Généralités

Le bambara est d'abord la langue des bambara. A ce seul titre elle est la langue 'paternelle' la plus parlée du Mali. Dans chaque zone habitée majoritairement par les 'bamanan' il y a bien des petites particularités dialectales mais les tons sont les mêmes, les auxiliaires verbaux aussi sauf dans la région du Wassoulou, sans parler d'un gros stock lexical commun aux variantes phonétiques aisément reconnaissables. Traditionnellement on reconnaît aux gens de Ségou la possession du 'beau parler', à l'articulation très claire, bien qu'il connaisse des contractions.

De par le nombre de ses locuteurs et la culture humaine qu'elle véhicule elle mérite la considération qu'elle acquiert de plus en plus.

 

Sous sa forme véhiculaire, appelée "jula", le bambara est utilisé dans tous les marchés de la Côte d'Ivoire jusqu'à Abidjan et au Burkina ouest. On peut l'entendre même à Dakar, capitale du Sénégal. A Bamako, capitale du Mali, où se confondent toutes les ethnies du pays, le bambara "standard" tend à devenir la langue exclusive dès la deuxième génération. Il s'impose aussi dans tout le pays grâce à la radio.

Raisons de cette expansion.
Quelles sont les raisons de cette expansion? Il revient en premier lieu aux historiens et aux sociologues d'y répondre , mais faute de documents, on restera toujours un peu sur notre faim. Pourtant, le nom même de 'jula-kan' (langue des commerçants) ouvre une piste de recherche assez vraisemblable. Ce sont les commerçants qui l'ont utilisée, bien que la majorité d'entre eux provenaient et proviennent encore de l'ethnie sarakolé. D'où la question suivante : Pourquoi le bambara s'est-il imposé plutôt que le sarakolé? Pourquoi aussi au Mali même, en une ou deux générations, des villlages entiers minianka perdent-ils leur langue au profit du bambara? Il y a là de quoi intéresser les chercheurs.
Pour notre part, (bien que cela fasse débat), nous sommes enclins à penser que la structure même de la langue bambara n'est pas totalement innocente. En effet, comparée aux autres langues nationales du Mali,
- du point de vue lexical, elle est très stable et ne connaît pas les classes.
- du point de vue syntaxique, son ordre des mots est très strict,
- du point de vue tonal, on ne peut trouver plus simple : 2 tons distinctifs
- enfin, sa concision est remarquable 


Langues voisines : 

Le malinké-est de Sagabari au sud de Kita ou celui de Siguiri (Guinée) lui sont aussi très proches.

Le xasonké, parlé au sud de Kayes et d'autres dialectes malinké alentour ont, entre autres particularités,de posséder un article défini (o) qui se place à la fin des noms. De plus, les auxiliaires verbaux sont originaux et déroutants pour un bambarophone. Sinon le stock lexical est de même racine que le bambara en proportion des 2/3 environ. Ceux qui s'intéressent à ces dialectes mandé trouveront sur ce site quelques documents inédits ...