande). Mais il arrive aussi que cette exportation soit beaucoup plus modeste.

24
1/ HANNOA UNDULATA (Simaroubacées) / = QUASSIA UNDULATA

Bambara 
:
jafulate * / ɲenu * 
Malinké : wakaro

Petit arbre de 6 à 10 m de haut, des savanes boisées soudano-guinéennes, fréquent sur la falaise de Banfora (à hauteur de Toussiana). Port d'un petit caïlcédrat. Les feuilles suffisent à l'identifier (ici : une feuille de rejet (et) une feuille plus normale). Elles sont alternes, imparipennées, insérées tout le long des rameaux (pas seulement en rosettes à l'extrémité des rameaux). 3 à 5 paires de folioles opposées, plus une terminale. Long rachis de 25 à 30 cm, sur lequel les folioles sont réparties lâchement : 10 à 12 centimètres avant la première paire, et 5 cm entre chaque paire. Pétiolules de 2 à 4 cm. Limbe vert sombre mat dessus, gris-vert en dessous. Les folioles sont obovées, arrondies au sommet, plus ou moins tronquées, émarginées ou mucronées, ou les deux à la fois, cunéiformes à la base, très pointues. Nervures secondaires très effacées.
L'écorce est liégeuse, profondément crevassée même sur les branches et les rameaux. Le bois est blanc, jaunâtre tendre.
Il fleurit d'octobre à novembre (vues prises le 29/11/1981, près de la conduite forcée de la prise d'eau de la Comoë dans la falaise, près de Toussiana). Longs racèmes terminaux, aussi lâches que sur les rameaux, 40 cm de long, avec des branches de 15 à 25 cm, sous-divisées en petits rameaux de 1 à 4 cm, et à l'extrémité de petites fleurs minuscules encore pédicellées (1 à 2 mm). Il y a parfois une feuille qui part du même point du rameau que l'inflorescence. 5 ou 6 pétales jaunâtres.

242
/ COLA CORDIFOLIA (Sterculiacées)

Bambara :
ntaba * / ntabanɔgɔ * / wɔnflɔ *

Les Colas sont des arbres de la forêt humide. Le C. Cordifolia est spontané en zone guinéenne, dans les rochers, les zones humides. Il est souvent planté dans les villages soudanais comme arbre d'ombrage. Il peut subsister en savane parce que son écorce est résistante au feu et que son ombrage épais élimine les herbages sous son couvert.
Feuilles : elles sont entières ou lobéees et rappellent celles de certains ficus, mais il n'y a pas de ligne cicatricielle à la base du pétiole. Le limbe est large et long de 20 cm environ. 5 à 7 nervées à la base, 5 ou 6 nervures secondaires alternes. La base est cordée. Il y a parfois 2 pointes obtuses sur les côtés. Il y a des poils sur les pétioles, les parties jeunes.
Inflorescence : petites fleurs blanches ou oranges, en panicule axillaire. L'axe est épais. Les fleurs sont sub-sessiles et tomenteuses.
Les fleurs, toutes petites, n'ont pas de pétales. Les fleurs femelles ont un calice de 8 mm dont 4 de lobes épais et 3 ou 4 carpelles très velus. Les fleurs mâles sont plus petites : colonne staminale de 2 mm, qui porte une double couronne d'anthères ; 10 anthères à loges superposées.
Fruit en formation : il y a ici 2 carpelles qui se développent.
Fruit mûr : on voit ici que 3 carpelles sur 4 se sont développés, en follicules indépendants, en étoile, chacun d'une dizaine de centimètres, devenant rouges en mûrissant.
Fruit ouvert : dans chaque follicule il y a 5 ou 6 grosses graines, que les gens mangent mais qui n'ont pas les mêmes qualités que celles du C. Nitida qui font l'objet d'un important commerce dans toute l'Afrique de l'Ouest. Le C. Nitida n'est spontané que dans la forêt humide, de Côte d'Ivoire surtout.

243
/ COLA LAURIFOLIA (Sterculiacées)

Bambara :
wòròjɔn

C'est un grand arbre des galeries forestières soudanaises, de 15 m de haut, bas branchu, dont les branches retombent vers la rivière (ici à Samandeni, sur la Volta Noire).
Les feuilles sont simples, ovales-elliptiques, plus larges vers le milieu, de 15 à 20 cm de long sur 5 à 8. Couvertes de poils étant jeunes, glabres ensuite. Le sommet n'est pas acuminé. Le limbe contient 6 à 7 nervures, espacées, les nervilles sont effacées.
Le pétiole est caractéristique : long de 3 à 6 cm, épaissi au sommet et à la base, et coudé. L'épaississement du sommet et de la base est couvert d'une pubescence ferrugineuse.
Fleurs en courtes cymes axillaires densément tomenteuses, roussâtres, sur les vieux rameaux. Les fleurs femelles sont pédicellées de 1,5 cm. Le calice a 6 lobes de 5 à 6 mm, tomenteux extérieurement. Il y a 5 ou 6 carpelles coalescents, velus, au-dessus des anthères.
Fruits jeunes : les carpelles se développent séparément et forment des follicules obovoïdes, groupés par 4 ou 5 au sommet d'un court pédoncule qui a jusqu'à 5 cm de long. La surface est rugueuse, plissée, recouverte d'une pubescence roussâtre qui s'enlève au toucher.
Fruit : l'extérieur du follicule devient glabre et rouge. Il y a de 3 à 5 graines, recouvertes d'une arille blanche, de 2 cm sur 1 environ.

244
/ STERCULIA SETIGERA (Sterculiacées)

Bambara :
kɛ̀ɲɛkòro * / kungonsìrànin (cf : Adenium obesum n° 16)
Moore : posemporgo / pumpungu

Grand arbre (15 m de haut) de la zone sahélo-soudanienne, s'avançant dans la zone guinéenne, fût assez épais à la base et bas branchu.
Écorce de teint gris violacé clair qui se détache en larges plaques minces sous lesquelles l'écorce paraît lisse, jaune clair, rappelant le platane.
Feuilles digitées, 3 ou 5 lobes, cordées à la base, à lobes triangulaires acuminés, douces au toucher, poils formant un indumentum velouté chez les jeunes feuilles. Nervures et nervilles proéminentes dessous.
Fleurs mâles : petits racèmes poussant à l'extrémité des rameaux âgés défeuillés (en même temps que les feuilles). Calice à 5 lobes, de 1 cm, verdâtres avec des lignes longitudinales rougeâtres. Il n'y a pas de pétales. Les anthères sessiles sont portées par une colonne verticale, pressées les unes contre les autres en une petite masse globuleuse irrégulière.
Fleurs femelles ou hermaphrodites : l'ovaire, en carpelles libres, tomenteux, se distingue à la base de la colonne portant les anthères.
Fruit posé à terre : les carpelles indépendants se développent en étoile de 3 à 5 follicules veloutés, en forme de carène de bateau, de 5 à 10 cm de long, 5 cm de diamètre.
Fruit suspendu (vu par dessous) : une fente longitudinale, dessous, laisse apparaître les petites graines ellipsoïdes (jusqu'à 12).

245
/ STERCULIA TRAGACANTHA (Sterculiacées)

Bambara : (?)

Arbre de galerie forestière ou qui subsiste dans des boqueteaux ou accroché à des rochers. Il peut avoir 15 m de haut ; 2 m de circonférence à la base.
Feuilles groupées en rosettes à l'extrémité des rameaux. 5 nervées, obovées elliptiques, arrondies à la base et au sommet, sauf un acumen brusque triangulaire. 15 cm de long sur 8 de large. Duveteuses roussâtres en dessous, nervures secondaires très ascendantes réunies par un réseau de nervilles parallèles. Long pétiole : 6 cm.
Le fruit est un follicule semblable à celui des autres sterculiacées, en forme de carène de bateau, de 6 à 7 cm de long. Chacun contient 5 à 6 graines.
Fleurs mâles sèches, restant sur l'arbre après la chute des fruits.
Fleurs mâles fraîches : en racèmes terminaux, calice à 5 lobes lancéolés, tomenteux, dont les sommets se replient à l'intérieur. Les anthères sont au centre des petits réceptacles formés ainsi par les calices.

24
6/ DESPLATSIA CHRYSOCHLAMIS (Tiliacées)

Bambara : (?)

Arbuste de 2 à 3 m de haut en savane guinéenne.
Feuilles alternes de 25 cm de long, crénelées, cordées, trinervées, 4 paires de nervures secondaires, glabres dessus, avec des points brillants comme résineux, quelques poils sur les nervures dessous.
Stipule caractéristique à la base des feuilles : à 5 branches aiguës, tomenteuse, persistante, comme une main à 5 doigts. Le rameau jeune est hirsute.

247
/ GREWIA BARTERI (Tiliacées) / = G. pubescens ? Ou G. villosa ?

Bambara :
nwanaajɛ * / nɔgɔnɔgɔjɛ *

Feuilles : le genre Grewia comprend de nombreuses espèces, pas toujours faciles à distinguer. G. Barteri est un arbuste qui peut atteindre 4 à 5 m de haut, de zone soudano-guinéenne. On le distingue par la forme des feuilles, plus ou moins sub-orbiculaires, 5 nervures à la base, duveteuses sur les deux faces, dentées, 2 ou 3 nervures secondaires seulement, dont la première est insérée vers la moitié du limbe ; réseau de nervilles parallèles entre elles, perpendiculaires à la nervure centrale. Ces feuilles ont 13 cm sur 7 environ.
Les fleurs sont en cymes opposées aux feuilles ; petites fleurs de 1,5 cm.
Les fruits sont globuleux, pubescents, de 1 cm.

248
/ GREWIA BICOLOR (Tiliacées)

Bambara :
nɔgɔnɔgɔbilen * / nwanaabilen *

Observé dans le jardin du CNRST de Ouagadougou, le 23/9/82, en fruits déjà secs. Arbuste bas-branchu de 4 m de haut. Petits rameaux de 12 cm environ portant 5 ou 6 feuilles alternes de chaque côté. Les feuilles sont petites (4 cm sur 1,8) (pétiole de 3 à 4 mm), obovales, plus larges au tiers inférieur, arrondies à la base, en point au sommet. Le dessous est couvert d'un tomentum épais, blanc, qui laisse voir cependant les nervures secondaires et tertiaires, qui sont en relief, mais pas les nervilles. Le dessus du limbe est vert foncé, glabre, nervures secondaires, tertiaires et nervilles sont en relief. Le bord du limbe porte de toutes petites dents, invisibles à l’œil nu, et difficiles à voir à la loupe x 14. Feuilles trinervées à la base, les deux basiliaires montent plus haut que le milieu du limbe. Il y a 3 autres nervures secondaires, alternes.
Les fruits ont 5 à 6 mm de diamètre ; un seul carpelle ; pédoncule de 10 mm environ, qui se divise en 2 pédicelles aussi de 10 mm.
La fleur des Grewia comporte un 'androgynophore' sur lequel sont fixées les étamines aussi bien que l'ovaire. Ce qui fait que le pédoncule du fruit porte en son milieu la cicatrice de l'attache du calice, inférieur au gynophore.
Pour les autres espèces de Grewia, je ne puis présenter que des hypothèses, sous toutes réserves …

2
49/ GREWIA CARPINIFOLIA (Tiliacées)

Bambara : terme générique des Grewia  : nɔgɔnɔgɔ

Feuilles pratiquement glabres, même dessous, de 4 à 6 cm sur 2,5.
Fruits non lobés. Pédicelles et pédoncule de 15 mm environ.

2
50/ GREWIA CISSOÏDES (Tiliacées)

Bambara 
terme générique des Grewia  : nɔgɔnɔgɔ

Arbuste de la zone soudano-guinéenne, dans les rochers.
Feuilles de 15 cm sur 11 environ. Le dessus du limbe est rugueux.
Les fruits sont divisés en 4 lobes, presque indépendants. Un seul pédoncule,à l'aisselle des feuilles, très branchu.

2
51/ GREWIA FLAVESCENS (Tiliacées)

Bambara : 
terme générique des Grewia  : nɔgɔnɔgɔ

Une espèce sahélo-soudanienne. (Je pense maintenant que ce n'est pas celui que j'ai photographié sous ce nom).
Face supérieure du limbe de la feuille : 8 cm sur 3. Glabre dessus, velouté au toucher dessous.
Boutons de fleurs : renflés à la base.
Fleurs : la partie inférieure des pétales, couvrant l'androgynophore, est renflée et porte des glandes.
Fruits : à 4 lobes.

2
52/ GREWIA LASIODISCUS (Tiliacées)

Bambara 
terme générique des Grewia  : nɔgɔnɔgɔ

Rameau fructifère. Feuilles de 7 à 8 cm sur 3, pubescentes, rugueuses dessus. Fruits non lobés.

2
53/ GREWIA VENUSTA (Tiliacées) / = GREWIA MOLLIS

Bambara :
nwanaafin * / nɔgɔnɔgɔfin * 

Petit arbre soudano-guinéen de 7 à 8 m de haut.
Feuilles : 5 à 8 cm sur 2 à 3, alternes, étroitement obovales. Bord nettement denté. Nervilles assez saillantes.
Fleurs : axillaires, 2 ou 3 ensemble, 1 cm de large.
Fruits : globuleux, 0,7 mm de diamètre.

25
4/ CELTIS INTEGRIFOLIA (Ulmacées)

Bambara :
ngàmìya * 
Mooré : pargandé (c'est le micocoulier d'Afrique).

Grand arbre qui peut atteindre 18 et 20 m de haut. Reste de la forêt demi-sèche soudano-guinéenne. Existe aussi dans les régions sahéliennes, où il est ripicole et peut atteindre de très grandes dimensions (1m de diamètre).
Feuilles remarquables par leur nervation et leur toucher scabreux sur les deux faces, dû à la présence de poils raides. Entières, largement ovées (mais celles des rejets de souche sont dentées), acuminées, de 4 à 9 cm sur 3 à 5, arrondies ou sub-cordées à la base, asymétriques ; 3 à 5 nervures à la base et tri-nervée jusqu'au sommet ; nervures et nervilles proéminentes dessous ; touffes de poils à l'aisselle des nervures latérales dessous.
Petits fruits charnus de 1,3 cm, contenant un noyau blanc très dur.

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5/ TREMA ORIENTALIS (Ulmacées) / = TREMA GUINEENSIS

Bambara 
: (?)
Malinké : sodekoba
Rameau fructifère : arbuste ramifié dès la base comme un gros buisson, avec des rameaux longs et tomenteux, en zone humide et dans les galeries.
Les fruits viennent à la suite d'inflorescences hermaphrodites à l'aisselle des feuilles ; ce sont de petites drupes globuleuses ovoïdes, de 3 mm environ, vertes, puis noires.
Les feuilles (vues de dessus) sont ovées, acuminées, dentées ; le limbe est membraneux, rapeux en dessus, duveteux en dessous, de 6 à 12 cm de long sur 2,5 à 5 de large ; trinervées à la base qui est arrondie ou sub-cordée ; 4 à 5 paires de nervures latérales très ascendantes.

2
56/ CLERODENDRON CAPITATUM (Verbénacées)

Bambara : (?)

Arbuste sarmenteux qu'on peut trouver en terrain sec, dans les fourrés, ou près des galeries. Les tiges peuvent avoir 1,5 m, mais sont creuses, sous-ligneuses. Les feuilles sont opposées, sans stipule ni couronne stipulaire. Pétiole coudé à la base, rigide, qui laisse un chicot épineux sur la tige après la chute des feuilles. La base du limbe des feuilles est tri-nervée, et leur sommet est acuminé ; poils épars sur le dessus du limbe, assez denses sur le pétiole et les nervures secondaires dessous. Le tout est plutôt doux et velouté au toucher.
Fleurs blanches, à corolles en long tube s'épanouissant en 5 lobes. 5 étamines exsertes et un long style.
Fruits : petites drupes noires.

2
57/ VITEX CHRYSOCARPA (Verbénacées)

Bambara :
kòrònìnfin * / kòrònin *

Petit arbre du bord des rivières, jusqu'à 6 m de haut. Feuilles à 3 folioles, la centrale plus grande (10 cm sur 5) crénelée dans sa partie supérieure. Le tout est duveteux.
Fleurs : un grand lobe de la corolle coloré violet et quatre blancs plus petits.
Les fruits, de 2 cm environ, restent longtemps duveteux.

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8/ VITEX DONIANA (Verbénacées) / = VITEX CUNEATA

Bambara :
kòròba * 

Grand arbre, jusqu'à 25 m de haut, spontané dans les savanes intermédiaires entre forêts sèches et forêts humides. Souvent planté dans la zone soudanaise.
Feuilles opposées, digitées à 5 folioles pétiolulées, de 15 cm sur 5.
Fleurs en cymes, à corolle irrégulière, 5 lobes inégaux : un grand et 4 petits. Blanches.
Fruit : une drupe globuleuse, de 2 cm de diamètre, pulpe comestible, base du calice subsistant en cupule (c'est le koto en diuoula). Noyau très dur renfermant une à quatre graines.

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9/ VITEX MADIENSIS (Verbénacées) / = VITEX POBEGUINI

Bambara : kòrònin sumango *


Espèce de terrain sec.
Feuilles à trois folioles très duveteuses.

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60/ VITEX SIMPLIFOLIA (Verbénacées) (spécification douteuse) = V. VOGELII

Bambara : kòro 
(nom générique des Vitex)

Arbuste de terrain sec. Les feuilles sont unifoliolées et semblent verticillées.